mardi 31 mai 2011

Parution de la Semaine - 31 Mai 2011


Ocote Soul Sounds revient avec Taurus, le  quatrième album de la formation pour souligner le début de la saison estivale d’une manière très funky et ensoleillée.

Ocote Soul Sounds a été fondé en 2003 par le multi-istrumentiste Martin Perna, également fondateur du collectif Antibalas, accompagné par le talentueux Adrian Quesada, membre de Grupo Fantasma. Avec ses accents Afrobeat, mais plus downtempo et moins axés sur les cuivres et davantage sur la rythmique qui caractérise habituellement le style, Ocote Soul Sounds ne se limite certainement pas qu’à ce genre. Des influences de musique Latine, de Jazz et Funk sont au menu, des pointes de reggae sont également dans le mélange proposé. Bien normal qu’ils soient signés sur ESL Music, l’étiquette de Thievery Corporation et compagnie, puisque les liens de parentés se font évidents.

Ocote Soul Sounds - Primavera


À la fois moderne et plus traditionnel, Taurus, comme tous les enregistrements de la formation, groove au maximum et assez diversifié pour ne pas perdre intérêt, mais toujours très cohérent dans son ensemble. Linéaire, non, mais disons seulement qu’il y a un bon fil conducteur d’une pièce à l’autre pour tenir l’auditeur en haleine d’un bout à l’autre du disque. Les pièces majoritairement instrumentales d’Ocote Soul Sounds sont colorées et toutes en relief, à l’image de la pochette de l’album.


Au niveau lyrique, sur Taurus on a droit à des textes moyennement engagés, aux vibrations positives, qui nous insufflent courage et joie de vivre. Ocote Soul Sounds est un must pour tous ceux qui aiment l’alliage de la musique du monde aux accents sud-américains, qui recherchent aussi une certaine profondeur au niveau des paroles, avec une richesse musicale tout en demeurant léger et accessible!

vendredi 27 mai 2011

Chef-D'Oeuvre du Mois - Mai 2011


Son Lux, c’est le projet du New-Yorkais Ryan Lott, producteur de musique aux accents ambiants expérimentaux, qui mélange habilement Indie et Électro.

Pour We Are Rising, son plus récent album, conçu en à peine 28 jours, en février, le mois le plus court en plus, il est de retour après son disque At War With Walls and Mazes, paru en 2008, qui lui, a pris 4 ans à réaliser. C’était un défi RPM pour l’artiste lancé par le blog musical NPR, inspiré par une initiative du magazine The Wire, pour qu’il produise du nouveau matériel en très peu de temps et c’est étonnant d’entendre un résultat d’une telle qualité. La pochette de l’album a été réalisée dans le même ordre d’idée, c’est-à-dire, avec un budget de 28 heures ET 28 torches fumigènes, d’ailleurs, on peut voir comment ils ont conçus l’art visuel du disque, dans un document vidéo très stimulant et intéressant à voir!

Son Lux - We Are Rising (Full Album Teaser) par Son Lux

Côté musical, l’ambiance est dramatique et mystérieuse, comme toujours et cette fois-ci, Son Lux s’aventure même en terrain Dubstep sur la pièce Claws, un style qu’il visite à sa façon et d’une manière très étonnante. Le choix de l’instrumentation est riche, les mélanges sonores sont équilibrés et texturés, ses compositions respirent tout en étant multidimensionnelles et la réalisation est impeccable, étonnant, surtout en si peu de temps! Son style est pratiquement indescriptible, sur certaines pièces on reconnait The Notwist, sur d’autres Beirut et ce qui revient en tête le plus souvent c’est des comparaisons avec Bracken, un autre talentueux artiste sur l’étiquette Anticon.


Rising, est probablement une des pièces les plus ambitieuses et épique du disque We Are Rising, avec ses arrangements grandioses, sa polyrythmie et sa structure très évolutive. Le reste de l’album n’a rien à lui envier, puisque comme une courtepointe, les différentes teintes émotionnelles sont explorées avec une grande sincérité et d’une manière redoutablement efficace. Avec We Are Rising, Son Lux a facilement réalisé un des albums les plus marquants des derniers mois, voir depuis le début de l’année et je dois avouer que c’est un peu frustrant pour tout artiste qui se donne comme mission d’étonner, puisque la barre de l’excellence a encore atteint un nouveau sommet!

mercredi 25 mai 2011

Parution de la Semaine - 23 Mai 2011


Amon Tobin revient avec le magnifique album Isam, après une excursion dans le domaine des jeux video (avec la trame sonore de Splinter Cell), quelques commerciaux avec sa pièce Four Ton Mantis et l’album Foley Room, le voici enfin!


