lundi 20 octobre 2008

L'échec du matériel à l'empire de la consommation

Brossard, samedi 18 octobre dernier, nous avons eu droit à l'une des plus belles représentations de l'ironie de la vie. Dans le cadre de la tournée L'échec du Matériel, Daniel Bélanger s'est arrêté dans une toute nouvelle salle. Pas n'importe laquelle, mais bien celle du quartier Dix30, nouvel agglomération de boutiques et véritable labyrinthe de bâtisses enchevêtrées les unes aux autres. Temple de la surconsommation s'il en est un, qualifié de Las Vegas de Brossard par Bélanger lui-même lors de sa première intervention.

Belle grande salle, dotée du nec plus ultra tant au niveau de l'éclairage que de l'acoustique, par contre un peu froide à cause du choix des matériaux. Une capacité d'environs 1000 spectateurs, configurable en style cabaret, comme quand nous sommes allés, ou en formule italienne. Maintenant, assez parlé du site, place au clou du spectacle.

Ne l'ayant jamais vu en action, seulement entendu sur son Tricycle, triple album enregistré devant public, j'ai été ravi de mon expérience, allant jusqu'à en oublier les lieux. Faut avouer que nous avons eu droit à une très bonne performance de la part de ce vieux routier, visiblement dans son élément. On est passé souvent très près de rire aux larmes avec ses animations loufoques et ses versions trafiquées de pièces connues, en l'occurance : Le Parapluie, qui ne finissait plus de se métamorphoser en d'autres pièces. Bien entouré, particulièrement avec Dan Thouin aux claviers, l'ambiance était aux effets électro-planants. D'ailleurs le technicien de son ne lésinait vraiment pas sur les effets dans la voix, parfois j'avais l'impression qu'il y en avait même un peu trop, bah j'suis jamais content !

Très généreux, nous avons eu droit à 3 rappels, parfois solo et en formation complète, un beau survol de la carrière de Bélanger, évidemment centré sur sa dernière parution. Beau choix de pièces selon moi, particulièrement avec la pièce Amusements à l'ouverture du rideau.











Pour vous donner une idée du genre de show que ce nouveau géant a à offrir.

lundi 13 octobre 2008

Anticon, l'étiquette de disques d'artistes géniaux



D'accord Subtle, le premier groupe dont je vous parle, n'est pas sur Anticon, mais plutôt l'étiquette Lex, au départ filiale de la compagnie Warp, qui est la maison de disque d'Aphex Twin. Pourquoi vous en parler alors ? Tout simplement parce que le frontman de la formation est Adam Drucker (Doseone) et qu'il est derrière une multitude de projets, mais par dessus tout, membre phare de l'étiquette Anticon et ce, depuis les touts premiers instants. Ce qui ne l'a jamais empêché de produire des albums sur des étiquettes différentes pour autant, comme le veut la philosophie de cette boîte qui ne fais pas les choses comme les autres. Doseone est, ni plus ni moins, un poète surdoué aux textes très imagés et cérébraux, avec un flow incroyable et un son distinctif fusionnant rock, pop, hip-hop, jazz et électro.



Lui et sa bande seront d'ailleurs en spectacle au Club Lambi dimanche le 16 novembre prochain. Ayant vu la formation l'été dernier à La Sala Rosa, c'est avec une grande anticipation que j'envisage l'arrivée de Doseone, peut importe la forme qu'il désirera prendre cette fois-ci. J'ai particulièrement aimé le prédécesseur à Exiting Arm (leur plus récente parution), l'album Yell&Ice paru l'an dernier, une récente découverte puisqu'à l'époque il m'avait passé sous le nez. On peut y entendre les pièces parmi le plus fortes de l'existence de la formation dont : Not et Requiem for a Dive pour ne nommer que celles-là.




Fin des années '90, Anticon est à ses débuts, elle est d'abbord un consortium d'artistes qui incorpore Doseone, Jel, Alias, Odd Nosdam, Why?, Sole et j'en passe. Tous des visionnaires de la scène hip-hop/électronique underground d'un peu partout. Ils ont alors jetés les bases sur ce qu'allait devenir l'une des scènes de musique indépendantes les plus stimulantes et révolutionnaires de notre époque, ce que je considère aisément être la musique de l'avenir. Sous estimés mais surtout méconnus à venir jusqu'à maintenant, ces artistes nous ont pondus des chefs-d'oeuvres musicaux du nouveau millénaire. Dont l'un des premiers projets, Themselves qui est la collaboration entre Doseone et Jel, les pochettes qu'on voit ici sont le deuxième de Them, The No Music et le plus récent disque de Jel, Soft Money.



En annexant le talentueux Why? avec le producteur Odd Nosdam et Dose, on obtient l'excellent collectif cLOUDDEAD. Un des projets les plus ambitieux, une sonorité toujours aussi distinctive, une ambiance feutrée et inquiétante à la fois, des arrangements très recherchés et inspirés. On voit les pochettes du dernier disque de cLOUDDEAD - Ten, où il faut absolument entendre : Rhymers Only Room.


