vendredi 24 décembre 2010

Bilan Culturel Musical 2010


Je vous offre mon bilan culturel annuel, cet exercice est nullement un palmarès, seulement une énumération de musiques qui m’ont interpellées en 2010. Une sorte de rétrospective de coups de cœurs et de découvertes faites cette année que je vous propose de partager. Vous risquez seulement d'être un peu surpris de ce que vous allez en tirer !


Albums de l’année

1: Caribou - Swim
2: Four TetThere Is Love In You
3: Igor Boxx (Skalpel) - Breslau
4: Soap&SkinLovetune For Vacuum
5: CocoRosie - Grey Oceans
6: Grinderman 2
7: LornNothing Else
8: Saroos – See Me Not
9: aKidoGamechanger (téléchargement gratuit!)
10:Erik Truffaz 4tet - In Between
11:Nils Petter MolvaerHamada
12:Suuns - Zeroes Qc
13:Phantogram - Eyelid Movies
14:PVT - Church With No Magic
15:Nice Nice - Extra Wow
16:Nedry - Condors
17:Karkwa Les Chemins de Verre
18:Autechre - Oversteps
19:Sleigh Bells - Treats
20:Avey Tare - Down There



Albums de Remixes de l’année

1 : ThemselvesCrownsdown & Company
2 : Warp20 (Recreated)
3 : Jon Hopkins - Remixes

Maxis (EP) de l’année

1: Emika - Double Edge
2: oOoOO (Album homonyme)
3: Vanesse Parietaire - Canicule et Ours Polaires 
(téléchargement gratuit !)

Collaborations de l’année

1: So Percussion & Matmos - Treasure State
2: Low Limit & Lando Kal - Golden Handshake
3: Burial & Four Tet - Moth-Wolf Cub


Chansons de l’année

1 : Born Ruffians - I Need A Life (Four Tet Remix)
2 : Caribou - Bowls
3 : Grinderman - Palaces of Montezuma
4 : Bernard Adamus - Rue Ontario (MHMHMH Remix)
5 : Baths - Halls
6 : Armen at the Bazar - In the Mirror
7 : Fredo Viola - The Sad Song
8 : Boris & Ian Astbury - Magickal Child
 9 : Four Tet - Circling
10: Soap&Skin - Ddmmyyyy










Spectacles de l’année

1: ToWhomItMayConcern(Évènement Web) IAMAMIWHOAMI(Jonna Lee)
2: Massive Attack & Thievery Corporation @ Centre Bell
3: Arrington  De Dionyso @ Cabaret du Mile-End (Pop Montréal)
4: Caribou @ Le National
5: Nils Petter Molvaer @ Jesu (JazzFest)
6: Jónsi (Sigur Ros) @ Métropolis
7: Braids @ Cabaret du Mile-End (M Pour Montréal)
8: Sweet Mother Logic & Mathématique @ Divan Orange 
(Soirée Sacrée des Frères du Son)
9: Duchess Says @ Café Campus (Mini M)
10: Salomé Leclerc @ Festival de la Chanson de Tadoussac


Découvertes musicales ou culturelles de l’année

1: IAMAMIWHOAMI (Jonna Lee) (Merci @Catherine Brasseur)


2: ISAN
3: Dextro
4: Baths
5: Deru
6: DM Stith
7: Armen At The Bazar
8: Étienne Jaumet
9: Glasser (Merci @ Catherine Brasseur)
10: Jóhann Jóhannsson

Mentions honorables
Liars, Fredo Viola, Lusine, Maserati, Applescal, Pascal Pinon, Salomé Leclerc, Sylvain Chauveau, To Rococo Rot, Son Lux, School of Seven Bells, Lymbyc Systym, Console, Cougar, Black Dice, Oval, Goldmund, Ametsub, Eskmo
 

Clip très inspiré et synchronisé pour la pièce We Got More par Eskmo



Compilations de l’année

ApparatDJ Kicks
Ninja Tune - XX Boxset (Coffret 6CD)
Warp20 (Unheard)

Bande Originale de Film de l’année

The Social Network – Trent Reznor & Atticus Ross


En 2011, j’attends ou j’espère un album de… 

1 : 13 & God
2 : Jonna Lee (IAMAMIWHOAMI)
3 : Emika
4 : Braids
5 : Aphex Twin
6 : Battles
7 : Dntel
8 : cLOUDDEAD
9 : Radiohead
10 : The Luyas



Joyeuses découvertes de 2010 et bonne année culturelle 2011 !

mardi 21 décembre 2010

Parution de la Semaine - 21 Décembre 2010


Une main sur le piano, l'autre sur le volant, pas très prudent !