Amon Tobin maîtrise l’art de concevoir des tapisseries sonores ultra riches et denses et surtout, qui sonnent comme 3 tonnes de briques! Retourné en terre natale, le Brésil, depuis quelques années, le voilà qu’il nous sert une version encore plus corsée de son art, ce qui fait d’Isam un enregistrement visiblement inspiré et où on le sent en grande forme.

Sur son plus récent disque, Amon Tobin se fait plus dérangeant et ça ne peut faire autrement que de nous interpeller au niveau de ses conceptions musicales. Il nous en met plein la gueule en se permettant même un léger virage à la sauce Dubstep, qu’il fait à sa manière sur quelques passages de l’album. Le Breakbeat est toujours une marque de commerce chez-lui, mais il a le mérite de faire évoluer son style et de le pousser plus loin que jamais. Étant expert dans la manière de faire sonner les basses immenses, il atteint de nouveaux sommets sur Isam, tant au niveau des assemblages sonores qu’à la réalisation. On retrouve même des pistes vocales sur la pièce Wooden Toy, chose qui est assez inattendu de la part de l’artiste. Le disque est aussi offert en version limitée avec un livre illustrant certaines œuvres réalisées par Tessa Farmer.


Je dirais qu’Amon Tobin a conçu un de ses enregistrements les plus aventureux et expérimentaux. C’est évident qu’il faut prendre le temps de se laisser apprivoiser par ses créations, ce qui ne se fait pas en une seule écoute, mais qui prend tout son sens après quelques essais. Très prenant, l’album Isam n’est vraiment pas une écoute de tous les moments, puisqu’il faut être en forme pour être prêt à recevoir ce qu’il nous farcis l’ouïe. Une autre excellente parution qui vient encore souligner les 20 ans de l'étiquette de disque Ninja Tune. Mais pour les compositions de Tobin, elles sont seulement comparables à faire l’écoute des œuvres d’Aphex Twin, de grands moments d’émotions sont au menu, tenez-vous le pour dit!

Clip pour la pièce Esther de l'album Foley Room d'Amon Tobin

mercredi 18 mai 2011

Balado des Frères du Son Édition Mai 2011


C'est notre première baladodiffusion depuis l'inauguration de la section FIDÈLE à laquelle vous pouvez vous abonnez depuis le 1er Mai pour avoir accès à notre toute nouvelle compilation exclusive de pièces inédites et bien des primeurs. On commence la baladodiffusion avec la première de 2 capsules d’Un Petit Goût de Boulimie, où  on vous fait entendre quelques sujets des articles qu'on peut lire directement sur ce blogue, qui est aussi accessible via l’onglet blogues sur le site des Frères du Son. Pour en savoir plus sur les artistes qu'on peut entendre à cette capsule, suffit d'aller consulter les articles publiés au mois d'Avril ici même et je vous publie seulement celui qu'on retrouve en exclusivité sur Côté Blogue.


On commence avec Panda Bear, le projet de Noah Lennox, un des membres de la formation Animal Collective, qui est enfin de retour avec le très attendu album Tom Boy. Déjà 4 ans ont passés depuis Person Pitch, son album précédent, ce qui a fait en sorte que les attentes étaient très élevées après une absence aussi longue et avec les œuvres qu’il nous a pondus auparavant, que ce soit avec le collectif animal ou ses propres aventures solo, mais je dois dire qu’elle en valait vraiment la peine! Puisque sur Tom Boy, Panda Bear revient pour une autre virée en contrées psychédéliques avec des pièces encore plus riches que jamais au niveau des structures, autant du point de vue des arrangements des créations qui figurent sur son plus récent opus. Plus diversifié que jamais, Panda Bear s’aventure hors de sa zone de confort autant que la nôtre, on pense parfois à Devandra Banhardt ou Owen Pallett (Final Fantasy), avec cette touche si distinctive que l’on reconnait de la sonorité particulière d’Animal Collective. On sait qui apporte quoi, surtout quand on a entendu Avey Tare, réalisé par David Michael Portner, un autre projet dérivé de la même famille animale, ça met en perspective l’apport de chacun au sein de la quasi mythique formation qui nous avait pondu l’excellent disque Merriweather Post-Pavillon en 2009.

