dimanche 28 août 2011

Parution de la Semaine - 23 Août 2011


Active Child est le projet d'un seul homme, Pat Grossi, résident de la côte ouest américaine, qui réalise des pièces éthérées tout en demeurant accessibles sur son album You Are All I See.

Un mélange de psychédélique à la sauce d'Animal Collective et de leurs nombreux successeurs, mais avec quelque chose de Soul à la James Blake (avec lequel il a d'ailleurs tourné et on ne se demande pas pourquoi), en version un peu plus étoffé au niveau des arrangements et une touche similaire à Baths pour le volet Ambiant, c'est notre première impression à l'écoute de son plus récent disque. On ressent une pointe d'influences New-Wave dans le mélange, mais avec un vocal beaucoup plus assumé, un peu à la manière de Fredo Viola. C'est bien compréhensible, puisque tous deux sont issus d'un parcours musical étoffé sur le plan vocal, ce dernier vient du milieu classique, tandis que notre protagoniste a œuvré au sein de chœurs. Ses vocalises me font parfois un peu penser à celles de Lisa Gerrard, la voix de Dead Can Dance. Active Child n'a pas qu'un bel organe vocal, mais des doigts de fée aussi, puisque c'est lui qu'on entend à la harpe un peu partout à travers l'album. Quand on écoute le disque You Are All I See, on pense aussi à M83 et School of Seven Bells, pour l'aspect accrocheur un peu plus Pop-Ambiante.

Extraits du disque You Are All I See d'Active Child sur Vagrant Records

Ayant parcouru différentes avenues musicales et étant à un palier d'exploration musicale satisfaisant à ses yeux et une philosophie particulière, Pat Grossi s'est aventuré assez loin pour revenir avec une son qui lui est propre malgré les emprunts, mais surtout, gage d'un avenir prometteur s'il persiste à nous emmener dans des sentiers peu fréquentés comme il l'a si brillamment fait avec le disque You Are All I See. Reste à voir qu'elle tangente l'artiste prendra à l'avenir, où en sera rendu l'univers musical à ce moment-là, mais surtout, où nous seront rendu, auditeurs et mélomanes dans notre cheminement collectif? Peu importe, puisqu'on nous a préparé un périple auditif et émotionnel qui dépasse légèrement la barre des 40 minutes, un enregistrement avec une sonorité très léchée, stylisée, sans pour autant verser dans la caricature, indéfinissable par un style précis, un de ceux qui repoussent les limites entre l'exploratoire et l'accessible, c'est ce que j'aime chez Active Child! EN SPECTACLE - Mardi 13 Septembre @La Casa Del Popolo.

samedi 20 août 2011

Parution de la Semaine - 16 Août 2011


SØLYST est le projet solo du batteur de la formation Post-Rock, Électro-ambiante, Jazz-expérimentale, Kreidler, l’allemand Thomas Klein, qui mélange habilement sons analogiques et synthétiques sur son premier album homonyme.


SØLYST produit des rythmes hypnotiques avec ses basses bien grasses, où on ressent la présence de vrais instruments comme les percussions combinées à ses nappes de claviers qui donnent une ambiance mystérieuse et dramatique. On pourrait facilement étiqueter le genre IDM ou Post-Rock pour décrire le genre musical, mais ça ne serait pas vraiment rendre justice à la complexité des compositions et leurs juxtapositions de sons. Les structures ont une bonne part d’exploration sonore, tout en ayant un côté Ambiant prononcé et des répétitions accrocheuses et un choix d’instrumentation qui interpelle et se démarque de la majorité des productions dans le genre. Quelque chose de tribal se dégage de certaines pièces, je dirais même que c’est le fil conducteur de l’enregistrement de SØLYST, de sorte qu’on entre pratiquement en transe dès les premières mesures de l’album!

SØLYST - Malstrøm sur Bureau B

De lentes progressions en intensités sont le mot d’ordre pratiquement dans chaque pièce du disque de SØLYST, qui fait en sorte que notre écoute est stimulante et pratiquement différente à chaque fois, grâce à la polyrythmie irrégulière et du traitement sonore employé. Une musique instrumentale sur une base Électro, mais avec des sonorités qui semblent organiques. C’est un disque qui donne autant le goût de danser que de se cantonner dans son divan à divaguer, entraînés par la musique. Un de ces enregistrements qui font que les producteurs de musique se découragent à force d’entendre et de constater à quel point il y a du talent et de la place encore pour des œuvres qui étonnent ou détonnent même du lot. Les amateurs de musique éclectique et recherchés sont servis avec SØLYST, c’est ce qui en ressort de plus positif! On pense à Caribou ou Four Tet en termes d’artistes qui font une musique comparable et à Unkle et To Rococo Rot (avec laquelle il partage le bassiste) pour le volet plus Rock qui ajoute le mordant à son premier disque très inspiré. Je dois avouer que je connais la formation To Rococo Rot et j'apprécie ce qu'elle fait, mais je n'avais jamais entendu de Kreidler avant et c'est toute une révélation à mon humble avis!

