vendredi 30 septembre 2011

Parution de la Semaine - 27 Septembre 2011


La formation londonienne Plaid revient avec Scintilli, son 9e album, doté d’une sonorité pratiquement indescriptible et une œuvre d’art qui gagne à être écoutée.

Depuis ses débuts en 1991, alors sous le nom de Black Dog Productions, mais plus officiellement actif depuis 1995, le trio devenu duo composé d’Ed Handley et d’Andy Turner nous a présenté des albums dans la veine Électro-expérimental, aux accents Ambiants et minimalistes et certains éléments tout simplement 8-bit et IDM dans la plus pure des formes par d’autres moments. Cette fois-ci, c’est plutôt tous les styles confondus qui semblent être au menu, on ressent des influences Techno-Punk à la Prodigy par moments, des élans Post-Industriels à la manière de Nine Inch Nails ou Stabbing Westward (ça trahit mon âge, je le sais), mais interprété plus subtilement que ces derniers. Fait à noter, avant d’être signée par Warp, la formation a brièvement lancée des parutions sur Nothing Records, l’étiquette à Trent Reznor, ce qui explique bien des choses au niveau des nappes sonores similaires à ce que l’on aurait pu entendre sur le disque Ghost des Nine Inch Nails. Scintilli, c’est leur premier album officiel depuis le magnifique Spokes, paru en 2006, si on ne compte pas la bande sonore pour le film Heaven’s Door et pour le manga Tekken Kinkreet. Plaid a également 6 EP à leur catalogue et Induction, une compilation exclusive en téléchargement sur le site de Warp Records.
À l’image d’un objet d’art, chacun fait sa propre interprétation de ce qu’ils ont devant eux, on dirait que c’est le message que Plaid nous envoyer, puisque la version deluxe de Scintilli vient avec un genre de présentoir, un peu comme un mobile pour exposer le disque, un concept original et différent de ce qu’on voit habituellement.


Si vous pensez vous avoir fait à l’idée de ce qu’ils font, la pièce suivante vous fera sans doute changer d’opinion, puisqu’elles se succèdent, mais ne se ressemblent pas, ce qui n’empêche pas l’album d’avoir un fil conducteur malgré le registre varié. Scintilli est un enregistrement très éclectique, sans pour autant être complètement décousu, mais j’avoue qu’il n’est vraiment pas facile à suivre, variant d’un style à l’autre selon les pièces du disque, de manière à devenir un peu plus difficile d’approche aux premiers abords. Sans pour autant être hermétique, on ressent l’exploration musicale à chaque tournant, tout en ayant une base Pop psychédélique et même certains emprunts à la vague Dubstep, comme on dirait que personne ne peut s’y échapper ces derniers temps. Les pièces sont majoritairement instrumentales, mis à part l’utilisation de vocal complètement méconnaissable ou d’instruments traités de manière à ce que l’on croit que ça pourrait être des voix avec beaucoup de traitement sonore. Les structures des compositions de Plaid sont assez irrégulières, complexes, mais en gardant une bonne base accrocheuses, avec de la polyrythmie omniprésente tout au long de l’album.


Vidéo soigné pour la pièce 35 summers avec Natasha Lau & Sukka

dimanche 25 septembre 2011

Parution de la Semaine - 20 Septembre 2011


Alias, un des plus grands producteurs de Hip-Hop underground, revient avec l’album Fever Dream, en nous démontrant qu’il a encore le rythme dans le sang et qu’il y a toujours moyen de faire preuve d’originalité dans le créneau.


Actif professionnellement depuis 1998, ayant produit depuis 7 albums, 5 maxis, sans compter ses nombreux remixes et maintes collaborations à son actif (comme avec Sole, Doseone, Lali Puna et bien d’autres encore), Alias est réputé pour la création de solides structures musicales qui rassemblent des éléments de DJ Shadow, Cut Chemist et des nappes sonores à la manière de Cinematic Orchestra ou Blockhead. Ses pièces sont majoritairement instrumentales, mis à part les parcelles lyriques empruntées par ses échantillons, c’est probablement l’un des plus récents et présents ajouts pour son plus récent enregistrement, l’artiste nous emmène ailleurs, tout en gardant sa signature. Paru depuis le 30 Août, l’album Fever Dream est sorti officiellement sur le marché canadien le 20 Septembre, c’est à ne pas manquer pour tout amateur de ce qui se fait dans le champ gauche de la scène Électronique et Hip-Hop! Attention, ce disque créé une dépendance, tenez-vous le pour dit!


