dimanche 31 juillet 2011

Chef-D'oeuvre du Mois - Juillet 2011


Little Dragon est un quatuor suédois qui se démarque énormément du lot avec l’album Ritual Union et son approche Électro-Soul aux structures très accrocheuses et une voix mielleuse de Yukimi Nagano, la charismatique chanteuse du groupe que l'on peut aussi entendre sur plusieurs pièces de la formation Koop.

Sur Ritual Union, une Pop synthétique nous attend à chaque pièce de Little Dragon avec des emprunts au genre New-Wave, résolument entrainant et avec des rythmes légèrement dansants. Certainement pas du jamais vu, mais avec l’alliage de plusieurs styles, même certains éléments Dubstep, on ne s’ennuie pas une seconde avec l’écoute du plus récent album, Ritual Union. On y retrouve aussi une pointe d’Acid-Jazz dans l’approche musicale, des pistes vocales de style R&B, livrées de manière nonchalante, qui me rappellent Luscious Jackson, mais définitivement plus diversifié que ces derniers sur le plan mélodique. On dénote un positivisme qui se dégage à travers l’écoute de leur plus récent enregistrement et une grande richesse sonore avec des arrangements diversifiés, qui empruntent autant à la musique House minimaliste qu’au Drum N’ Bass.


Little Dragon est non sans me faire penser à 4Hero ou Feist et plus récemment, Jamie Woon, jusqu’à un certain point. Les émotions véhiculées sont ensoleillées, tout en demeurant légèrement nocturnes, détendues et l’ambiance générale qui se dégage de Ritual Union est du type Downtempo et hypnotique, avec des nappes sonores qui frisent parfois le style Ambiant. Une très bonne suite à Machine Dreams, leur album précédent paru 2009 et à leur excellent album homonyme, sorti en 2007, qui est passé sous le radar de bien des passionnés musicaux. Sur Ritual Union, un amalgame d’influences sont au rendez-vous pour la toute dernière mouture de Little Dragon, mais attention, même si le dragon est petit, il peut aisément en enflammer plus d'un!

mercredi 27 juillet 2011

Parution de la Semaine - 26 Juillet 2011


Le trio allemand Atari Teenage Riot, formé en 1992, s'est réuni pour l'enregistrement d'Is This Hyperreal?, leur premier disque paru en 12 ans.

Atari Teenage Riot - Activate! par Alec Empire / ATR

La formation Atari Teenage Riot est de retour après plus d'une décennie d'absence, puisqu'ils ont dû faire le deuil de leur parolier principal, décédé en 2001, après une bataille perpétuelle avec une maladie mentale et une toxicomanie. La formation a aussi subie la perte de certains membres clé du projet et de proches collaborateurs au fil du temps, ce qui en soit aurait bien pu marquer la fin pour n’importe-quel groupe, mais les voici qu'ils reviennent plus en rébellion envers le système et inspirés que jamais avec le très intense album Is This Hyperreal?


Intense n’est pas le mot pour décrire l’expérience qui découle de l’écoute d'Is This Hyperreal?, c’est certain qu'on nous sert une formule très similaire à laquelle Atari Teenage Riot nous a habituée et celle qui a inspirée de nombreux groupes comme Duchess Says, Death From Above 1979 et Vulgar You! entre autres. Une ambiance survoltée se dégage de chaque pièce de cet album avec des paroles qui invitent à la révolte et ses messages qui se veulent aussi subtils qu’un éléphant blanc dans un champ de fraises. À l’ère numérique et les rapports que nous entretenons avec l’Internet qui deviennent de plus en plus prenants dans nos sociétés postmodernes, le groupe soulève plusieurs questions. Les sujets  abordés dans les textes du dernier disque d’Atari Teenage Riot sont une variation sous le même thème où on y parle de la perte de nos vies privées, la transmission d’informations à des fins plus que louches et malsaines, nos interrelations complètement déconnectés de la réalité, la banalisation de la violence et surtout, le contrôle gouvernemental. Tel un reflet d’une génération et une véritable critique sociale à l’heure d’une remontée de la droite mondiale, qui est non sans faire penser aux systèmes totalitaires, on a bien besoin d’artistes et d’œuvres qui tente de brasser la cage de l’establishment.


