jeudi 31 mars 2011

Parution de la Semaine - 29 Mars 2011


Wagon Christ est le projet d'un seul homme, le versatile Luke Vibert, un artiste aux multiples facettes. Le producteur anglais, aussi connu sous le nom de Plug, The Ace of Clubs, Kerrier District et sous son propre nom, revient avec le premier album sous le nom de Wagon Christ depuis 2004. Son plus récent album, Toomorrow, transpire une atmosphère qui me fait penser à du bon vieux Nightmares on Wax et Cinematic Orchestra. On y retrouve aussi certains éléments Hip-Hop non-conventionnels du genre à Prefuse 73 mélangé à du DJ Shadow.


Toomorrow est un de ces albums remplis de vibrations positives, ça groove et c’est funky à souhait, comme on les aime! Une profonde recherche et un vaste intérêt musical est derrière Wagon Christ, puisque la richesse sonore autant que la diversité des styles collés ensemble en font une œuvre fascinante et intemporelle, mais toujours avec une certaine facette Old School. Avec son plus récent disque paru sur Ninja Tune, Wagon Christ nous sert de très intéressants collages sonores, inspirés au plus haut point. Ces assemblages de styles différents ne sembleraient pas tenir la route sur papier, si seulement on pouvait avoir la liste d’échantillons utilisés, mais qui, pourtant, fonctionnent très bien en pratique. Toomorrow, c'est un univers musical rétro-futuriste, une contradiction auditive, captivante et qui nous donne envie de revenir à cet état dès que possible.


Petit retour en arrière avec le clip pour la pièce Receiver de Wagon Christ

vendredi 25 mars 2011

Parution de la Semaine - 22 Mars 2011


Federico Aubele revient avec Berlin 13, son quatrième album déjà, où on s'aperçoit que ce jeune homme a bien mûri en peu de temps. On le savait capable de mélanger Tango argentin, Bossa-Nova et Électro downtempo, un peu dans la veine de Gotan Project, Bebel Gilberto et The Thievery Corporation. Bien normal qu'on puisse tisser des liens, puisque Federico Aubele est signé sur ESL Music, l'étiquette fondée par les membres de Thievery et de la formation Thunderball, mais qui fait une musique plus cool et ambiante que ces derniers.

Sur Berlin 13, il revient après 3 ans d'absence d'une manière fortement inspirée après Amatoria, son album précédent, que j'avais trouvé décevant. Celui-là, beaucoup trop ensoleillé et prévisible à mon goût, où on pourrait penser qu'il la fait pour rejoindre un plus grand public, de préférence des matantes, on dirait. Sur son plus récent album, il se la joue moins crooner ou grand séducteur, on sent qu'il a pris de l'assurance et qu'il sait mieux diriger sa barque que jamais. Comparé à son précédent, Berlin 13 en est aux antipodes, beaucoup plus mystérieux et assumé avec une sonorité encore plus recherchée que tout ce que Federico Aubele nous a présenté jusqu'à maintenant. Ne me prenez surtout pas au mot, mais allez écouter cet extrait pour vous en convaincre!

Federico Aubele - No One de l'album Berlin 13 sur ESL Music

Federico n'a plus le même regard, ni l'apparence un peu trop nonchalante que laissait entrevoir son ancien look, je ne sais pas ce qui a bien pu lui arriver, mais on dirait qu'il n'est plus le même homme. Avec le vocal féminin sur quelques pièces qu'apportent Natalia Clavier (elle aussi sur étiquette ESL) et KA qui ajoute énormément à l'ambiance générale de l'enregistrement. À mon avis, ce sont pour ces raisons que Berlin 13 est le meilleur disque de Federico Aubele depuis Gran Hotel Buenos Aires, son premier paru en 2004. Encore une fois, une autre bonne parution chez ESL qui métisse brillamment musique urbaine et musique du monde et qui fait que la maison de disque devient LA référence dans les styles Lounge et Worldbeat, retenez ces 3 lettres, elles en disent long!

Le clip pour la pièce Bohemian Rhapsody in Blue de Federico Aubele

samedi 19 mars 2011

Parution de la Semaine - 15 Mars 2011


The Joy Formidable, c'est un trio Pop-atmosphérique aux tendances Rock-psychédélique, originaire du Pays de Galles, qui fait des vagues depuis 2007 avec son attitude Punk et l'énergie légèrement décalée de Ritzy Brian, l'électrisante chanteuse et guitariste de la formation.