  
Alias - Wanna Let It Go (Fever Dream / Anticon 2011


Alias excelle toujours autant au niveau de la production d’œuvres axées sur la rythmique a réalisé un enregistrement plus subtil et en finesse que jamais. Entraînant, aux accents Hip-Hop omniprésents, avec des choix intéressants au niveau de la pléthore d’échantillons utilisés, où l‘on croit reconnaître du Fatboy Slim au passage et où on détecte des envolées vocales un peu plus kitsch à la Rick Astley, sans être aussi sulfureux. Fever Dream s’éloigne un peu de ce que l’on pouvait s’attendre de lui, sans se réinventer complètement, ­­Brendon Whitney, l'homme derrière le pseudonyme, nous entraîne dans un univers parsemé de personnages familiers et met la table pour des ambiances très atmosphériques, propice à la création autant qu’à la détente. Un autre album stimulant sur l’étiquette Anticon (fondée en partenariat avec l'artiste) qui confirme qu’on a pas fini d’attendre d'eux et d’entendre de la bonne musique si on se donne la peine de sortir un tant soit peu des sentiers battus et quand on se donne la peine de chercher, il n’y a aucune raison de dire qu’il n’y a plus rien qui se fait de bon sur la scène musicale actuelle, ais aux blasés et rabougris de ce monde! 

Alias & Ehren avec le montage vidéo pour leur pièce Back & Forth

lundi 19 septembre 2011

Parution de la Semaine - 13 Septembre 2011

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La multi-instrumentiste et très créative Annie Clark, mieux connue sous le nom de St. Vincent, est de retour avec une étrange pitié auditive.

Pour son plus récent et troisième album intitulé Strange Mercy, l'ex-membre des Polyphonic Spree et musicienne de Sufjan Stevens, nous a concocté un mélange musical encore plus éclaté et exploratoire que jamais. On connait déjà la formule Pop-atmosphérique aux élans un peu débridés, bercée par une douce folie que St. Vincent nous a servie sur ses précédents enregistrements, mais cette fois-ci, elle ose encore davantage... Avec la réputation qu'Actor lui a apporté, son brillant disque précédent, elle peut définitivement se permettre d'être encore plus aventurière sans craindre que son public ne soit pas en mesure de la suivre! La critique pour Strange Mercy est unanime et l'accueil que le public lui réserve est très chaleureux, lui qui attendait avec impatience la nouvelle œuvre de la jeune femme élevée au Texas, aujourd'hui résidente de Manhattan et ça ne peut être qu'encourageant de voir de prestigieuses portes s'ouvrir devant elle. Très ingénieuse initiative d'avoir rendu disponible en streaming la totalité de son plus récent opus en primeur sur le volet musical du site NPR et une belle surprise de la voir apparaitre sur la couverture du magazine SPIN, entres autres preuves de reconnaissance de la part du milieu musical!


Audacieux, autant au niveau des structures des pièces qu'avec le choix d'arrangements, Strange Mercy est un album qui nécessite plusieurs écoutes afin d'y déceler toutes les subtilités et les contradictions qui unissent les différents éléments qui forment le disque de St Vincent. Des pièces accrocheuses, tapissées d'expérimentations sonores, de mélancolie et de joie innocente, à la fois cyniques et névrosées, avec un brin d'ambivalence, à l'image du premier extrait vidéo de l'album, le tout, loin d'être inaccessible pour autant. St Vincent possède une belle théâtralité et réussie à mettre la table pour une ambiance à la fois douce, feutrée, éthérée aux accents légèrement psychédéliques. Les compositions sur Strange Mercy nous transportent dans un univers singulier, comme une fable déconcertante, pratiquement dans un état de grâce, mais pas toujours d'une manière agréable, comme un voyage doux-amer aux confins de notre imaginaire!

Excentrique mise en scène pour la pièce Cruel de St Vincent

samedi 17 septembre 2011

Parution de la Semaine - 6 Septembre 2011


Le duo anglais The Chemical Brothers revient avec une œuvre surprenante pour la trame sonore du film surréaliste Hanna, par le réalisateur britannique, Joe Wright (Atonement, The Soloist, Pride & Prejudice).