Dès les premières notes de leur tout nouveau disque Atari Teenage Riot nous entraine dans leur énergie déjantée au possible et agressive, ce qui fait de l’album Is This Hyperreal? un enregistrement thérapeutique, surtout si on est à la recherche d’un exutoire. Pas depuis Rage Against the Machine a-t-on senti une telle haine envers le capitalisme sauvage, la répression peu importe sa forme et la ségrégation des peuples causée par les écarts entres nos échelles de valeurs de nos différentes idéologies religieuses. Au niveau musical, on revient avec la formule Électro-Rock aux penchants Drum N’ Bass avec des envolées hardcore dans la veine Métal ou Punk, qui rappelle vaguement The Prodigy au niveau de l’attitude véhiculé, calculée mais sans retenue. Garni en grands crescendos qui ne cessent de culminer en intensité, sinon de vagues sonores qui nous happent du début jusqu’à la fin de leur tout dernier et inespéré disque Is This Hyperreal?, on ressort inévitablement de notre écoute eu peu désabusé et peut-être même un peu paranoïaque au niveau de notre regard sur l’avenir et le monde qui nous entoure... La question se pose : est-ce une mauvaise chose en soit d’en être conscient? Une chose est sûre, Atari Teenage Riot, c'est comme une vraie claque au visage, émotionnellement et musicalement parlant!

mercredi 20 juillet 2011

Parution de la Semaine - 19 Juillet 2011


Babe Rainbow est le nom que s’est donné l’artiste de Vancouver, Cameron Reed, qui produit des pièces qui s’apparentent au genre Dubstep instrumental sombre et mystérieux avec  Endless Path, son 2e Maxi.

You'll Wanna Be déjà du nouveau de Babe Rainbow!

Rares sont mes critiques pour des demi albums, mais je crois sincèrement, que ça vaut vraiment la peine de faire mention de celui de Babe Rainbow, puisque les albums stimulants en cette période-ci de l’année ne se font pas légion… En écoutant Endless Paths, avec ses airs sombres et ses rythmes Hip-Hop, on pourrait dire que l’étiquette Dubstep est apposée sur pratiquement tout ce qui semble Électro non-conventionnel, faute de trouver un descriptif autre que ce mot qui nous brûle les lèvres! Bien que  certains éléments y soient présents, résumer ce que fait Babe Rainbow qu’à ce mot est beaucoup trop étouffant pour cerner adéquatement le genre que fait le producteur. Des nappes ambiantes nous enveloppent, un peu à la manière de Baths et la formation Saroos, une juxtaposition de styles qui forment quelque chose de dynamique et rafraichissant dans le paysage musical actuel qui ne cesse de se métisser et de se diversifier.


Avec Endless Path, Babe Rainbow a réalisé une belle continuité de Shaved, son Maxi précédent, celui-là qui, sur certaines pièces comme Screwby, lui faisait mériter son étiquette Dubstep qu’on lui a apposée. Seul bémol du nouveau EP, la pièce Greed et le rapper avec son flot et ses mots plutôt ordinaires qui y figurent. On ne crie pas haut et fort la collaboration sur cette pièce et on comprend plutôt pourquoi, puisqu’elle n’ajoute absolument rien de valable et qui fait que l’on s’ennuie un peu des pièces sans paroles qui forment un mini-album jusque-là très efficace et atmosphérique. Trop court, tel est l’effet d’un EP, on se demande quand ou même si un album complet de l'artiste sortira et surtout, quelle forme décidera-t-il de prendre, une chose est pratiquement assurée, il arrivera à nous surprendre! Sans oublier le dérangeant vidéo pour la pièce It's All Happening qui a lancé le buzz autour de Babe Rainbow et je dois dire que c’est avec raison!

vendredi 15 juillet 2011

Parution de la Semaine - 12 Juillet 2011


Le mystérieux producteur Anglais derrière le pseudonyme Zomby revient après de multiples apparitions sur des compilations de musique Électronique avec son troisième album Dedication, une œuvre dévouée au genre Dubstep et aux accents IDM.