Sur son plus récent disque, The Big Roar, le groupe continue de produire une musique solide et un peu dérangeante à la manière des Yeah Yeah Yeahs, avec une voix un peu plus éthérée, dans le genre de Bat For Lashes. Après un premier album en 2009, intitulé A Balloon Called Moaning, The Joy Formidable s'est rebiffé pour une seconde salve auditive, une excursion dans les contrées un peu Noise et expérimentales parmi les meilleurs que le style Shoegaze peut nous offrir. Avec une sonorité comme celle-là, c'est certain que le groupe ne peut faire autrement que de retenir l'attention, autant celle des critiques que du public. The Joy Formidable, ça dépeigne, vous pouvez me croire, moi qui, en plus, n'a presque pas un poil sur le coco! En voici justement un bref aperçu pour que vous puissiez vous faire votre propre opinion sur leur son.

2 pièces sur The Big Roar fournies par The Drift Record Shop

Certains comparent leur style musical à celui des formations Esben & the Witch pour l'aspect mystérieux, celui des Breeders avec un peu plus de mordant pour l'énergie et les structures non-conventionnelles combinées à une Pop accrocheuse à la manière d'Arcade Fire. The Joy Formidable, c'est un peu tout ça à la fois, même si on peut mal s'imaginer l'amalgame de ces styles, la meilleure chose, c'est d'écouter l'album pour se faire une meilleure idée, puisque ce ne sont pas mes mots qui peuvent venir combler votre ouïe!

Vidéo pour la pièce Whirring de la formation The Joy Formidable

jeudi 10 mars 2011

Parution de la Semaine - 8 Mars 2011


On a Créé un Monstre, c’est un quatuor Rock-atmosphérique aux petites touches synthétiques bien dosées, mêlés à une prestation vocale émotionnelle. Formé en 2006 par François Larivière, Antoine Lachance, Félix-Antoine Viens et Ghislain Lavallée, ils viennent de faire paraître L'Iceberg, leur premier album complet.

Avec la musique d'On a Crée un Monstre, on se retrouve dans une ambiance qui se situe quelque part entre celles de Malajube, Kain et Karkwa. Au niveau lyrique, je dois avouer que, certaines fois, on nous sert des paroles un peu prévisibles et légèrement kitsch, mais toujours très imagées, de sorte que des scènes d’un film qui n’existe pas se forment assez rapidement entre nos oreilles. L'Iceberg est un enregistrement très bien réalisé au niveau de la technique, il  lui manque seulement une déchirure particulière dans leur structures de pièces ou une singularité sonore pour venir les distinguer afin de profondément marquer le paysage musical québécois de la seconde décennie de ce nouveau millénaire.


Il faut admettre une chose, le groupe et leur étiquette, Slam Disques, ont su comment promouvoir L'Iceberg d'une manière originale et redoutablement efficace. Après tout, on a juste une chance de faire une première impression, j'imagine surtout avec le poids d'autant d'attente et d'efforts de la part des membre d'On a Créé un Monstre! Comme carte de visite, L'Iceberg se tire bien d'affaire entre les Monogrenade, Peter Peter et autres de la vague post-Karkwaienne. On peut gager que la formation n'a pas fini de faire des ravages sur son passage et je ne serais vraiment pas surpris que le groupe réussisse à ouvrir les portes étroites des radiodiffuseurs commerciaux pour certaines de leurs chansons! J'estime qu'on aura droit un avenir prometteur pour On a Créé un Monstre s'il continue à endurer l'usure des années suffisamment longtemps.

mercredi 9 mars 2011

Les Frères du Son Rencontrent : Les Breastfeeders


Pour souligner la sortie de Dans la Gueule des Jours, le plus récent disque des Breastfeeders depuis Les Matins de Grands Soirs en 2006, Les Frères du Son vous offre une entrevue fraichement réalisée avec le groupe.

Je dois avouer qu'à prime abord, je soupçonnais une séance de déconnage en leur compagnie, mais c’est tout le contraire qui s’est produit. On a plutôt eu droit à une conversation très sérieuse et avec beaucoup de profondeur, je dirais même un de nos meilleurs entretiens à date. Je sais que je dis souvent que c’est le cas, mais cette fois-là, c’est surprenant de voir et d’entendre à quel point Les Breastfeeders sont capables de réflexion et de sérieux. Pour ma part en tout cas, ayant déjà vu d’autres entrevues avec eux, j’ai été très agréablement surpris !