Un peu comme la formation Daft Punk l’a faite pour le film Tron, il s’agit ici de quelque chose de très différent de leur registre habituel, rien de ce que l’on pouvait s’attendre des frères chimiques se retrouve ici, ou du moins, si peu! Les Chemical Brothers ont conçus des nappes sonores toutes en reliefs et en subtilités, beaucoup plus angoissant et prenant que le travail auquel Tom Rowlands et qu’Ed Simons  nous avaient habitués d’attendre d’eux et c’est tant mieux! Ne croyez pas que je n’apprécie guère leur conceptions sonores normalement, mais on voit ici que le dynamique duo est capable de produire bien d’autre chose que des grosses pièces et des beats biens gras axés sur les pistes de danse et la radio… Cette fois, pour la bande originale de film Hanna, les Chemical Brothers ont joués d’audace et ça leur va à merveille, je dirais même que c’est ce qu’ils ont fait de plus poignant, à la fois relevé et planant, plus expérimental que jamais auparavant.
Au menu sur la bande originale d’Hanna, on y retrouve des pièces qui accompagnent à merveille et rehaussent d’autant plus les images du film (au montage habilement ficelé), telle est la mission d’une trame sonore réussie. Je peux vous supposer que, même si je ne connaissais pas le travail antécédent des Frères, je serais fortement impressionné et envouté par les magnifiques bijoux musicaux qu’ils ont réalisés! Leur touche est présente ici et là dans l’enregistrement, on se doute que ça pourrait provenir d’eux, mais viennent des compositions à travers l’album où on ne se douterait jamais qu’on a effectivement affaire avec les Chemical Brothers. Tout en préservant la touche qui leur est propre, ils ont visiblement pu se permettre de sortir de leur zone de confort pour créer une rupture avec leurs disques précédents et réussir à emmener une partie de leur auditoire ailleurs, preuve d’une belle évolution et d’une grande ouverture créative de leur part… Tout ceci fait que la trame sonore d’Hanna soit 50 minutes de pur bonheur et ce, sans même le volet visuel, imaginez ce que c’est avec les images survoltées du film hybride entre les catégories action, suspense et de thriller spychologique!

En voici un avant-goût pour mieux en juger par vous-même

vendredi 16 septembre 2011

Spectacle du Mois - Septembre 2011


Tout un spectacle a été donné par Trey Spruance, l’ex-guitariste de Mr.Bungle, à la tête de la formation Secret Chiefs 3, sur la scène de Cabaret de la Dernière Chance, pour la 9e édition du Festival de Musique Émergente à Rouyn-Noranda.


L’endroit intime était rempli à sa pleine capacité pour assister à l’une des 3 représentations de la formation en sol québécois qui s’arrêtait en premier lieu en Abitibi, avant de se produire au Cabaret du Mile-End à Montréal et au Cercle à Québec. Pour la prestation sur la petite scène du Cabaret de la Dernière Chance s’étaient entassés les 5 musiciens qui ont donnés une des prestations les plus intenses que j’aie eu la chance de voir depuis un bon moment. Vêtus de toges noires à capuchons, semblables à des moines quelconques, on avait l’impression d’assister à un genre de rituel auditif. Le jeu très physique du violoniste/trompettiste/guitariste qui se différenciant des autres musiciens, avec un genre de voile au visage et coiffé d’un mohawk, se déchaînait sans retenue ce soir-là. Le batteur était tout aussi épatant avec son arythmie quasi constante et son approche très imaginative à son instrument. Ce qui détonnait un peu aussi était une de ses cymbales positionnée très haut et brisée, qui lui donnait une sonorité peu commune. Son jeu créatif, le pied sur la petite caisse (snare), quand ce n’était pas le coude pour amortir la résonnance, il semblait souvent complètement en transe. Pendant le spectacle, une partie de sa batterie s’est retrouvée subitement au sol, aussitôt, il s’est mis à l’œuvre pour la remonter le plus vite possible, pendant que les autres membres du groupe s’affairaient à nous  jouer une mélodie, le tout effectué avec un calme olympien et une fluidité étonnante. Moi qui croyait qu’il était sous l’effet d’une drogue, faut croire qu’il a le don d’entrer et de ressortir de cette transe avec aisance et grand lucidité.


Trey et ses étranges guitares, dotées d’un manche plus mince ou de 8 cordes, lui donnent une sonorité qui s’apparente à une variante d’une luth ou de la sitar. Entouré par des musiciens hors pairs, dont un claviériste et un bassiste qui viennent compléter le quintette, c’est une recette qui fait vraiment en sorte qu’il n’y a rien comme un spectacle de Secret Chiefs 3! C’est un véritable manège musical, un périple au fin fond de notre for intérieur, propulsé par la virtuosité et l’énergie brute des musiciens. La finale fût tout aussi épatante et mémorable, avec le violoniste masqué qui s’est littéralement lancé sur la batterie après 2 rappels, ce qui laissa l’auditoire béat et rendu impossible d’en demander davantage. Je crois que le batteur fût blessé au passage, puisque lorsque je suis retourné les voir dans la métropole 2 jours plus tard, il n’était pas de la partie et la prestation en a souffert, ayant un style de jeu inimitable. Par chance, j’avais vu un spectacle nettement supérieur, pratiquement positionné sur la scène tellement que nous étions entassés au Cabaret de la Dernière Chance, haut lieu de performances uniques, tout comme Clues nous en avait fait la preuve à la 7e édition de FME en 2009!


jeudi 15 septembre 2011

Chef-D'Oeuvre du Mois d'Août 2011


Plein feux sur Botany, qui fait un style d’Électronica aux accents Ambiants avec Feeling Today, son premier maxi.