L’artiste, sur lequel on sait encore peu de choses, a bâti sa notoriété avec de nombreuses contributions musicales, que ce soit des maxis, singles et des remixes, sur la jeune et rafraichissante étiquette Hyperdub. Récemment signé par 4AD pour Dedication, sa plus récente création, Zomby a créé un enregistrement qui n’est vraiment pas qu’un de ceux qui suit simplement la vague Dubstep, mais qui pousse beaucoup plus loin que la majorité en y incluant des sonorités issues des techniques de micro-échantillonnage et des synthés 8-bit. Zomby a créé des mélodies hypnotiques, un peu comme on retrouve dans le genre Techno-minimaliste à travers les structures des pièces de son plus récent disque. On retrouve sur la pièce Things Fall Apart l'apport vocal de Noah Lennox de la formation Animal Colective. Ailleurs sur la galette, on entend des rythmes et des sons qui me font penser au style Jungle, jusqu’à un certain point. Pas étonnant, puisque l’artiste fait partis des chefs de file du genre Dubstep et ne cesse de se réinventer et de faire évoluer le style qui peut rapidement verser dans la redondance lorsque les artistes adhèrent un peu trop à la sauce sans y ajouter des éléments de d’autres formes de musiques.


Assurément, une ambiance nocturne émane des pièces entendues sur le disque Dedication. Leurs structures sont entrainantes et hypnotiques, mais ne perdent pas leur sens même si on les écoutes en plein jour, puisqu’elles ne versent jamais dans le trop Ambiant. Les pièces, généralement sous la barre des 3 minutes, ne s’éternisent pas et n’ont pas le temps de perdre en efficacité. L’album complet, tant qu’à lui, est aussi dans cette lignée de pensée, puisqu’il dure à peine plus d’une demi-heure, de sorte qu’on en redemande, malgré que Zomby nous laisse vraiment pas sur notre faim. Rassasié de notre écoute, grâce à la polyrythmie et aux subtilités des compositions habilement ficelées, ce qui fait de Dedication une œuvre très accrocheuse, sans pour autant passer à l’histoire, mais qui apporte son lot de finesse et d’innovations. Décidément, Zomby s’est taillé une place parmi les plus grands dans le milieu de la musique en marge et démontre qu’il ne manque pas d’inspiration et encore moins de talent!


dimanche 10 juillet 2011

Baladodiffusion des Frères du Son - Édition Estivale 2011


Pour vous divertir et vous tenir compagnie par ces chaudes journées et soirées d'été, nous vous avons concocté une émission spéciale de 2 heures de musique enivrante. Au menu ce mois-ci, des pièces de Grand Corps Malade pour souligner notre rencontre avec lui, disponible dès maintenant en s'abonnant à la section Fidèle du site des Frères du Son, toujours pour la modique somme de 5$ annuellement, en grande primeur pour la saison estivale! Avec votre abonnement, vous avez également accès à notre compilation numérique exclusive en téléchargement et bien d'autres primeurs! Restez des nôtres, puisqu'on a pas fini de vous surprendre, en vous souhaitant une bonne écoute en notre compagnie!


À notre antenne, on vous sert notre capsule mensuelle d'Un Petit Goût de Boulimie, où on vous fait la rétrospective des meilleures parutions critiqués ici-même au cour des dernières semaines. Si vous voulez en savoir plus sur les artistes entendus dans notre chronique, vous pouvez consulter les articles antérieurs publiés antérieurement.

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Amiina - Asinn (Puzzle)
13 & God - Amored Scaves (Own Your Ghost)
Son Lux - Rising (We Are Rising)


Pour notre capsule d’Autopsie de CD, cette fois on vous a sélectionné une nouveauté toute fraiche d’un artiste qui repousse les frontières du Folk en y alliant des éléments qui sortent vraiment de l’ordinaire. Pour cette première chronique de 2 autopsies, c'est Bon Iver qui est l'heureux élu pour se fait décortiquer son plus récent disque et en s'en donne à cœur joie en vous faisant entendre 3 pièces tirées de son tout récent disque homonyme.

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Calgary
Holocene
Perth





Pour cette capsule de Mon Étiquette c’est ma Casquette, on vous propose une incursion à l’intérieur d’une maison de disques qui n’est vraiment pas moche, malgré son appellation. Elle nous présente constamment de la musique très inspirée et on peut toujours compter sur elle quand on recherche de nouvelles sonorités stimulantes à découvrir. 