 
Mais revenons à nos moutons, avec Panda Bear qui nous sert des ambiances toujours aussi vaporeuses et que l’on sent infusées de périples de drogues, mais comme les membres d’Animal Collective s’en ont jamais cachés, c’est bien de cette manière qu’ils ont su trouver leur sonorité, sauf que maintenant, je crois que notre ours préféré en a plus besoin, puisqu’un peu comme Obélix, il est tombé dedans quand il était plus jeune!  Par contre, chez l’auditeur, c’est sensiblement le même effet qu’il recrée, malgré qu’il fasse des pièces beaucoup plus accessibles avec des éléments qui empruntent à la musique Pop que sur ses premiers enregistrements au sein du collectif. Panda Bear et l’album Tom Boy, c’est un voyage auditif au plus profond de ses pensées abstraites, une toile de Salvador Dali qui prend vie et qu’on a envie d’y revenir, puisque l’enregistrement ne produit aucun effet secondaire, sauf peut-être une accoutumance!

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Tune-Yards - Bizness (W H O K I L L) 
Panda Bear - Last Night At The Jetty (Tomboy) 
Prefuse 73 - et la pièce, (The Only She Chapters)


J’étais en appétit ce mois-ci mes amis, en nous servant une double dose d’Un Petit Goût de Boulimie, encore une fois, on peut toujours lire ces articles ici-même, en allant voir les publications précédentes. Voici la liste des pièces entendues à cette capsule.

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Wagon Christ - Manalyse This! (Toomorrow)
Gangpol & Mit - The 1000 People Band I (The 1000 Softcore Tourist People Club)
Jamie Woon - Spiral (Mirrorwriting)



BONNE ÉCOUTE EN NOTRE COMPAGNIE!

Pour notre Triple à Trois du mois de Mai, on a décidés de vous faire un tour d’horizon d’un groupe qui a un leader à la langue particulièrement bien déliée. Le but de notre capsule est de vous présenter 3 pièces tirées de 3 albums différents d’un même projet musical.


On vous parle de Subtle, un collectif mené par Adam Drucker, mieux connu sous le nom de Doseone, un rapper avec un flow hyper cérébral, comparable à celui de Busta Rhymes, mais beaucoup plus recherché au niveau des textes. Le groupe formé par Jeffrey Logan (alias Jel, l’autre moitié de Themselves avec Doseone, Dax Pierson (paralysé lors d’un accident de route en tournée, mais qui participe toujours aux enregistrements du groupe) est accompagné par 3 autre inventif et surdoués musiciens. Véritable groupe Rock, avec cette formule, notre verbomoteur s’en donne à cœur joie avec un phrasé imagé au plus haut point, quoique difficile à suivre, il faut vraiment se concentrer pour saisir les propos de ce drôle de zigoto.


Les membres principaux de Subtle ont fait proliférer plein d’autres projets en parallèle, comme Themselves, cLOUDDEAD et 13 & God qu’on attend d’ailleurs impatiemment de voir apparaitre un nouvel album de la part de ces derniers et qui devrait enfin sortir un peu plus tard cette année. Sur scène, c’est vraiment là que la magie se passe, avec les élans théâtraux de Sublte et toute l’intensité de leur musique, autant qu’au niveau des prestations vocales. Pour rendre le concept encore plus riche et complet que la majorité des projets musicaux, le groupe a fait naître un monde imaginaire doté d’un volet visuel et d’une histoire qui tourne autour d’un anti-héro nommé Hour Hero Yes, ce protagoniste qui revient à chaque nouvel album appuyé par l’univers lyrique singulier et des dessins de Doseone. Décidément, lui et sa bande n’arrêtent jamais de nous impressionner et de nous surprendre!

BLOC MUSICAL SUR LE GROUPE SUBTLE
F.K.O. (New White)
Day Dangerous (For Hero:For Fool)
Middleclass Haunt (Exiting Arm)



Pour notre capsule d’Autopsie de CD, c’est une autre parution toute fraiche qui passe sous notre microscope. On analyse cet album à fond, en vous donnant la chance d’écouter 3 extraits du plus récent opus d’un groupe qui fait sa marque depuis ces derniers mois.