Botany c’est le projet d’un seul homme, le Texan Spencer Stephenson, qui fait un genre que l’on pourrait décrire en tant que Chillwave ou de Dream Pop. Les sonorités du mini-album Feeling Today, incorporent des éléments qui me font penser à Boards of Canada, également à Dextro en version un définitivement moins Post-Rock, juxtaposé à la polyrythmie de Four Tet et la richesse musicale de Caribou. L‘album Feeling Today est rempli de structures éthérées, mais loin de nous rendre amorphe pour autant, un de ceux-là qui peuvent nous accompagner pratiquement à n’importe-quel moment de la journée. Certaines pièces sont plus entraînantes que d’autres, jamais unidimensionnelles, pratiquement surprenantes à chaque détour et constamment stimulantes. Les fines subtilités de chaque pièces font en sorte qu’elles méritent plusieurs écoutes sans s’y lasser une seconde et nous poussent à répéter successivement notre expérience.

Waterparker de Botany

Botany a réussi à concevoir un excessivement bel alliage pour faire un début dans le monde musical actuellement, plus que prometteur pour la formation, voire même mémorable et qui laisse présager le meilleur pour ses œuvres à venir, tout en nous laissant sur notre faim. Bien normal, puisqu’il s’agit ici d’un EP, un des meilleurs à être paru cette année à mon humble avis! Malgré que le disque ne dépasse pas la barre des 20 minutes, on a l’impression d’être transportés dans une réalité parallèle, un véritable exploit pour un maxi! Même si ses influences sont facilement perceptibles, l’impression de déjà-vu ne se fait pas trop sentir, puisque le tout est exécuté avec originalité et avec une touche qui lui est propre, un peu à la manière d’Ametsub, entres autres, un artiste japonais qui conçoit des enregistrements marquants. Avec un aspect vocal plus présent, qui me fait penser au producteur allemand  Marsen Jules et son Pop-Ambiant, des comparaisons qui décrivent le mieux le style un peu psychédélique qu'a emprunté Botany sur Feeling Today!

Vidéo réalisé par Stephen Ardndt pour Botany et sa pièce Agave

mardi 13 septembre 2011

Parution de la Semaine - 30 Août 2011


La formation Beirut arrive avec un autre excellent effort avec l’album The Rip Tide, après une brochette de parutions déjà très impressionnante depuis ses débuts en 2006!

Probablement l’une des productions les plus marquantes à êtres sorties pendant l’été 2011 et une qui clôt la saison estivale d’une manière magistrale, juste avant le flot de nouveautés qui arrivent avec la rentrée culturelle automnale qui promet de nous en mettre plein la vue une fois de plus! The Rip Tide, sans être aussi innovateur que le deuxième disque de l’album March of the Zapotec, paru en 2009, qui s’aventurait dans des contrées plus Électonique que l’artiste nous avait jamais emmené auparavant, est possiblement l’œuvre la plus aboutie et achevée que Beirut a créée jusqu’à maintenant. Zach Condon et sa bande reviennent à ce qu’ils font de mieux, c'est-à-dire des pièces émotives, très authentiques, servies avec beaucoup de cuivres et cette voix qui les caractérisent autant.


Une des pièces les plus qui m’a interpelée le plus est sans aucun doute Payne’s Bay, pour l’intensité et la répétition de la même phrase qui martèle un message à la fois poignant et encourageant dans ses derniers instants. Le disque est parsemé de balades et de valses et il est doté de ritournelles extrêmement accrocheuses éparpillées ici et là… Comme celle qui suit, la magnifique pièce titre de l’album, qui est tout aussi intense, voire une des plus mélancoliques de l’enregistrement, mais toujours interprétée avec encore autant de goût, comme seul Beirut sait si bien le faire.


Finalement, The Rip Tide forme une tapisserie musicale teintée de joie et de peine, autant que d’espoir et d’incertitudes, joyeusement déjantée, une série de petits morceaux qui forment un arc-en-ciel d’émotions à travers l’album. On peut en trouver pratiquement pour toutes les occasions à l’écoute du disque. Que dire de la très brève et viscérale pièce The Peacock, vers la finale de l’album, sinon qu’il est impossible de laisser qui que ce soit de glace en l’écoutant un tant soit peu attentivement. The Rip Tide, avec sa succession de compositions enlevantes est définitivement un grand album, issu d'une formation qui ne cesse de prendre du galon!