On parle de Mush Records, une étiquette indépendante spécialisée dans la musique éclectique aux penchants expérimentaux, qui comprend autant des artistes qui font dans le Hip-Hop abstrait, l’Indie-Rock débridé, l’Électro instrumental et le Folk saturé. Fondée en 1997 à Cincinnati, la maison de disque est, à la base, associée au studio de production musical Dirty Loop Music et elle est actuellement située à Los Angeles, après maintes relocalisations. Au catalogue de Mush Records, on retrouve une liste impressionnante d’artistes comme : Busdriver, Boom Bip, Bibio, Loden, cLOUDDEAD, Doseone, Jel, Odd Nosdam, Lymbyc Systym, Zoon Van Snook, Daedelus et bien d’autres noms étranges, mais assez réputés dans le monde de la musique marginale.

On commence à vous faire le tour de Mush Records par une récente addition de l’étiquette avec A Lull, qui est le projet musical qui mélange les cerveaux de Nigel Evan Dennis, Todd Miller and Mike Brown, qui allient plusieurs styles ensemble et au menu sur Confetti,  le deuxième album d’A Lull, beaucoup de polyrythmie et des structure hypnotiques aux élans un peu psychédéliques. Par moments, on peut penser à la formation Elbow, d’autres à Braids, d’autres fois encore à Son Lux ou PVT (Pivot), c’est une sonorité complexe tout en ayant une base Pop, à l’image de la pochette du disque, c’est indescriptible et très beau. On dirait qu’A Lull mélange 3 pièces qu’il nous joue simultanément, ce qui suscite plusieurs écoutes, étant un enregistrement multidimensionnel. On passe par des émotions fortes à l’écoute du disque, généralement dans un état d’esprit positif, intense et motivant, pour une raison que je n’arrive pas à cerner et on sort de cette expérience insufflé de vibrations positives. On ne peut pas se lasser rapidement des pièces du disque Confetti, puisque presqu’à chaque fois qu’on l’entend, on y retrouve quelque chose de nouveau!

On continue avec Melting Season, le projet du multi-instrumentiste Bruce Bay, originaire du Texas. Avec son premier album au titre inusité d’Harmoni-Pet Deluxe, Melting Season nous sert une bonne dose de sons superposés variés, assez psychédéliques aux structures hypnotiques et aux voix noyés dans les effets. Les rythmes sont mis en avant-plan, puisqu’à la base, l’artiste est un percussionniste depuis sa tendre enfance, mais il n’a pas tardé d’étendre son champs d’intérêts à une panoplie d’autres instruments tels que la guitare, la basse, le violon, le piano à pouces, la harpe et de nombreux enregistrements de sons recueillis ici et là. Melting Season est diplômé en philosophie et il s’inspire autant d’art Asiatique, de bandes-dessinées, de chats, de sauts de falaises, un de ses passetemps préférés et visiblement, les influences d’Animal Collective sont palpables dans ses confections sonores. Disons seulement, que c’est impossible de s’ennuyer avec les compositions éclatées de ce savant fou musical qu’est Melting Season!
 
On termine la capsule avec Deru qui fait un genre d’Électro/Hip-Hop qui peut avantageusement se comparer à Prefuse 73, Odd Nosdam et Flying Lotus, finalement, quelque chose qui se trouve vraiment pas à tous les coins de rues! Sur son album Say Goodbye to Useless, Benjamin Wynn, le producteur basé à Los Angeles derrière le pseudonyme Deru, allie des éléments Glitch, IDM et du style Ambiant. L’artiste ayant une formation en architecture, arrive à combler le plus demandant et désabusé connaisseur musical avec ses constructions sonores à la fois épurées, complexes et émouvantes, qui ne peuvent faire autrement que d’interpeller!