Ce mois-ci, on parle de Nerdy, une formation Londonienne qui débarque avec une approche Post-Dubstep qui détonne par son équilibre entre la Pop et l’Électro de type IDM, ce qui fait que le groupe réalise une musique accessible tout en étant recherchée.  Sur Condors, leur plus récent et premier album complet, avec ses nappes sonores ambiantes et la voix puissante et émotionnelle d’Ayu Okakita, la chanteuse du trio, arrivent à captiver notre ouïe avec ses basses biens rondes qui caractérisent autant le style. La sonorité de Nedry est comparable à Soap&Skin, en version légèrement moins sombre, sinon au dernier album de Britney Spears sous l’effet de narcotiques! Faut dire que Rusko a produit les beats pour cette dernière, c’est alors pas étonnant d’entendre un dérivé du Dubstep envahir les ondes FM et c’est une bonne chose si c’est seulement pour habituer nos oreilles à des fréquences plus graves qu’à la coutume et de venir insuffler en vent rafraichissant dans l’univers de le musique Pop.



Revenons à Nedry, puisque le groupe en vaut vraiment la peine, avec ses rythmes syncopés, ses envolées lyriques vaporeuses et son enrobage mystérieux, quelque part entre le Trip-Hop à la manière de Sneaker Pimps et un mélange d’influences plus actuelles, qui font penser au projet Iamamiwhoiam mené par Jonna Lee et qui a fait beaucoup de vagues depuis la dernière année. Peut-être moins innovateurs avec leur modèle promotionnel plus conventionnel, on peut gager que le son de Nedry en fera beaucoup de bruit dans les mois à venir et que s’ils ne réussissent pas à percer le cercle trop fermé des radios, ils auront le mérite de faire bouger facilement les habitués de la scène nocturne.

PIÈCES DU DISQUE CONDORS DE NEDRY
A42 
Apples and Pears  
Where do Birds Go


En terminant, on vous propose de devenir membre de la section FIDÈLE, pour la modique somme de 5$ annuellement, vous avez accès à 4 baladodiffusions 100% musicales axées sur une thématique précise et elles ne sont que le début d'une série! En ce moment, vous pouvez également avoir accès aux entrevues avec Four Tet, Caribou, We Are Wolves et Suuns, en grande primeur 1 mois avant les autres. C'est un rendez-vous sur notre nouvelle section FIDÈLE, une autre innovation, toujours sur le site des Frères du Son!

lundi 16 mai 2011

Parution de la Semaine - 17 Mai 2011


Six longues années sans qu’on ait du nouveau de la part de la fabuleuse collaboration entre The Notwist et Themselves qui forment ensemble 13 & God. Ils sont enfin de retour avec Own Your Ghost, un deuxième album éclectique et émotionnellement autant que musicalement très fort!


Toutes les hypothèses étaient bonnes à savoir quelle forme le nouvel album allait prendre, mais même avec une imagination fertile, je n’aurais pas pu deviner qu’il allait ressembler à ça.  Sur Own Your Ghost, on  a droit à des arrangements en parfaite symbiose entre l’univers de l’Allemand Markus Archer et sa bande avec celui de Doseone et Jel, de la côte ouest Américaine. Ils parlent finalement le même langage musical pour se fusionner à un point tel que même si on se doute assez bien de qui emmène quoi au projet, on ne distingue plus la ligne qui les sépare.

13 & God - Old Age par alientransistor

Markus Archer, avec The Notwist, maîtrise sa voix depuis ses derniers enregistrements, surtout depuis le disque The Devil, You + Me paru en 2008, il a encore autant de tristesse dans sa façon de chanter qui transperce les haut-parleurs, mais il s’assume vocalement plus que jamais. Avec Jel et Doseone derrière le micro, tout le monde s’est mis de la partie pour en arriver à du vocal diversifié, qui se complète à merveille et livré d’une manière on ne peut plus honnête. En écoutant l'album Own Your Ghost, on passe par un arc-en-ciel d’influences et de couleurs différentes, comme sur la pièce Death Minor, où on croirait entendre une pièce de Beck et que dire d’Armored Scarves, de loin une des compositions les plus touchantes du disque, qui offre un des moments les plus profonds et sensibles jamais réalisé de la part de 13 & God. Ailleurs sur le disque, on retrouve des moments déroutants à travers l’album, que ce soit une introduction aux arrangements douteux aux premiers abords et qui deviennent viables dans l’ensemble de la composition. De véritables odes à la polyrythmie et aux mélanges de styles sont éparpillées partout sur Own Your Ghost.