Le clip pour la pièce Sante Fe réalisé par Sunset Television

dimanche 11 septembre 2011

Retour sur le FME 2011 - Jour 3


Troisième et dernière journée pour nous au Festival de Musique Émergente à Rouyn-Noranda pour une programmation qui était la plus chargée de toutes, autant au niveau de notre horaire d’entrevues que de la série de spectacles que nous tenions à manquer sous aucun prétexte.


Tout commence par une prestation de la formation Rock-atmosphérique Monogrenade dans la formule des 5@7 au bistro-bar Chez Bob. Les musiciens ont donnés une énergique et convaincante représentation. Le groupe donne dorénavant l’impression de s’assumer totalement et de prendre un malin plaisir de jouer ensemble, nous qui les suivons depuis leur début. Le départ encore un peu douloureux du chanteur initial semble avoir soudé les liens qui unissent les membres de la formation et où chacun s’est retrouvé à avoir un rôle primordial dans le collectif. Ils nous ont même donnés l’opportunité d’entendre de nouveaux arrangements qui rendent méconnaissables les pièces de Tantale, leur premier album complet, à un auditoire toujours aussi bavard, mais qui, somme toute, a donné l’impression d’avoir véritablement apprécié la musique que Monogrenade était venue nous présenter. Une bonne prestation dans un lieu qui est non sans me rappeler le Quai des Brumes. Voilà une autre bon spectacle dans la série des 5@7 offerts par le FME entièrement gratuitement!


De retour encore une fois à l’Agora des Arts pour ce 3e soir et probablement le meilleur que le FME a à nous proposer. Afin de poursuivre cette soirée qui s’est déjà bien amorcée avec Monogrenade. Notre choix s’est arrêté sur un étonnant groupe français Nestorisbianca, qui fait une musique hybride entre le Jazz-Rock-atmosphérique aux accents joyeusement expérimentaux. Un mur de guitares, une batterie lourde avec un saxophone qui produit des sonorités inattendues, quand ce n’est pas de la trompette et d’autres instruments à vents. Surtout qu’on pourrait croire que le musicien fait appel à des effets de distorsion pour ces sonorités triturées, mais il m’a assuré, un peu plus tard dans la nuit, qu’il n’en n’est rien, très épatant! C’est cet élément qui, selon-moi, distingue le plus la formation et qui établis la signature qui leur est propre. Une sonorité très riche tant au niveau des arrangements que du choix de l’instrumentation, c’est aussi ce qui les démarques et fait en sorte que Nestorisbianca fait véritablement un style original. Par contre, avec le vocal un peu nonchalant, c’est probablement l’attrait qui me plait le moins dans le mélange, qui, somme toute, est étrangement stimulant. Je ne sais pas pourquoi le directeur de la programmation a choisi de les jumeler avec que ce qui les a suivis, c’est-à-dire, Miracle Fortress et Young Empires, qui ont un registre résolument plus Électro.  Nestorisbianca, à mon humble avis, aurait fait une bien meilleure ouverture au spectacle de Duchess Says avec Galaxie que Nic à Feu, le groupe Punk-Rock générique de la région Abitibienne, pour lequel je n’avais absolument aucun intérêt.


Justement, retournons au Petit Théâtre du Vieux-Noranda pour la suite de cette soirée survoltée en compagnie d’Annie-Claude Deschênes et sa bande, pour une prestation que l’on s’attendait complètement déjantée. Duchess Says ne nous a vraiment pas déçus avec l’énergie et la folie qu’on leur connait, au menu, body-surfing, éclaboussure d’eau et quelques sorties de la chanteuse en plein milieu de la foule pour réveiller certains spectateurs non-initiés. Quand tout ce cirque n’était pas suffisant à son goût, elle a décidée de séparer la salle en 2 clans, soit la moitié à gauche et l’autre à droite, pour nous proposer de faire comme les shows de Métal et de se rentrer dedans, telle une armée contre une force adverse, ce qui a résulté un trash aussi bref qu’intense! Un véritable défoulement collectif où personne ne s’est blessé, mais on peut dire qu’assister à un spectacle de Duchess Says c’est du sport! D'ailleurs, la formation réitère avec In a Fung Day T, leur nouvel album qui paraîtra enfin le 11 Octobre 2011.


Olivier Langevin suivait avec son groupe Rock-garage du Lac St-Jean, Galaxie, pour continuer une soirée déjà bien entamée. Il a la chance d’être très bien entouré avec nul autre que Fred Fortin à la basse, Dan Thouin aux claviers, Pierre Fortin (des Dales Hawerchuck) à la batterie et Audrey-Michèle Simard pour venir l’appuyer vocalement. Galaxie donne tout un spectacle, très énergique et plein d’énergie festive avec la virtuosité des musiciens et la complicité qu’ils ont établis entre eux depuis qu’ils ont commencés à faire la tournée au début du printemps pour Tigre et Diesel (en nomination pour un prix Polaris), le plus récent disque de la formation.