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
A Lull - Weapons For War (Confetti)
Melting Season - On the Ground (Harmoni-Pet Deluxe) 
Deru - I Want (Say Goodbye to Useless)



Imaginez-vous donc, qu’on a eu la chance de s’entretenir avec nul autre que Grand Corps Malade lors de son passage aux Francofolies et pour l’occasion, on s’est dit qu’il fallait bien faire une capsule en son honneur! Grand Corps Malade, c’est Fabien Marsaud, originaire de Seine Saint-Denis, un département Français juste au nord-est de Paris. En 1997, alors qu’il a 20 ans et où il est animateur dans un camp de vacances, il se chamaille avec des amis au bord d’une piscine au niveau d’eau trop bas. Suite à son plongeon qui lui laisse une blessure aux vertèbres, il reçoit le tragique diagnostique qu’il perdra l’usage de ses jambes pour le reste de sa vie. Après quelques années de rééducation physique, il retrouve l’usage de ses jambes et se déplace avec l’aide d’une canne. Quelques années plus tard, Fabien qui aime et qui a toujours été habile avec la langue Française, commence à écrire plus sérieusement des textes et passe d’un talentueux joueur de basket à un poète des temps moderne, c’est à ce moment que Grand Corps Malade est né. Sous la forme de Slam ou Spoken Word, c’est-à-dire, de textes récités, originalement sans musique de fond, il commence à s’initier à sa nouvelle passion dès 2003, dans différents petits établissements autour de Paris. Dans les années qui suivent, Grand Corps Malade est très actif dans l’effervescente scène Slam, il s’implique dans différent évènements du style, il en organise et s’entoure d’autres artistes qui partagent la même forme d’art. Suite à des prestations à différents festivals culturels en 2005 et après une première partie pour un spectacle de Cheb Mami au Stade de France, il se fait approcher par S Petit Nico qui lui propose de faire la conception d’une musique pour accompagner sa profonde et touchante poésie. C’est à ce moment que sa carrière musicale prend véritablement son envol et qu’il enregistre Midi20, son premier album qui connait un retentissant succès en 2006. Après une tournée exhaustive, de nombreux prix, des apparitions télévisuelles pour faire la promotion de cette nouvelle forme musicale, il a aujourd’hui, atteint une notoriété à travers toute la francophonie. Les chansons de Grand Corps Malade sont même étudiées par des étudiants universitaires, il s’implique aussi dans sa communauté, que ce soit avec les jeunes, les ainés et les détenus avec ses ateliers Slam pour emmener la poésie dans le quotidien des gens. À mon humble avis, je pense qu’il a réussis son pari!

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Midi 20 (Midi20)
Pères et Mères (Enfant de la Ville)
Roméo Kiff Juliette (3e Temps)



Avec notre capsule d’Une Note vaut Mille Mots qui est axée, comme vous l’aurez devinez, sur la musique instrumentale, cette fois-ci, pour notre spécial estival, nous avons remués ciel et terre pour vous présenter une chronique du tonnerre! Afin d'en savoir davantage sur les artistes abordés dans cette chronique, je vous propose également de consulter les articles publiés ultérieurement sur ce blogue…

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Ocote Soul Sounds - Pirata (Taurus)
Turtleboy - Inner Space (Smart Matter)
Amon Tobin - Lost & Found (Isam)



Avec cette deuxième capsule d’Autopsie de CD, on retourne dans le temps pour vous parler d’un mythique duo de musique électronique. Une des formations qui ont été à l’avant-garde de la scène Dance et Techno depuis le début des années ’90, vous vous demandez de qui il est question? C’est parfait parce que les Frères du Son vont enfin dévoiler une des raisons de notre appellation, puisqu’on s’est un peu inspirés de leur nom.