Pas évident de se trouver une parution à se mettre sous la dent entre Noël et le jour de l'an, mais je me suis forcé un peu en fouillant à des endroits inusités pour réussir à vous trouver quelque chose à vous présenter.

Cette semaine, je vous parle de la trame sonore pour Gran Turismo 5 et laissez-moi vous dire d'entrée de jeu que je trouve l’exercice d’une telle trame sonore pour ce jeu de course virtuel très inusité et assez audacieux de la part des concepteurs de GT5. Comme accompagnement sonore à nos crissements de pneus, on a des interprétations de compositeurs réputés tels que Liszt, Chopin, Bach, Holtz, Tchaikovsky, Beethoven et Prokofiev, réalisés tout en finesse par Lang Lang. Des œuvres qui, selon-moi, font un peu trop pompeuses et bourgeoises à mon goût, ça sent la voitures de luxe neuve avec des sièges en cuir chauffants.



Par contre, la mission derrière cet enregistrement est noble, c’est-à-dire, donner la chance aux gens qui ne sont pas nécessairement normalement en contact ou qui n’ont jamais assistés à un concert classique de se faire une perception différente du genre, sinon de tout simplement se familiariser avec le style. Lang Lang s’est prêté au jeu avec toute la fougue et le doigté qu’on lui connait, sa motivation étant d’enlever certaines barrières autour d’une musique qu’il considère vivante, vibrante et toujours bien actuelle et qu’elle ne devrait pas être perçue étant une musique appartenant seulement qu’à l’histoire ancienne. Je ne sais pas si son but sera atteint avec ce disque, mais c’est définitivement un pas vers la bonne direction ! 

Bande-annonce pour Gran Turismo 5 avec Lang Lang au piano

dimanche 19 décembre 2010

Parution de la Semaine - 14 Décembre 2010

Igor Boxx sort un album incisif !


L'artiste Polonais Igor Pudlo de son vrai nom, membre de la formation Skalpel, débarque avant la fin de l'année avec Breslau, son premier album solo sur l'étiquette Ninja Tune. Tout comme Skalpel cherchait à faire revivre l'esprit Funky du Jazz Polonais des années '60 et '70, Igor Boxx poursuit sa mission et pousse encore plus loin au niveau du message social et historique.


J'attendais ce disque avec impatience, dès que j'ai eu vent que la moité de Skalpel allait faire paraître un album, moi qui adore tout ce qui vient de cette formation. Sur Breslau, Igor Boxx repousse les frontières du Jazz et ce qu'on s'attendait de l'artiste qui n'a déjà plus de réputation à se faire. Ambitieux, le projet se veut un enregistrement en mémoire de ce qui s'est passé à Breslau, sa ville natale maintenant nommée Wroclaw, envahie par l'Armée Rouge pendant la deuxième guerre mondiale.




Pour l'album Breslau, les sons ont été utilisés de manière à rappeler la furie de l'attaque des Bolcheviks et la détermination de la population de la ville à continuer. Le Krautrock illustre la monotonie des combats sans fin, le psychédélisme vient ornementer l'absurdité de la guerre dans toute sa folie, les rythmes Jazz donn
ent le ton au chaos qui régnait dans les deux camps du conflit et l'aspect hors du temps de l'Ambiant dépeint l'écrasant désespoir des efforts déployés par ceux qui défendaient la ville.

- Source : Ninja Tune



Pour ma part, je trouve que nous sommes en présence d'un excellent album et il s'est facilement retrouvé sur ma liste des meilleures parutions de l'année. Breslau n'est pas facile d'accès par moments, avec le caractère de l'exercice, c'est certain qu'on nous offre pas seulement que du bonbon. Les structures donnent un sentiment d'urgence aux pièces d'Igor Boxx avec ses rythmes endiablés, comme on pouvait prévoir d'un membre de Skalpel. Maintenant, quand peut-on s'attendre à voir apparaître le nouvel album du groupe ?