Solide n’est pas le mot pour décrire la performance qu’ils nous ont offert sur les planches du Petit Théâtre, avec une bonne sono, quoi qu’ils aiment toujours le volume aussi fort, un éclairage efficace et une salle comble. Le show étant rodé au quart de tour depuis le temps qu’ils jouent ensemble, ils ont balancés pièces après pièces devant un public très réceptif et respectueux. Si vous ne l’avez pas encore vu live dans les nombreuses petites salle que Galaxie s’est produit un peu partout en région ou pour les 10 ans de la maison de disque C4, présenté au Métropolis, pendant les Francofolies, c’est pas trop tard, puisqu’ils sont toujours sur la route à un rythme effréné et ils seront d’ailleurs au Mouton Noir à Val-David, Samedi le 15 Octobre, pour une représentation on ne peut plus intime dans le petit bistro de mon village natal. Comme l’endroit a un cachet incomparable et que le Galaxie donne tout ce qu’il peut, peu importe où il se trouve, des Laurentides jusqu’au Saguenay, ça vaut amplement le détour, avis aux intéressés!


Ce soir-là, les bons concerts n’en finissaient plus, donc transportons-nous au Cabaret de la Dernière Chance pour un spectacle hors du commun avec Secret Chiefs 3 et la suite des évènements. À la tête de ce projet, n’est nul autre que Trey Spruance, ancien guitariste de Mr. Bungle et de Faith No More, bras droit créatif de Mike Patton et virtuose émérite. Le brillant homme et ses acolytes ont donné de loin un des meilleurs spectacles du festival et un de plus marquant auxquels j’ai assisté depuis un bon moment! Je ne vous en dis pas plus pour l’instant, puisque j’en rédigerai un article en profondeur dans les jours qui suivent, sinon je pourrais m’étirer beaucoup trop longtemps sur le sujet, on y reviendra, très bientôt…


Pour clore la soirée et nos derniers moments au festival, quoi de mieux que d’assister au retour du trio Électro-Jazz-Rock Plaster, enfin réunis après plus de 5 ans d’absence! Jean-Phi Goncalves étant revenu de son aventure avec Beast, rejoint Alex McMahon et François Plante pour reformer la mythique formation en nous promettant de mettre le feu aux poudres partout où ils se produiront avec du nouveau matériel en main pour lequel nous avons fait office de cobayes auditifs avant qu’ils ne couchent les pièces sur un tout nouvel enregistrement et devinez quoi, c’est pour bientôt! Ils ont déjà une bonne quantité de nouveau matériel en banque et si tout va comme prévu, on devrait être en mesure de l’entendre dès le mois d’Octobre. Quelle plateforme choisirons-t-ils (le numérique probablement), une formule gratuite au niveau de la distribution, différents forfaits payant à la manière de Radiohead, qui sait? Finalement, une prestation de qui n’était pas tout à fait à la hauteur de mes attentes, quoi qu’il fallait s’y attendre, nous avons tout de même eût le privilège d’assister à une grande première et visiblement, les gars s’en font un plaisir de retrouver à partager la scène ensemble et de renouer contact avec leur public, vivement le retour de Plaster dans le paysage musical parfois un peu trop terne et générique, un vent rafraichissant souffle définitivement cet automne!


C’était déjà le moment de quitter pour nous, les yeux écarquillés, nos cœurs remplis de joie intense et nos têtes pleines de magnifiques souvenirs de cette 9e édition du FME. Difficile de revenir sur terre après une expérience comme celle-ci et c’est tant mieux! En attendant le 10e anniversaire du festival l’an prochain, je vous propose notre bilan final de notre aventure pour mon prochain article dans les jours qui suivent. N’ayez craintes, les entrevues des Frères prennent peut-être parfois un peu de temps avant d’être publiées, mais je vous garantis qu’elles en valent l’attente! Bien sûr, on vous tient au courant des nouveaux développements avec Les Frères du Son très prochainement, c’est à suivre…

jeudi 8 septembre 2011

Retour sur le FME 2011 - Jour 2



Pour bien amorcer cette deuxième journée de festivités, le Festival de Musique Émergente nous avait concocté des formules 5@7 gratuites dans les petits bars-terrasses du centre-ville de Rouyn, ce qui donnait un feu roulant de spectacles pour les festivaliers. Donc, pendant que Philippe B jouait à la galerie d’art l’Écart Jérôme Minière nous offrait une performance à l’Abstracto, tandis que Grenadine donnait tout ce qu’elle avait à offrir dans l’antre de Chez Bob et les BETALOVERS étaient à l’œuvre au Trèfle Noir.




