dimanche 23 novembre 2008

Elsiane et ses contorsions vocales



Nous voici en cette fraiche nuit de samedi en presqu'hiver, je dis bien nuit puisqu'il fait noir tellement tôt, qu'on dirait que la soirée est entamée depuis déjà un bon moment, scénario parfait pour un moment de Trip-Hop comme on les aime. Selon ce qu'on a pu constater à l'écoute de leur premier album Hybrid ainsi grâce à une prestation dans le cadre de M Pour Montréal diffusée sur le câble numérique, Elsiane se mesure nez à nez avec les meilleurs du genre, on pense à Portishead, Sneaker Pimps, Morcheeba, Goldfrapp et Lamb, pour ne pas trop faire de name-dropping. Le lieu : Les Saints, en plein centre-ville de Montréal, très sympathique et efficace petit lieu de diffusion, à un point tel que l'un de mes frères sonores et moi croyons avoir trouvés notre nouvelle salle fétiche !


À peine entrés dans la hall principal, on annonce les couleurs de la soirée, puisque DJ Sarcastic est derrière les platines et nous fait tourner des classiques du genre [l'album Maxinquaye de Tricky, entre autres], avec de bons enchaînements, un bon équipement, un bon son et une technique respectable. Il reviendra en force pour réchauffer la foule après la première partie qu'assurait le Duo Groove et un peu plus tard, pour donner suite à la programmation régulière et terminer la soirée en beauté. Jai tout de même resté surpris du peu de réceptivité de la part de l'ensemble du public qui est resté assis pour la totalité de la prestation du duo d'ouverture, lui qui n'a pourtant pas lésiné sur la qualité et l'intensité musicale.



Le moment tant attendu approche, les gens se lèvent enfin, certaines sections du club s'ouvrent pour laisser place à une foule un peu plus nombreuse qu'initialement prévue. Tout le monde essaie tant bien que mal de trouver son sweet spot afin de mieux voir et entendre ce groupe de chez-nous encore méconnu qui, selon moi, ne devrait pas tarder à se taper de plus grosses salles. On se considère encore chanceux de les avoir attrapés dans un lieu si intime et invitant ! L'éclairage, quoi qu'efficace, était un peu trop statique à mon goût pour rendre justice à ce genre d'évènement, une projection était aussi de la partie. Leur art visuel étant très artistique, particulièrement inspiré et réussis, il aurait été bien de pouvoir bénéficier de projections à grand déploiement. Malgré qu'un peu sobres au niveau de leurs tailles, mais très efficaces au niveau de l'impact émotionnel, ils viennent appuyer parfaitement l'atmosphère déjà très présente et prenante du ce chant si particulier, combinés aux excellents arrangements.


La prestance du bassiste est particulièrement à souligner, sans oublier évidemment celle de la chanteuse qui célébrait son anniversaire ce soir là. Il ne faut pas oublier qu'Elsiane est à la base un duo, puisqu'on pourrait penser qu'il manque de fraternité entre ce quatuor, comme me l'a si bien fait remarqué un de mes amis qui les a vus il y a déjà quelques temps. Fortement recommandé pour ceux qui aiment la vibe un peu mélancolique et cette sonorité si dinstictive de la belle époque [pas si lointaine] de la grosse vague Trip-Hop qui a déferlée sur nous plus intensivement, mais qui demeurre tout aussi touchante et actuelle avec les années.

Montage audio/vidéo, gracieuseté de Beatmachiine



lundi 17 novembre 2008

Subtile assension d'une colline par de mouvements séquentiels

Photo courtoisie de Larry alias OrganiZeDesorder

Par une frigide soirée d'automne, dimanche le 16 novembre dernier au Club Lambi à Montréal, se déroulait des prestations hors du commun par des artistes tout aussi exceptionnels. Subtle, Zack Hill & Pattern is Movement, ont bravés la froidure pour nous échauffer les esprits dans cet environnement intime.












En arrivant sur les lieux, pas de billets en vente, nous sommes dans un environnement bar, comme à la Sala Rosa au printemps dernier, mais un peu plus grand et peuplé. Nous sommes attirés par une table où des disques et autres articles promotionnels sont en vente et on voit les membres du groupe qui gravitent autour. Le noyau d'une foule de projets sur l'étiquette Anticon [voir article précédent] étant Doseone et Jel, on les retrouves fortement impliqués et facilement accessibles. L'ami qui m'a fait connaître cet univers musical a eu la chance de se présenter et de s'entretenir avec Doseone et moi avec Jel, des êtres forts ouverts, humbles et sincères. Nous qui les estimons beaucoup, on est revenu à notre groupe d'amis [ceux qu'on a pu réunir afin qu'ils ne manquent pas ce spectacle] avec de larges sourires aux visages suite à cet entretien.