Clip très artistique pour la pièce Last Party in Breslau par Igor Boxx

samedi 18 décembre 2010

Parution de la Semaine - 7 Décembre 2010

Un freak show ? Pis non, Pascal ne vous dira pas ce qu'il en est !


Pascal Pinon a beau faire référence à un supposé monstre-humain à 2 têtes qui a vécu au début du 20e siècle, il est plutôt question ici d'un quatuor Folk Islandais féminin composé des sœurs jumelles Jófrídur et Ásthildur, avec leur camarades Halla et Kristín qui viennent compléter la formation. Des jolies jeunes Scandinaves à lunettes à l'allure à la fois geek et intellectuelles, artisanes de rafraichissantes douces mélodies.

Pas surprenant que mon choix de cette semaine s'arrête sur une formation Islandaise, avec mon faible pour les sonorités de ce pays. Pour Pascal Pinon, on a affaire à une sorte de version de Feist qui rencontre CocoRosie avec une bonne part d'influences du groupe Amiina. Une offrande de berceuses venues d'ailleurs, comme en dehors du temps, avec des paroles en Anglais et dans leur langue natale selon les pièces. L'islandais, cette langue si particulière m'est à la fois complètement étrangère et étonnement familière. Sans y comprendre un traitre mot, elle résonne en moi et réveille un songe hérédité d'une autre vie, si c'est possible...

Pascal Pinon et leur pièce New Beginning


Pour leur premier album complet, Pascal Pinon, nous partage leurs chants frêles, remplis de sensibilité, où le froid du pays ne transparait pas dans la chaleur des voix et leur musique. Sur l'album homonyme, on commence d'emblée avec une chanson dans leur dialecte, quelle jolie langue à laquelle je n'y comprends rien, mais l'important c'est de saisir les émotions véhiculées à travers les chansons ! Leurs pièces sont pourvues d'arrangements minimaux, avec xylophone, flûtes, guitares sèches, musette, piano miniature, sifflements et de drôles de petits sons presqu'indescriptibles. Tout ceci avec des harmonies vocales particulièrement bien interprétées, aux tons un peu cassés et presqu'effacés, donnent un enregistrement à saveur intimiste et apaisant.



Prestation de la pièce I Wrote a Song par Pascal Pinon pour PSL

lundi 13 décembre 2010

Parution de la Semaine - 30 Novembre 2010


L'âge d'or d'un légendaire duo Électro Norvégien


J'avoue, j'ai toujours eu un penchant pour le style Ambiant ! Ce qui m'aide d'autant plus à apprécier cet enregistrement, selon-moi, c'est qu'il marque le retour en force de Royksopp. Pour Senior, leur plus récent album, ils ont réalisée une musique très contrastante à celle entendue sur Junior, leur disque précédent, preuve de la versatilité du binôme qui est loin d'être unidimensionnel.


À mon avis, Senior est, comme le titre l'indique, l'œuvre la plus mature et une des plus fortes créations de la formation Royksopp depuis leur album Melody AM. Très différente de Junior et ses multiples collaborations, celle-ci est entièrement instrumentale avec des élans Pop-rétro mélodramatiques à la manière du groupe Air sur certaines pièces et d'autres moments encore plus planants qui me font penser au côté Ambiant de Moby.


 
L'album Senior par Röyksopp en stream audio


Une musique remplie de passages attendrissants, touchants, é
mouvants comme la trame sonore du bilan d'une personne en fin de parcours, avec beaucoup de profondeur au niveau des arrangements et une bonne recherche musicale. Ce qui fait de Senior une expérience à la fois apaisante que dérangeante, aussi légère que lourde, où Royksopp réussis à nous emmener ailleurs avec brio. Atmosphérique et introspective au plus haut point, initialement accueillante et douce, avec quelque chose d'inquiétant et de sombre en arrière plan. J'ai réussis à me laisser surprendre par la musique du groupe, positivement cette fois-là et ce, de plus en plus à chaque écoute !