Voici la version intégrale de l'entrevue en baladodiffusion


Luc Brien, le sympathique chanteur/guitariste et volubile porte-parole du groupe, ne s’est pas laissé prier pour donner ses opinions et c’est comme ça qu’on l’aime, aucune réponse courte à nos questions, mais de véritables éditoriaux ! Le reste des membres de la formation ne s’est pas contenté de s’éclipser derrière le charismatique leader, bien au contraire, ils ont plutôt renchéris ou relancés le débat pour que notre entrevue se transforme graduellement en véritable conversation. On s’est entretenus sur l’identité Québécoise, le manque d’ouverture des médias traditionnels face à la diversité culturelle, on a aussi effleuré certaines questions sur la politique et même le retour d’une équipe de hockey à Québec !



Résultat : Une des rares entrevues qui a facilement dépassée la barre des 40 minutes, ce qui n’était pas arrivé depuis notre rencontre avec le coloré Yann Perreau. Personnellement, je ne suis pas un amateur invétéré de l’univers musical des Breastfeeders, mais je dois avouer qu’elle prend tout son sens sur scène. Le groupe m’a particulièrement convaincu la première fois que je les ai vus jouer, à l’édition 2010 de l’Autre St-Jean et je suis certain qu’ils réussiront à vous emballer si jamais vous avez la chance d’assister à une de leur extrêmement énergiques prestations, je vous garantis que vous en sortirez vraiment pas déçus ! Sur ce, je vous souhaite un excellent divertissement !

Montage vidéo de près de 20 minutes avec Les Breastfeeders

jeudi 3 mars 2011

Parution de la Semaine - 1er Mars 2011


Monogrenade revient avec un chanteur en moins, mais une violoncelliste de plus. Jean-Michel Pigeon remplace Frédéric B. Girard au micro et Marianne Houle au violoncelle est devenue permanente au sein de la formation, elle qui était précédemment  instrumentiste occasionnelle au sein du groupe. Je les comparais auparavant à Karkwa et Radiohead, mais je dirais qu’avec leur nouvel album Tantale, on ressent encore leurs influences, mais je pense qu’ils ont trouvés une sonorité qui leur est propre.

C’est une belle évolution musicale et le changement de membres doit y être pour quelque chose. Enfin une formation qui ose sortir des sentiers battus en matière Pop-Rock aux touches d’Électro. Les arrangements sont plus riches que jamais, davantage de cordes, le piano qui se fait toujours aussi présent, bien mis en avant plan, presqu'au même niveau que la voix. La première fois que j’ai entendu ce que Monogrenade fait comme musique, je me suis dit qu’on assistait à la naissance d’un autre grand groupe de chez-nous qui peut facilement percer mondialement sur la scène musicale en marge et je sais aujourd’hui que je ne m’étais pas trompé. Suffit d’écouter la pièce M’en Aller pour s’en convaincre, puisqu’elle est un des meilleurs exemples de recherche sonore, quelque part entre l’accessible et le plus obscur, le positif et la noirceur. Les pièces De Toute Façon et Ce Soir reviennent de leur maxi La Saveur des Fruits, puisque c’est cette dernière qui a popularisé le groupe avec son magnifique clip qui a réussi à ouvrir les portes de Musique Plus, ce qui n’est pas une mince affaire, mais c’est rien qui empêche d’apprécier l’œuvre. Malgré que le groupe s'est fait volé la première place aux Francouvertes par Bernard Adamus l’an dernier, je suis convaincu qu’avec Tantale, Monogrenade va faire continuer de parler d’eux un peu partout dans le monde, puisque de la bonne musique comme celle-là, ce n'est pas seulement appréciable au Québec.


Des textes toujours aussi recherchés, la voix un peu moins présente et avec beaucoup de souffle dans le chant, mais rien qui empêche l’intelligibilité des mots, même si cet enregistrement est très garni au niveau des arrangements. Monogrenade n’a rien à envier aux groupes les plus créatifs, que ce soit d’ici ou sur la scène mondiale, je sens qu’ils sont en train de se tailler une place parmi les géants du Rock atmosphérique de ce monde. Au final, l'album Tantale est un incontournable pour tout amateur de musique dans la veine de Patrick Watson et compagnie, tenez-le pour dit.
À mon humble avis, cet album vieillira très bien et on ne se lasse vraiment pas rapidement des créations de la formation, même qu’on en redemande une fois qu’il est terminé !

Le magnifique clip de Monogrenade pour la pièce Ce Soir