On pense parfois à UNKLE et Radiohead sur certains passages, tout en ayant la touche qui les distingue autant de tout ce qui existe, ce qui en fait inévitablement une œuvre qui rend hommage à la musique cérébrale, à l’ère de l’abrutissement social érigé en système par les médias et la culture de masse qui nous martèlent allègrement l’esprit. Une chance qu’il existe des groupes comme 13 & God pour venir empêcher nos cerveaux de devenir des masses gélatineuses et qui stimulent n’importe-quel amateur de musique ou artiste à aller puiser encore plus loin!

samedi 14 mai 2011

Parution de la Semaine - 10 Mai 2011

La première fois qu’on entend l’album Eye Contact, la plus récente création du groupe Gang Gang Dance, dès les premiers instants, on constate que nous sommes en présence de quelque chose qui sort de l’ordinaire et de loin.

Les membres de Gang Gang Dance se sont regroupés en 2001, le quintette est originaire de la région de New-York et ensemble, ils ont faits la conception de 5 albums et 3 Maxis depuis leur début. Fidèles à leur style, le groupe a créé une œuvre axée autour de la rythmique, cahoteuse et inégale, mais qui contient des moments d’une pure jouissance auditive. Des fois, on croirait être en terrain connu, notamment avec des touches Trip-Hop à la manière d’Unkle, des ambiances similaires à GusGus ou même Matmos par endroits, bref on fait tout sauf s’ennuyer sur le dernier de Gang Gang Dance. On compare aussi le groupe à Yeasayer, Tyondai Braxton (Battles) et Black Dice.

Avec Eye Contact, leur plus récent disque, on se dit mais qu’entends-je? Est-ce du psychédélisme nippon, un trip d’acide de Yoko Ono en musique ou une pure expérimentation sonore sans queue ni tête? Une chose est certaine, les influences des premiers enregistrements d’Animal Collective, la toute aussi inspirée formation, se font sentir à travers le disque. Résumer les influences du groupe qu’à celui-là aurait pu être bien pour un autre projet musical, mais on s’en tient vraiment pas qu’à ça avec le très diversifié Eye Contact, puisque bien des sonorités juxtaposées viennent farcir nos oreilles, de sorte que c’est presqu’impossible de cerner la catégorie de ce qu’on entend et c’est très bien comme ça!


La pochette de l’album arbore un insecte magnifié, à la fois répugnant et magnifique, mi attrayant mi terrifiant, ce qui laisse présager une dynamique similaire musicalement. En l’écoutant attentivement, on se rend compte que la première impression qu’elle suscite ne nous trompe vraiment pas. Diversifiés au plus haut point, les pièces de l’album Eye Contact se suivent et ne se ressemblent pas, mais réunies, elles forment un ensemble cohérent. Avec les timbres de voix masculins/féminins qui se chevauchent et se succèdent, ça ajoute énormément à notre impression de renouveau musical, le groupe se réinvente tout en conservant les forces qui les distinguent. Avec ses sonorités à la sauce années ’80, très kitsch sur certains passages, d’autres contemporaines et par moments, très avant-gardistes, c’est un mélange d’éléments qui ne colleraient normalement pas ensemble et qui fonctionne pourtant à merveille avec Gang Gang Dance.

mardi 10 mai 2011

Concert du Mois - Mai 2011


Des fois, pour assister à un bon spectacle, ça devient nécessaire de s’exiler en région. Lors de mon dernier périple Saguenéen, en allant rendre visite à un ami à Chicoutimi, on s’est payé la traite en allant voir ce qui s’annonçait être un des évènements à ne pas manquer. Nous avons étés gâtés, le 6 mai dernier à Alma, là où se déroulait une des premières prestations de Galaxie avec la formule de Tigre et Diesel, le plus récent album d’Olivier Langevin et sa bande.


Laissez-moi vous dire que ça valait le détour pour voir ces bêtes de scène dans leur élément naturel (étant originaires de la région du Saguenay), puisque dans l’antre du Café du Clocher, un petit lieu de diffusion fort sympathique, on retrouvait une équipe du tonnerre avec Fred Fortin à la basse, Dan Thouin aux claviers, le batteur des Dales Hawerchuck et 2 choristes pour agrémenter notre expérience!