Eh oui, on parle des Chemical Brothers, qui ont fait partis des pionniers de la scène Big Beat, qui mélangent le Breakbeat, le Trip-Hop et beaucoup de House avec des influences de musique du monde. Le duo de DJ Britannique est composé d’Ed Simons et Tom Rowlands, ils ont émergés au début des années ’90 au même moment que Fatboy Slim, The Prodigy et The Crystal Method. En fusionnant des éléments de Rock, de Dance et d’échantillons variés aux accents légèrement psychédéliques, les frères chimiques avaient trouvés la recette parfaite pour combler autant les amateurs des pistes de danse que les stations radio et les chaîne spécialisés dans les vidéoclips, d’Europe aussi bien qu’en Amérique. À l’origine, ils se nommaient les Dust Brothers, en l’honneur de l’équipe de production derrière l’album Paul’s Boutique des Beastie Boys, un des albums fétiches du duo et ils ont étés appelés à changer de nom après une poursuite judiciaire par les membres originaux des premiers Dust Brothers. Les Chemical Brothers ont alliés leurs influences musicales variés pour arriver à leur propre sonorité vers le milieu des années ’90 en enregistrant leur premier album Exit Planet Dust, en mémoire du nom qu’ils venaient de laisser derrière eux et le reste fait désormais partie de l’histoire de la musique électro. Pour ce qui est de leur disque Push the Button, leur 5e album paru en 2005, ils se sont entourés d’une pléthore de collaborateurs, dont Tim Burgess chanteur des Charlatans, Kele Okereke de Bloc Party, de la chanteuse Anna-Lynne Williams aussi connue sous le nom Lotte Kestner, du rapper Q-Tip et du MC Anwar Superstar le protégé de Mos Def. La pièce Galvanise a été le première à sortir et à être le sujet d’un concours de remixe par le public avec le logiciel Acid Pro de Sony. Push the Button n’est peut-être pas le meilleur album des Chemcial Brothers, mais il a le mérite de pousser le duo à se réinventer après la grosse vague Électroclash. Sans être un disque reversant, il contient son lot de pièces intéressantes et réaffirme que les frères sont là pour rester!

Alors voilà le secret derrière notre choix de nom, on a plus rien à vous cacher! D'ailleurs, ils ont récemment réalisés la trame sonore pour le film Hanna, d'une manière magistrale et assez inhabituelle, quand on connait leur registre du passé, puis on se dit: si Daftpunk l'a si bien fait, alors pourquoi pas! On dirait que nous sommes témoin de la consécration de certain producteurs de musique Électronique. Maintenant, on vous propose la bande annonce du film et, pour revenir à notre balado, une visite guidée de l’album Push the Button des Chemical Brothers, tout ça, aux Brothers of Sound!

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Galvanise 
Close Your Eyes 
Hold Tight London



BON ÉTÉ, NOUS SERONS DE RETOUR DÈS SEPTEMBRE!

vendredi 8 juillet 2011

Parution de la Semaine - 5 Juillet 2011


Brian Eno est déjà de retour après sa collaboration avec Jon Hopkins l’an dernier, le voici qu’il revient avec Drums Between the Bells 1, un autre album qui réussis à nous surprendre, même après autant d’années de créations musicales.

Brian Eno - Pour it Out (Drums Between The Bells) sur Warp Records

Tout porte à croire que depuis qu’il est signé sur l’étiquette Warp, l’artiste a retrouvé son inspiration et se pousse à sortir de sa zone de confort en ne répétant pas sans cesse ce qui l’a rendu légendaire, c’est-à-dire, ses nappes sonores dans le genre ambiant-minimaliste aux tendances qui empruntent au style classique contemporain. Les pistes que l’artiste a créées pour l’album Drum Between the Bells 1 sont vocales, chose rare dans l’univers de Brian Eno, l'artiste qui nous a plutôt habitués à des compositions instrumentales depuis des lustres, on est surpris par l’omniprésence des mots et la diversité de ses interprètes. Ce sont des poèmes de la plume impressionniste de Rick Holland récités par des voix féminines et masculines, qui ne nous sont pas divulgués… On croit reconnaître Marianne Faithfull, entre autres, de grands noms que l’on devine emballés par l’idée de collaborer, chacun à leurs manières, à ce nouvel enregistrement d’une légende vivante qui viennent se juxtaposer à de magnifiques proses.