Le film présenté ci-dessous, dépeint un portrait au lieu de se faire subjectif et narratif. Le but est d'inviter à un périple et de communiquer un éventail d'émotions avec des fragments visuels décousus. Filmé à Détroit, où il règne une espèce de dystopie contemporaine, l'endroit est apparu l'idéal vue son importance dans l'histoire Américaine et l'état incroyablement avancé de décrépitude pour certaines parties de la ville. Tous les lieux de tournages ont été captés tels-quels, sans altérations pour la captation. Le plus frappant est le contraste de ces personnages surréalistes dans un environnement résolument vrai. La musique de Royksopp a été sélectionnée et charcutée pour les besoins du montage, ce qui fonctionne très bien vue que l'album Senior est sans paroles et demeure très cohésif, le tout est devenu cohérent.

- Source : thatgo

Court-métrage réalisé par thatgo pour l'album Senior de Royksopp

dimanche 12 décembre 2010

Parution de la Semaine - 23 Novembre 2010

Une boule du tonnerre haut de 12 miles !

C'est au départ un duo de producteurs de musique qu'on peut étiqueter Lounge, qui est devenu un trio depuis, fondé à Washington en 1997 par Sid Barcelona et Steve Raskinonic. Un de leurs collaborateurs de longue date, Rob Myers, celui qui joue de la sitar et la guitare pour The Thievery Corporation, s'est officiellement joint à la formation un peu plus tard. Ils sont reconnus pour êtres des as dans la fusion d'éléments Worldbeat, Dub et de Drum n'Bass, ce qui fait du collectif Thunderball un vrai bon mélange Downtempo.


Une autre bonne parution chez ESL Music, co-fondé par les membres de la formation et les gars de Thievery, mais est-ce que c'est trop similaire à la recette de ces derniers pour que Thunderball réussisse à se distinguer ? Semblable oui, mais très réussis et funky à souhait ! Ce qui fait leur signature sonore, c'est l'alliage d'éléments Soul à des saveurs Indiennes dès la première pièce de leur plus récent album, 12 Miles High, avec l'addition subtile d'un peu de Breakbeat à la manière de 4hero. Ce qui n'a jamais été aussi présent que sur l'excellent disque de Thunderball Scorpio Rising, paru en 2001, à ne pas confondre avec celui de Death in Vegas, très différent, mais tout aussi bon CD du même nom, paru 2 ans plus tard.

Rico Ritmo - Une pièce à saveur Drum N'Bass par Thunderball

Ce que j'aime par-dessus tout, c'est leur petit côté Drum n'Bass combiné à une bonne dose d'Acid-Jazz qui fait toute la différence pour les aider à se distinguer, ou peut-être que je suis nostalgique des groupes comme Breakbeat Era ou Sneaker Pimps, c'est fort possible... Généralement, les pièces du groupe ont un bon groove, elles sentent l'évasion, remplies de bonnes vibrations et sont infusées de messages positifs et de bonne valeurs, particulièrement sur la pièce Moon On The Rise.

Moon On the Rise - Bon exemple de dub à la façon Thunderball

12 Miles High, le plus récent effort de Thunderball s'écoute bien d'un bout à l'autre. Parsemé de passages aux accents Reggae et, comme tout bon Rasta qui se respecte, on fait référence au déclin éminent de Babylon dans un futur rapproché, servis avec une ambiance festive et estivale. Entendre le dernier album, c'est une escapade de nos jours d'automne un peu gris et un rayon de soleil qui réchauffe nos journées en transitions vers l'hiver, autant recommandé que la vitamine C !


Le très stylisé vidéo pour la pièce Stereo Tonic de Thunderball

mardi 7 décembre 2010

Balado des Frères du Son Édition Décembre 2010

Bienvenue à notre toute dernière balado de l'année avec notre édition Décembre 2010 qui contient un tas de découvertes musicales à y faire ! Je vous décris ici qu'est-ce qu’on retrouve au menu ce mois-ci et j'en profite pour vous souhaiter une bonne écoute en notre compagnie !