Ce fût un spectacle qui a débuté lentement, mais qui s’est déroulé d’une façon intense et intime. Les musiciens ont pris un peu de temps avant de se réchauffer, dans tout le sens du terme, puisqu’ils ont le coude léger dans ce coin de pays! Par contre, une fois partis, ils n’arrêtaient plus de nous donner tout ce qu’ils pouvaient, même qu’ils nous ont livrés une performance mémorable. Les spectateurs ont eût la chance d’entendre les meilleures pièces de Galaxie, les plus vieilles comme les nouvelles et si vous pensiez que c’est très énergique sur disques, imaginez en direct, ça déménage pas à peu près.


On a eu un enchaînement de pièces les plus festives les unes que les autres, jusqu’à l’apothéose de la finale, qui ne laissaient pratiquement aucun répit aux gens entassés dans le petit café. Moi-même j’ai été dépeigné et ce n’est pas peu dire, n’ayant pratiquement pas de cheveux sur le coco et je me suis trémoussé comme une débile au sein de la foule anonyme! L’auditoire en redemandait encore et encore, mais comme toute bonne chose a une fin, ultimement, il a fallu les laisser sortir de scène… Dommage, puisque l’auditoire commençait à peine à réagir avec grande émotion, mais c’est comme ça lorsqu’il n’y a pas de première partie pour réchauffer la salle.

Olivier Langevin

Si vous avez la chance de voir Galaxie, n’hésitez pas une seconde, vous n’en sortirez vraiment pas déçus et vous risquez même de fredonner certains airs ultra accrocheurs, les oreilles bourdonnantes, le lendemain venu!

lundi 9 mai 2011

Les Frères du Son Rencontrent - Four Tet


Nous avons eu le plaisir de s’entretenir avec Kieran Hebden, lorsqu’il était à Montréal au mois d’Octobre 2010. Il était de passage dans la métropole dans le cadre de sa tournée avec l’album There is Love in You, pour une des dernières prestations Studio du musée Juste Pour Rire, une autre salle sensationnelle qui a fermé ses portes depuis Janvier 2011, faute de rentabiliser le grand immeuble et suite à des années en déficit budgétaire. Dommage, puisque sans farces, c'était une des établissements qu'on aimait énormément!


Sans grandes fioritures, Four Tet nous a livré une performance correcte, en formule DJ Set, mais je dois avouer que je m’attendais à un peu plus de vie sur scène. L’artiste n’a malheureusement pas une forte présence sur scène, de sorte qu’il aurait fallu un peu plus qu’un éclairage un peu trop statique pour alimenter le dynamisme du spectacle davantage. Par contre, Four Tet ne manque pas de matériel quand vient le temps de nous choisir la liste des pièces qu’il désire interpréter dans sa session devant public et il ne s’est pas gêné pour nous présenter le meilleur qu’il avait à nous offrir, sans pour autant s’en tenir qu’aux pièces de son plus récent disque. Il est aussi allé puiser dans son répertoire antécédent pour le plus grand plaisir de l’auditoire. Seul sur scène à défendre ses compositions riches et complexes, il me semblait qu’une musique aussi multidimensionnelle méritait d’être présentée en formule de groupe, mais ça ne semble pas être une marque de commerce chez Four Tet et c’est bien dommage, puisque ses enregistrements laissent présager une toute autre ambiance. Surtout sachant qu’il était l’un des membres de la formation Fridge avec laquelle je ne l’ai jamais vu à l’œuvre, mais je suis persuadé que j’aurais nettement mieux apprécié leur performance!


Au niveau de notre entretien, monsieur Hebden a été très généreux de son temps, de sorte que nous avons pu avoir une conversation stimulante et enrichissante ensemble. Nous avons abordés des sujets variés, en émettant des réflexions sur l'industrie de la musique, la place que cette dernière prend dans sa vie et l'avidité comme un des problèmes sociaux majeurs. Ce qui en résulte, est une rencontre d’une grande qualité et qui s’est déroulée d’une manière très ouverte et agréable, surtout pour un artiste de sa réputation. Visiblement, en voilà un qui ne se prend pas la tête avec le succès qu’il connait depuis ces dernières années! Nous avons eu la possibilité d’avoir accès au Loft pour l’occasion de notre entrevue avec Four Tet, une des salles les moins connues de l’ancien Musée, ce qui donne résolument un cachet distinctif à notre entrevue, tant un niveau visuel qu’à l’ambiance globale de l’exercice qui portait notre invité à se livrer en toute confiance, d’une manière décontractée et en toute intimité.