Très interpellant montage pour la pièce Kremlin Rules de la formation Kreidler

dimanche 14 août 2011

Spectacle du Mois - Août 2011


Depuis ses premiers balbutiements au débuts des années '90, pour en arriver à la mouture actuelle, la démarche créative derrière l'Ensemble Karel a passé à travers de nombreuses et étonnantes métamorphoses. Mené de main de maître par Michel Smith depuis 1998, il est graduellement passé du groupe à vélo, à des conceptions avec du matériel réutilisé, au numéro actuel munis de chars électriques, auto-amplifiés, véritables bijoux d’ingénierie pure. Musicalement exploratoire, près de la Musique Actuelle aux tangentes Électro-Rock.



L'Ensemble Karel était de passage dans la capitale de la région des Laurentides pour Estiv'Art, qui est une journée gratuite d'évènements culturels offerte au centre-ville de Saint-Jérôme par le biais du Musée d'Art Contemporain des Laurentides et de son équipe de dévoués bénévoles. Pour sa deuxième édition, avec sa brochette d'activités autour de la thématique de l'environnement, nous avions droit à une visite guidée de l'exposition de Steven Siegel au Musée.


On nous avait également préparé quelques activités participatives à la Place de la Gare avec le collectif Zoné Vert ainsi que d'autres artistes qui utilisent des matériaux recyclés comme matière première. Seul bémol, malgré une journée éclatante, peu nombreux étaient les gens présents, faute d'avoir accès au train de banlieue en départ de Montréal pour venir attirer un plus grand public, comme le succès retentissant qu'a connu l'évènement l'an dernier et c'est bien dommage pour ceux qui ont manqué cette journée haute en couleur!


L'Ensemble Karel a pris un certain temps pour recharger les piles de leurs chars allégoriques nouveaux genres avant de nous offrir une belle performance, autant scénique que technologique. Une prestation inspirée, très théâtrale et étonnante par son inventivité, autant artistique que technique. Ingénieuse, dans le meilleur sens du terme, issue d'une profonde recherche musicale et d'une visible passion technologique. Avec un dialecte qui m'est inconnu au niveau des paroles, poussées par la puissante voix de la chanteuse et conjointe de Michel Smith, combinée à ses compositions aux penchants Rock-Progressif aux élans expérimentaux, ils ont récemment fait une affaire familiale de leur projet en y impliquant leurs enfants pour venir compléter leur formation. Ce qui en font des prestations électroacoustiques chargés, tant au niveau de la diversités des instruments et de ses multiples possibilités, qu'au niveau d'un impressionnant arsenal informatique à bord, et ce, dès le départ, même de plus en plus... Pratiquement aussi envoutant et rempli de mysticisme qu'un numéro du Cirque du Soleil!

Prestation intérieure formule 2008

jeudi 11 août 2011

Parution de la Semaine - 9 Août 2011


The Horrors est un quintette britannique formé en 2005 qui fait dans un Rock atmosphérique aux touches psychédéliques et synthétiques.

The Horrors s'est fait remarqué par un plus vaste public grâce au magazine NME et en assurant la première partie pour les formations Crystal Castles et These New Puritans, entres autres. Le groupe s'est bien entouré, avec Geoff Barrow, la magicien sonore derrière Portishead et du réalisateur Chris Cunnigham, qui ont assurés la production de Strange House, leur album précédent, pas mal pour une seconde salve tout de même! Pour leur troisième album, habilement intitulé Skying, on retrouve une ambiance éthéré au possible, qui est non sans rappeler Interpol en version un peu plus lumineuse et moins dramatique c'est un des ces enregistrements où on a l’impression de marcher dans la ouate, avec des arrangements riches, noyé dans les effets, autant dans la voix que les instruments. On a l’impression de se retrouver dans un rêve éveillé, sans s’endormir, loin de là, puisque la musique de The Horrors est beaucoup plus accrocheuse et rythmée que ce que l’on pourrait s’attendre pour le genre. L’ambiance est réconfortante, malgré l’espèce d’effet de narcotiques que l’on ressent à travers l’écoute des pièces de l’album Skying, qui n’est rien de révolutionnaire, mais très bien exécuté avec des emprunts à des groupes inspirés, le tout interprété de manière honnête et efficace. On pense aussi aux Flaming Lips et à bien des groupes issus de la vague Indie-Rock britannique, mais avec un petit quelques chose qui se démarque du lot.