Pour cette plus récente et toute dernière édition de notre capsule de d’Un Petit Goût de Boulimie de 2010, comme à chaque mois, on vous partage les parutions les plus valables des dernières semaines qu’on peut lire sur ce blogue et bientôt, à l'onglet blogues sur le site des Frères du Son, sous mon nom. Pour en savoir plus sur les artistes diffusés à l'intérieur de cette capsule, il suffit d'aller lire mes articles antérieurs, ici même.

PIÈCES ENTENDUES DANS LE BLOC MUSICAL DU BOULIMIQUE

Saroos - Scott (See Me Not)

Brian Eno, Jon Hopkins & Leo Abrahams - 2 Forms of Anger (Small Craft On A Milk Sea)

Dans Les Arbres - Le Flegme (Dans Les Arbres)




BONNE ÉCOUTE !

Pour notre capsule Style Comme Genre du mois de décembre, on vous fait entendre une musique en parfaite harmonie avec et l’ambiance des premiers flocons de neige qui tapissent notre décor. Le genre porte plusieurs noms, classique contemporain, néo-classique ou post-classique, peu importe c’est du classique moderne et bien de notre époque.

On inaugure la féérie hivernale à notre émission avec la douce mélancolie et la grande sensibilité qu’habitent Max Richter, qui est un compositeur comparable à Philip Glass, Arvo Pärt et Murcof. Richter c’est un pianiste Anglais aux origines Allemandes, fidèle admirateur des œuvres de Iannis Xenakis, il est aussi co-fondateur de l’ensemble Piano Magic dans lequel il s’est impliqué pendant une dizaine d’années et qu’on peut entendre à notre balado du mois de Novembre 2010. Comme tout bon artiste avant-gardiste, l’univers musical de Max Richter est en constante évolution, il se réinvente à chaque œuvre qu’il laisse derrière son parcours, mais il conserve un fil conducteur et une signature sonore qui lui est propre. Ouvert aux nouvelles technologies, il s’approprie les nouveaux outils de création et les manies à sa façon pour incorporer de nouveaux éléments dans ses enregistrements. Il a aussi collaboré avec Roni Size et le groupe The Future Sound of London à titre d’artiste invité, soit en tant que pianiste, ou au niveau des arrangements et de la réalisation. On pourrait dire que Max Richter fait partie de l’école de pensée des minimalistes, proche de l’ambiant avec des touches d’électroacoustique. Depuis 2002, il a réalisé 5 albums dont la trame sonore de l’excellent film d’animation Valse avec Bachir et son plus récent disque Infra, composé à l’origine pour un ballet. Max Richter est un artiste accompli et versatile qui produit des œuvres qui, à mon avis, méritent d’avoir une attention particulière.


On continue avec Sylvain Chauveau, un pianiste Français inspiré entre autres par Erik Satie, Bernard Parmegiani, Pierre Henry et Maurice Ravel, sans oublier par la peinture abstraite. Sylvain commence son parcours musical dans la veine Post-Rock au milieu des années ’90 avec les projets Watermelon Club et Micro:Mega avant de continuer dans une veine plus cinématographique. Dès l’an 2000, Sylvain Chauveau se met à l’œuvre et commence sa carrière solo telle qu’on la connait aujourd’hui, avec une approche minimaliste poignante, aux harmonies intimistes pour cordes et piano. Depuis, il a 9 albums à son actif en comptant un disque acoustique rendant hommage a Depeche Mode et les trames sonores des films Nuages et Des Plumes Dans La Tête, passés quasi inaperçu en Amérique. Sylvain s’est produit sur scène en première partie de Sigur Ros, tourné un peu partout dans le monde et a remixés des pièces pour différents groupes. Il est aussi membre des formations Arca, Zéro et ON, ce qui fait de Sylvain Chauveau un artiste chevronné et qui n’a vraiment pas peur de s’aventurer hors des sentiers musicaux conventionnels.