On pourrait pratiquement confondre le dernier disque de Brian Eno pour être une œuvre de Moby, tellement qu’il allie des éléments planants à des mélodies un peu plus Pop et des structures qui résident dans la veine expérimentale. C’est également l’ajout des voix, principalement féminines, qui font en sorte qu’on trace le parallèle entre les 2 artistes. Une ambiance un peu sombre et mystérieuse gravite autour de chaque pièce du disque, de sorte qu’on en ressort calmes et énergiques, surtout à l’écoute de la pièce Sounds Alien qui prend des airs de Rock-industriel qui se mélange à des accents Afrobeat et certains éléments qui pourraient être qualifiés de Trip-Hop. Une omniprésence du genre New-Wave plane tout au long de l’album, ce qui n’est pas vraiment surprenant lorsqu’on connait le travail de M.Eno. Ce qu’il l’est, c’est plutôt l’amalgame d’influence très diversifiés, pour ce qui est le premier volume d’une série, puisque comme le titre l’indique, Drums Between the Bells 1, il y aura sans aucun doute une suite. Ce qui suscite quelques questions, comme quelle forme prendra-t-il et quand peut-on s’attendre à le voir arriver, mais surtout est-ce que c’est une trilogie ou plus encore? Qui sait avec un artiste de la trempe et la réputation de Brian Eno.

dimanche 3 juillet 2011

Spectacle du Mois - Juillet 2011


La formation Norvégienne Jaga Jazzist a donné une prestation qui déménage, vendredi le 1er Juillet au Club Soda, alors qu’elle était de passage dans la belle province pour le Festival International de Jazz de Montréal, 32e mouture.


Le groupe était venu faire entendre des extraits de One-Armed Bandit, son plus récent album sur l'étiquette Ninja Tune, mais aussi des pièces de leur répertoire antérieur, puisqu’il n’était pas débarqué en ville depuis plus de 7 ans. Personnellement, le choix de la salle m’a un peu surpris de prime abord, puisque je savais que Jaga Jazzist a une notoriété dans le milieu musical underground (ayant plus de 15 ans d’existence), amplement suffisant pour remplir le Gésu, mais j’étais plutôt sceptique que le Club Soda allait faire salle comble. Même en début de soirée, juste avant que le spectacle débute, bien peu de gens avaient pris place au parterre... Inquiétant pour les promoteurs, puisqu’il n’y avait pas de première partie, mais heureusement, l’enceinte du théâtre s’est rapidement remplie peu avant l’entrée en scène des musiciens qui ont été accueillis très chaleureusement par la foule, que l’on devinait gagnée d’avance et en toute connaissance de cause. La scène, pratiquement remplie d'instruments, nous indiquait une richesse musicale digne de leurs plus grands enregistrements et aussi haute que les attentes du public à l'égard de leur réputation en anticipant l'intensité de leur prestance scénique.



Visiblement heureux d’être sur scène, les 9 membres de Jaga Jazzist ont pris peu de temps avant de mettre la table pour une soirée qui promettait d’être d’un dynamisme sans égal et quelque peu psychédélique. Au menu, toute une recherche musicale qui allie du Nu-Jazz aux touches de Rock-progressif avec des élans de Free-Jazz et une bonne dose de Post-Rock, comparable aux formations Tortoise et Turtleboy. Tout ces descriptifs pour dire que le public a été témoin d’une prestation haute en couleur par la virtuosité des musiciens et gâtés en structures expérimentales, frisant parfois la cacophonie, pour mieux revenir à la mélodie de base avec brio, comme tout excellent ensemble Jazz-contemporain le ferait. Certains puristes du genre ont pu avoir un peu de difficulté à l'assimiler, mais il faut, préalablement, apprivoiser la musique de la formation scandinave avant d’être en mesure d’apprécier leur représentation qui était étonnamment similaire aux complexes ambiances entendues sur leurs enregistrements, mais avec des fenêtres d’improvisations assez grandes pour nous surprendre et ce, même avec les pièces plus connues!
 

Les spectateurs, avec une forte prédominance masculine, se sont trémoussés autant que les membres de Jaga Jazzist s’en sont donnés à cœur joie sur scène! Leur spectacle haut en couleur et très énergique, donnait envie à l’audience de ne jamais quitter l’endroit, de sorte que 3 rappels ont été nécessaires avant de rallumer les fatidiques lumières de la salle et de nous ramener à la réalité. Mais quelle soirée ce fût, je n'ai pas été aussi étonné de ce qui se déroulait sous mes yeux depuis le spectacle de Flat Earth Society, au même festival, dans l'antre du feu Cabaret du Musée Juste pour Rire en 2007, et ÇA, ce n’est pas peu dire!

Extrait de Jaga Jazzist dans le feu de l'action courtoisie de choibolsan.com