C’est surtout pour le charismatique Charles Lavoie à la tête de la formation et originaire de la région, que nous avons optés pour la prestation de ces derniers et le petit bistro-bar était bondé pour l’occasion. L’atmosphère était conviviale, le climat torride et les gens moyennement attentifs, comme c’est souvent le cas dans un lieu de diffusion un peu plus petit. Les musiciens entassés sur scène étaient munis d’un impressionnant arsenal musical, dont une contrebasse, guitares, synthé et une petite batterie. Avec la voix de Charles et son style de chant qui me rappelle un peu celui de Patrick Watson, les BETALOVERS donnent une prestation très sentie et intense. Au niveau musical, c’est une musique recherchée sur une base légèrement Pop-atmosphérique qui est le mot d’ordre. Avec ses arrangements aux structures progressives, je n’aurais jamais pu deviner que 2 des membres du groupe en étaient à leur grande première au sein de la formation ce soir-là! Le public très hétéroclite en a eu plein la gueule, seulement, je trouve ça un peu dommage qu’un style si introspectif soit écouté avec si peu d’attention. Par chance, le spectacle qu’ils nous ont offert a amplement réussi à en subjuguer plusieurs.




Un peu plus tard, Salomé Leclerc était censée lancer son premier album sur la scène extérieure de la 7e rue, pendant que la pluie tombait comme des cordes dans un violent orage, on peut dire que le concert est tombé à l’eau et qu’il va nous falloir un raincheck… Son Folk empreint de mélancolie que l’on pourrait facilement qualifier de Sadcore, un peu à la manière d’Émilie Proulx, appuyé par Philippe B à la guitare, aussi très présent pour les arrangements et sa direction artistique, aide énormément à tapisser musicalement sa poésie issue d’une sagesse peu commune, surtout pour une artiste de son âge, étant encore que dans le jeune vingtaine, étonnant! Nous avons manqués son lancement, mais une chance que nous l’avions vue au Festival de la Chanson de Tadoussac en 2010, où elle avait charmé le public. Les Frères du Son avait réalisé une entrevue avec elle à ce moment-là et elle nous promettait déjà un album bientôt, elle qui n’avait qu’une courte, mais très prometteuse maquette à l’époque. Elle nous parlait également de sa sensibilité et de son univers créatif et maintenant, on peut enfin entendre le résultat de cette gestation puisque l’attente est officiellement terminée, l'album intitulé Sous les Arbres de Salomé Leclerc est sorti le 6 Septembre.



Ensuite, rendez-vous au Petit Théâtre du Vieux-Noranda afin de poursuivre cette deuxième soirée endiablée, nous sommes allés voir la représentation de SoCalled et son feu roulant d’énergie positive et son patchwork d’influences multiculturelles. L’artiste entouré de musiciens chevronnés, vocalement accompagné par nul autre que Katie Moore, qui avait sa propre prestation qui se déroulait à quelques pas seulement du Théâtre, soit à l’Agora. Elle y succédait Dany Placard et précédait Akron/Family dès qu’elle sortait de scène avec SoCalled, donc pas de temps pour un rappel ni pour étirer la sauce d’aucune manière, the show must go on, comme on le dit si bien, et hop, une autre bonne prestation suivons-la l’autre côté de la rue pour la suite des évènements.




Nous voilà en compagnie de Katie Moore avec son Folk aux accents sudistes entourée de ses 4 musiciens, nous avaient préparés une soirée qui sentait le roadtrip et un peu la sueur aussi, puisqu’il faisait une chaleur torride et un taux d’humidité hors du commun cette journée-là en Abitibi. Ne manquait qu’un Pedalsteel, pour compléter parfaitement les arrangements, mais le clavier lui faisait très bien office. Une chose est certaine, j’apprécie beaucoup le timbre de voix de Katie Moore que son registre musical, sans oublier les harmonies vocales avec ses musiciens qui étaient de toute beauté à entendre. Par contre, ils ont interprétés quelques reprises un peu moins convaincantes, des morceaux qui ressemblaient beaucoup moins aux pièces originales de l’artiste qui crée des compositions à cheval entre le traditionnel et du Folk plus contemporain. Un spectacle calme et ressourçant, où on en ressort un peu dépaysé et remplis d’une sérénité.