On termine la capsule avec un détour vers m on coin préféré du globe, en Islande, pour entendre les magnifiques nappes sonores que créés Jóhann Jóhannsson. Il est un des membres de la formation Apparat Organ Quartet et si vous ne connaissez pas déjà, allez écoutez ça, c’est vraiment impressionnant d’entendre 4 claviéristes, 1 percussionniste et du vocoder à l’œuvre ! Revenons à notre multi-instrumentiste, Jóhann Jóhannsson, qui est à la tête de l’étiquette de disque Kitchen Motors, qui repousse les limites d’expression artistique multidisciplinaire, il est aussi un créateur d’évènements artistique très particuliers et ses enregistrements tournent autour de la technologie et l’être humain. Ses a mbitieux projets vous feront sourciller, mais sans tomber dans la masturbation intellectuelle et ils sont très chargés en émotions. Jóhann Jóhannsson compose des bijoux musicaux tout en subtilité et finesse, en équilibre entre l’analogique et le numérique, oscillant sans cesse entre l’abrasif et la douceur dans la plus pure tradition que le pays a à nous offrir, mais en allant encore plus loin !

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL

Max Richter - Flowers For Yulia (Songs From Before)
Sylvain Chauveau - Datebook (Des Plumes Dans La Tête)

Jóhann Jóhannsson - The Rocket Builder-Lo Pan! (Fordlandia)

Pour cette dernière capsule de Made In Québec de 2010, on a décidé d e vous faire un petit tour d’horizon de nos plus récentes découvertes. Des groupes talentueux et surprenants que seule la belle province a le don de produire. Est-ce que c’est le froid de nos hivers qui canalise autant l’inspiration chez-nous? Peu importe, tout ce qu’on sait c’est qu’on aime ce qu’on entend et qu’on se fait un plaisir de vous les partager.

On parle en premier de la formation The Luyas, composée de membres de Bell Orchestre et Torngat, soit le joueur de cor français Pietro Amato et Mathieu Charbonneau au Wurlitzer, de Stefan Schneider à la batterie et de Jessie Stein la charismatique chanteuse, aussi membre de Miracle Fortress, qui joue du Moodswinger, une cithare électrique de 12 cordes. Ils ont actuellement un maxi et un album à leur actif, intitulé Faker Death, lancé de manière indépendante en 2007 et on devrait voir apparaitre un nouvel album au début 2011. The Luyas a une approche musicale très atmosphérique, combinée à la voix particulière de Jessie Stein qui s’allie à merveille au son du cor pour ses variations légèrement instables, près de fausser, mais toujours en maitrise de ses moyens, ce qui donne au groupe une combinaison gagnante. Même si ce n’est pas nécessairement accessible pour toutes les oreilles au départ, The Luyas mérite l’effort de quelques écoutes pour mieux apprivoiser leur sonorité, mais le jeu en vaut amplement la chandelle une fois le léger inconfort surpassé.


On continue dans cette même lignée de pensée avec Braids, le jeune et talentueux groupe fraichement arrivé de Calgary il y a quelques années. Le quatuor débarque à Montréal pour leurs études respectives pour finir par se concentrer principalement sur leur musique. Connu précédemment sous le nom de Neighbourhood Council, Braids change de nom et surtout radicalement de style musical, en se démarquant avec une sonorité rafraichissante que je pourrais décrire comme un heureux mélange d’Animal Collective, Broken Social Scene et des touches de Pop synthétique à la manière d’Au Revoir Simone, donc un genre d’Indie aux accents psychédéliques. Les voix des filles sont noyées dans les effets, appuyés par les harmonies vocales masculines de la section rythmique, 2 postes de percussions font le travail en matière de polyrythmie. Braids, c’est des claviers, des jolies jeunes gens, beaucoup de profondeur et des bonnes influences musicales variées, ce qui leur donne une longueur d’avance sur ce qu’il se fait généralement. Leur premier album, Native Speaker, est à paraître le 18 Janvier prochain, c’est à surveiller !


On termine la chronique avec Suuns, un groupe qui nous déroute à la première écoute, mais c’est généralement bon signe que ça arrive! Autrefois connu sous le nom de Zeroes, Suuns revient après un maxi passé un peu sous le radar avec leur premier album Zeroes Qc. Réalisé par Jace Lasek des Besnard Lakes, l’enregistrement brasse, c’est brut, du genre Électro-Rock sale qui nous en met plein la gueule dès les premières minutes. Suuns, me rappelle un peu The Flaming Lips, We are Wolves et le quatuor est composé de membres qui font partis des groupes Land Of Talk, Young Galaxy et Silver Starling. Si vous n’accrochez pas tout de suite, dites vous que c’est normal, puisque le groupe a vraiment une sonorité qui n’est pas si facile d’approche, mais qui possède ironiquement beaucoup d’éléments accrocheurs. Gageons que vous allez vite devenir des mordus de Suuns si ce n’est pas déjà fait, surtout si vous cherchez quelque chose de différent et que vous gardez vos horizons musicales ouvertes !