The Horrors - 2 pièces de Skying par selftitledmag

The Horrors participeront à I'll Be Your Mirror, une variation du festival All Tomorrow's Parties, organisé en partenariat avec Portishead, qui se déroulera du 30 septembre au 2 octobre prochain dans la ville d'Asbury Park au New-Jersey. Le groupe sera également de passage à Montréal, juste avant de s'y rendre, soit le 28 septembre, pour présenter leur nouveau matériel devant le public du Café Campus.

jeudi 4 août 2011

Parution de la Semaine - 2 Août 2011


Franchement inspiré et rafraichissant, l'album The Kenya Sessions de l'allemand Sven Kacirek et sa suite, The Kenya Reworks, valent vraiment le peine qu’on s’y attardent avec leurs métissages de styles qui s’approchent de l’Acid-Jazz, qui rencontrent les sonorités typique de cette région d’Afrique.

Pour ce qui est de son prédécesseur, l’œuvre complètement  atypique The Kenya Sessions, avec la richesse de ses arrangements et ses compositions subtiles et toutes en reliefs, combinés à une production magistrale de Sven Kacirek, elle est tout simplement envoutante. Avec l'apport d'un éventail d'artistes enregistrés au Kenya, ils ont collaborés, chacun dans leurs univers distinctifs, pour donner vie à des enregistrements qui se démarquent de tout ce qui existe, tout en englobant plusieurs éléments du lot et qui accompagne le milieu de la saison estivale à merveille! Par contre, l'album est initialement paru au mois de février 2011 et c'est bien dommage qu'il me soit complètement passé sous le radar à ce moment-là, mais une chance qu'il y a eu la suite, puisque j'en aurais peut-être jamais eu vent. Sur ces deux albums, on peut y entendre des structures toutes en reliefs avec des bruits de fonds qui dépeignent, un tant soit peu, la vie au Kenya, ce qui ajoute énormément à l’ambiance globale du disque en nous dépaysant de notre quotidien d’occidentaux, tout en faisant travailler notre imaginaire. The Kenya Sessions et Reworks transpirent d'authenticité, on y entend les artistes s'exprimer pratiquement sans retenue, où l'on peut deviner qu'ils ont apportés tout ce qu’ils pouvaient de leurs traditions ancestrales, ce qui fait de ce disque tout un périple sonore en soit!


The Kenya Reworks, tant qu'à lui, nous offre 4 pièces supplémentaires, ce qui fait de cet album une introduction et un parfait complément à The Kenya Sessions. Autant l'une que l'autre, ce sont de ces œuvres qui nous transportent dans un tout autre univers, loin du stress urbain de nos sociétés de consommation, de celles-là qui apaisent et nous donnent l’impression d’être un peu plus enracinés à la vraie vie. Les enregistrements nous enveloppent complètement dans une atmosphère à la fois étrangement familière et étrangère, avec ses chants et ses cris issus du folklore africain lointain. L’album The Kenya Reworks revisite les pièces de son album précédent dans la même lignée de pensée, telle des fresques contemporaine, un alliage d’ancien et de moderne qui donne la recette parfaite pour faire des œuvres intemporelle et sans véritable port d’attache. Avec Sven Kacirek et ses collaborateurs africains, on nous sert une musique toute en finesse, très riche, avec des rythmes hypnotisant, qui font que l’on entre pratiquement en transe! À mon humble avis, on a ici du grand art et une véritable révélation pour tout amateur de Jazz, autant que pour ceux qui apprécient la musique africaine en général et même pour les amateurs de musique actuelle. Avantageusement comparable à ce que font Seth Horvitz (Sutekh), Hauschka, Issa Bagayogo, malgré qu'il soit du Mali, pour son mélange moderne-traditionnel et au collectif Dans Les Arbres, malaxés ensemble!

Dear Anastasia avec Ogoya Nengo au chant & Kacirek au marimba