Alopecia très forte récente parution de Why?, moi qui n'aimais pas tant que ça ses précédents, me voilà convertis avec celui-ci ! Que dire du fantastique Burner de Odd Nosdam, galette qui date déjà de quelques années, sinon que c'est une oeuvre très travaillée et qui sort des sentiers battus, qu'il ne faut surtout pas manquer. Peut importe les différentes facettes que ces artistes décident de nous montrer en lançant de nombreux nouveaux projets, on ne s'en lasse jamais. La recette étant réussie à chaque fois, même si elle n'a jamais vraiment le même goût, on reconnait et en apprécie les principaux ingrédients.





Maintenant, si on juxtapose un quatuor Allemand formé de : Markus Acher, Micha Acher, Martin Gretschmann, et Martin Messerschmid, baptisé The Notwist tout en conservant Jel et Doseone comme noyau central, on obtient un résultat aussi complexe mais ô combien plus agréable qu'un problème d'algèbre, nommé 13&God. On s'éloigne du registre hip-hop en incorporant le côté rock/électro exploratoire de Notwist à l'univers musical et lyrique toujours aussi particulière de nos principaux protagonistes. Une des meilleures trames sonores de nos vies modernes, fortement recommandée pour toutes oreilles le moindrement aventurières.

Voilà pourquoi j'aprécie autant Doseone !


samedi 4 octobre 2008

Monsieur Cave, brillant de tout ses feux.



Nul besoin de creuser bien loin pour comprendre que jeudi 2 octobre dernier, au Métropolis de Montréal, Nick Cave & the Bad Seeds ont fait vibrer les lieux et surtout le public avec la venue de leur tournée Dig Lazarus, Dig!!!. Après plus de six ans d'absence depuis la dernière représentation montréalaise d'un de ses spectacles, l'australien d'origine a fait tout sauf décevoir la foule gagnée d'avance. Et pour cause, moi qui ne l'avais jamais vu live, je me suis rapidement rendu à l'évidence qu'on avait affaire à un monument bien plus qu'un commun artiste. N'ayant aucunes attentes, sauf celle d'avoir un bon spectacle, nous avons été généreusement servis !


Quelle imposante présence sur scène que M. Cave nous a fait grâce, une puissante énergie, une forte assurance, combinée à une sensualité peu commune. Son univers lyrique nous plonge dans un état d'esprit loin desquels nous sommes accoutumés dans la plupart des shows. Une atmosphère inquiétante, mystérieuse, voire charnelle nous a envoutés l'espace des deux heures de la part de ce talentueux et généreux personnage. Le mot est bien choisi, puisqu'on a eu droit à une performance théâtrale, où l'on a pu voir un véritable jeu d'acteur sur les planches, bien plus qu'à de simples musiciens qui font bouger leurs doigts sur leurs instruments.



Entouré de 5-6 musiciens selon les arrangements, dont deux postes de percussions, la soirée fût riche instrumentalement parlant. Que dire de son fidèle acolyte et multi-instrumentiste, Warren Ellis et de la chimie qui se dégage et surtout de la facilité déconcertante avec laquelle les musiciens nous ont livrés la marchandise. Un vrai plaisir autant pour l'auditoire que les musiciens eux-mêmes qui semblent en grande forme et surtout, à prendre leurs pieds à jouer ensemble. Ces vieux routiers, n'ont vraiment rien à envier aux jeunes groupes émergeants, bien au contraire, d'ailleurs pas plus qu'ils ne font leur âge. Un éventail étonnant de l'auditoire qu'ils réussissent à rejoindre avec leur musique était présent, un beau public. Une belle folie et une fougue venue de je ne sais où, ont réussis à faire bouger les différentes générations qui étaient rassemblés pour assister à cet évènement, revitalisant même les âmes les plus endormies.





La première partie était assurée par un groupe nommé TAM, avec une chanteuse qui a énormément de chien dans son attitude punk, mais qui n'a cessée de fausser et de nous casser littéralement les oreilles avec beaucoup trop de sons distorsionnés de sa guitare. Huée à la fin puisqu'elle a eu l'audace de dire qu'elle était blasée de faire la première partie de Nick Cave, devant une foule peu réceptive et amorphe qui n'a vraiment pas appréciée sa performance. Définitivement, elle a bien des croûtes à manger avant de chausser les souliers d'un artiste de ce calibre, mais j'ai été l'un des seuls à remarquer le potentiel de leur son brut et de l'attitude sans compromis qu'ils disposent. Dommage... Surtout pour mes acouphènes, ayant oublié mes bouchons à un moment où ils étaient indispensables.


Quelqu'un a dit qu'un groupe comme Duchess Says serait un bien meilleur alliage, ayant entendu beaucoup de bien de leurs performances. Surtout si Grinderman [projet parallèle de Cave et Ellis] était en tête d'affiche, avis aux promoteurs !











Duchess Says - L'Anthologie des 3 Perchoirs



Je vous invite à regarder le clip : Night of the Lotus Eaters, à mon avis, l'une des meilleures pièces de la dernière parution de Nick et sa bande.