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL

The Luyas - Cats In a Bag (Faker Death)

Braids - Lemonad (Native Speaker)

Suuns - Pie IX (Zeroes Qc)


Pour cette capsule d’Autopsie de CD, pour souligner le mois de décembre solennellement, mais toujours fidèle à notre style, on a décidé de vous présenter un artiste qui utilise son organe vocal de manière fort ingénieuse, voire semblable à des chants sacrés, tant qu’à nous, ce sont des sacrés beaux chants en tout cas! On vous dit qui vient clore la dernière Autopsie de l’année sans plus tarder.

Fredo Viola, qui est un chanteur Italo-Américain originaire d’Angleterre. Son parcours artistique plus classique, se traduit dans la musique qu’il crée, citant autant Bartók, Shostakovich et Stravinsky que Kate Bush, Belle & Sebastian et Boards Of Canada. Plus jeune, sa voix de soprano poignante et versatile l’emmène à chanter professionnellement au sein d’une chorale d’enfant à Los Angeles, mais il a dû changer de direction lorsque sa voix a mûrie.

Je compare un peu Fredo Viola à la sensibilité vocale de Rufus Wainwright, mais ce n’est vraiment pas un de ses émules. Son approche musicale s’influence autant de la musique médiévale, les hymnes religieux et la musique électronique. Grand rêveur, émotif et un peu pudique dans son approche musicale, Fredo y est toujours allé d’instinct quand il est question des ses créations autant que le côté mise en marché de son art.

Au début de l’âge adulte, Fredo met la musique de côté pour se concentrer sur ses études en cinéma, avec la ferme intention de devenir réalisateur. Après des boulots d’assistant de production en cinéma, des contrats d’animation et un contrat lucratif en montage vidéo, il se paie un Home Studio et revient à ses premiers amours en commençant à jeter les bases de ce qu’allait devenir son projet musical. Pour populariser son art, il a eu la brillante idée de publier un clip par mois pour 8 de ses nouvelles créations musicale sur YouTube. C’est réussi, puisque Fredo Viola s’est fait remarqué par les internautes, autant le public que par la critique et Massive Attack l’ont même invité à venir enregistrer des pistes de voix.

VIDÉO POUR LA PIÈCE MOON AFTER BERCEUSE DE FREDO VIOLA



La formation en cinéma de M.Viola lui sert bien aujourd’hui avec son projet multimédia, ayant réalisé ses vidéos lui-même pour agrémenter la musique de l’album qui vient avec un DVD en prime. Grâce à l’Internet, les gens se collent à lui pour venir en aide à son projet artistique naissant, il trouve de précieux collaborateurs qui lui prêtent main forte au niveau de l’instrumentation, comme un violoncelliste et un joueur de basson qui croisent son chemin virtuel.

Son univers musical est un peu inclassable, quelque part entre le Folk, d’ancien et de moderne, parsemé de vocalises abstraites et de paroles un peu insaisissables. Fredo incorpore beaucoup d’éléments du domaine cinématographique à sa musique et il essaie de créer un ensemble cohérent à son art, que ce soit le visuel de ses pochettes ou le portail numérique interactif qu’il a conçu pour The Turn. Ce qui rend l’histoire de Fredo Viola un vrai modèle de succès que le web et le talent peuvent apporter.

BLOC MUSICAL SUR FREDO VIOLA DE L'ALBUM The Turn

The Turn [A Pagan Lament] - Red States - The Sad Song

J'espère que vous avez appréciés notre émission de ce mois-ci et que vous en avez tiré quelque chose de bien à vos yeux. Merci de nous écouter et de regarder nos entrevues et on vous souhaite de joyeuses fêtes ! À bientôt !