Chanceux que nous sommes, on a eu réponses à des questions qu'on se posait depuis un moment, à quand d'autres albums de 13 & God et Themselves ? Deux albums paraitront en 2009 de Them [on se doute d'un studio et un remix] et enfin le second de 13 & God avant 2010, dépendamment de l'apport des deux membres de la formation allemande The Notwist. Vous venez d'apprendre en grande primeur que d'autre bonne musique de leur part est envisagée pour l'année qui vient !

Maintenant, place au spectacle. Le tout a commencé par ce que je considère être ma découverte de la soirée : Pattern is Movement, un duo de joviaux barbus influencés par Animal Collective, qui se sont donnés à fond pour nous. Ne vous fiez pas seulement qu'aux extraits qu'on peut entendre sur leur site Myspace, puisqu'ils sont très convaincants en prestation. Une énergie positive agrémentée par un bon sens de l'humour et d'une belle intensité enrobent leurs jolies mélodies. N'hésitez pas à aller les voir, si vous en avez la chance.

Après l'entracte, s'est enchaîné un feu roulant de toms par le percussionniste déchaîné qu'est Zack Hill. Sur un fond d'échantillons, il nous a livré un véritable solo de drum perpétuel, où on en est venus à se demander d'où provenait toute cette énergie. D'une rare intensité, souvent difficile à suivre, aux structures très exigeantes même pour l'auditeur des plus chevronnés. Une performance que je qualifierais d'épuisante, autant pour le musicien que pour ceux qui sont restés du début jusqu'à la fin.



La pièce de résistance tant attendue arrive enfin. Une chance qu'une pause suffisamment longue a pu donner assez de répit à nos tympans pour être en mesure de l'apprécier adéquatement. Comme ces gens là ne font pas les choses à moitié, il y a toujours un décor minimaliste mais efficace qui les suivent, même dans les plus petites salles. Encore une fois, je me suis trémoussé à en entrer en transe avec le flow hallucinant de Doseone avec lequel on ne peut faire autrement qu'en être hypnotisés par moments. Une autre prestation haute en couleur, malgré qu'un peu écourtée par un pépin technique vers la fin, ce qui n'a nullement empêché de passer une superbe soirée.

Afin de mieux pénétrer dans l'univers de Subtle

jeudi 13 novembre 2008

NiN @MTL-12/11/08 = Visuellement Orgasmique


Le lieu était le Centre Bell, je n'étais pas chaud à l'idée d'assister à ce concert pour cette raison, mais fort heureusement, nous avions de très bonne places. Mes attentes étaient élevées après avoir vu Nine Inch Nails avec le Fragility Tour 2.0 au même endroit en 2000. Ils ont tellement une quantité de nouveau matériel depuis ce temps, on se demandait tous ce qu'ils allaient nous présenter, chose certaine, on s'attendait à en avoir plein la gueule !



Le groupe rock/métal expérimental Boris avait pour mandat de réchauffer la salle avec une piètre qualité sonore, dommage pour la formation japonaise qui mérite beaucoup mieux comme traitement. Le premier segment du spectacle principal a débuté sous le signe du plus récent album, The Slip paru au moins de juillet dernier, suivis de quelques extraits de l'album conceptuel quadruple, Ghost I-V, paru un peu plus tôt la même année ('08).

Le fait est qu'ils ont tellement de bonnes pièces différentes depuis 2005 (4 albums en 3 ans) à leur répertoire qu'ils n'ont pas joués, c'est évident qu'ils ne pouvaient plaire à tout l'auditoire. Par contre, c'était bien de nous dérouter en jouant un peu de Ghost et d'autres pièces qui sortent des sentiers battus, mais sinon c'est un setlist un peu décevant, beaucoup de drôles de choix, quoi qu'efficaces, comme toujours.


Je n'ai pas réussis à vibrer et m'émouvoir au point où je l'ai été par le passé, sans pour autant nier que c'était tout un spectacle de la part de Reznor et son équipe, comme ils savent si bien les faires. Au niveau des effets visuels, on a eu droit à la technologie de pointe, des vagues de lumières (littéralement), des effets qu'on se demande comment ils ont réussis ces tours de forces, la projection d'images qui provoquent et secouent, sans oublier la qualité exceptionnelle de la sono pour un aussi large auditorium, on peut dire qu'on en est ressortis gâtés !



Je ne peux m'empêcher de souligner que depuis 2007, Trent Reznor et son projet n'est plus signé par Interscope, maintenant indépendant, il peut produire du nouveau matériel à sa guise. D'ailleurs, c'est un fascinant exercice, une belle étude de marché qu'il a fait, en lançant ses deux derniers albums un peu plus tôt en version numérique, suivis un peu plus tard par les disques en magasins, allant jusqu'à offrir le téléchargement gratuit de la totalité de son dernier opus. En plus d'aller dans des directions artistiques diamétralement opposées comme avec le projet instrumental/expérimental qu'est Ghost en passant par The Slip qui est beaucoup plus conventionnel. Reste à voir ce qu'il nous réserve pour le futur, probablement des projets de plus en plus multimédias, on ose imaginer...


Petit montage pour donner une idée de cette orgie visuelle !