Pour bien terminer une soirée qui vient pourtant à peine de s’amorcer, rien de tel qu’un bon show de Malajube pour venir la couronner. De retour au Petit Théâtre, je ne sais toujours pas pourquoi ils aiment  le volume aussi fort, même dans de plus petits lieux de diffusion, ce qui peut aisément se traduire en une expérience désagréable pour les spectateurs qui en ressortent avec l’impression d’avoir la tête remplie de coton et avec l’ouïe qui capte quelques fréquences en moins, sauf si on a des bouchons pour éviter les acouphènes! Néanmoins, rarement ai-je vu une foule aussi dense et enthousiaste pour le groupe qui en était à sa 3e participation au FME. Ils ont enchaînés pièce après pièce devant la salle où s’était massé une foule conquise d’avance, agrémenté par un des meilleurs éclairages du festival. Malajube n’a pas tardé à délier les jambes et les bras des spectateurs en nous balançant ce qu’ils avaient de mieux et ce n’est certainement pas le bon matériel qui leur manque! Déjà que leurs structures de pièces sont étonnantes et irrégulières, ils se laissaient de bonnes fenêtres d’improvisation, ne laissant aucun répit à l’auditoire qui en redemandait. Généreux, le groupe nous a interprété 3 pièces pour le rappel, par contre, la globalité de leur performance n’a pas été livrée avec l’énergie qu’on leur connaît. Un bon spectacle, mais certainement pas un de leur plus mémorable. Ce soir-là, nous  avons dû le couper court, puisque le lendemain nous attendait notre journée le plus chargée, alors au lit, mais c’est loin d’être fini!



Voici la baladodiffusion spéciale des Frères du Son avec certains des artistes qui étaient au FME cette année, question de vous mettre encore plus dans l'ambiance du festival. En vous souhaitant une bonne écoute en notre compagnie!

mardi 6 septembre 2011

Retour sur le FME 2011 - Jour 1



Cette fois-ci, je vous propose le premier d'une série d'articles rédigé à la suite du passage des Frères du Son au Festival de Musique Émergente de Rouyn en Abitibi.



Pour la première soirée de spectacles du FME, nous avions choisis d’aller voir Thus:Owls pour la seconde fois en 2 ans, puisque la formation suédoise était également de passage à cette édition. Ils avaient tellement aimés leur expérience, qu’ils étaient emballés a l’idée de revenir. Dans un lieu de choix comme l’Agora des Arts, une église transformée en salle de diffusion en plein cœur du Vieux-Noranda, le décor et l’ambiance étaient de mises pour une représentation de ce registre, c’est-à-dire, calme et dramatique.



Deux premières parties succédaient la formation que nous avions tant apprécié lors de notre premier passage au festival, nous avons malheureusement manqués Muse Hill, celui qui ouvrait le bal, pour arriver dans l’entracte entre ce dernier et celui qui allait suivre et nous nous sommes retrouvés à des places de choix pour assister à la représentation dans ce lieu chaleureux.



Nous ne savions pas exactement ce qu’il nous attendait, un artiste français nommé PIaNO CHaT, un homme-orchestre qui donne un impressionnant numéro, très énergique et tout en émotions. Il fait un style musical qui me rappelle Thee Silver Mt.Zion, surtout pour sa manière de chanter qui ressemble à celle d’Efrim Menuck, le chanteur de la mythique formation. Un côté résolument Punk se cache derrière les différentes teintes qu’utilise le multi-instrumentiste, installé au parterre plutôt que sur scène. Très théâtral sur scène, l’artiste n’hésite pas une seconde à se mêler à la foule pour aller chercher leur attention et solliciter leur participation.



Les paroles anglophones ne me déroutaient pas tellement jusqu’à ce que j’entende le ton un peu forcé d’un accent anglais qui casse le français, lors de certains passages dans la langue de Molière, ce qui, forcément, détonne un peu dans la bouche de l'artiste, lui qui a un très joli accent de France. L’artiste en était à son premier passage avec son aventure solo en sol québécois et c’est à souhaiter qu’il n’en n’est pas à se dernier, puisque le public a littéralement tombé sous le charme de PIaNO CHaT.


Pour ce qui est de la tête d’affiche, Thus:Owls nous a offert un aperçu de leur nouvel album qui sera lancé en Suède au mois d’Octobre prochain. Quand exactement sortira-t-il de ce côté-ci de l’atlantique reste encore à déterminer au moment d’écrire ces ligne, mais une chose est sûre, c’est quelque chose que nous attendons avec impatience! Par contre, l’auditoire s’est peu à peu amoindri au fur et à mesure que leur prestation avançait. Faut avouer qu’il faut être préparé à se taper des émotions plus sombres et une ambiance propice à l’introspection et que pendant le FME, il y a tellement de choses qui se déroulent en même temps que rares sont les salles qui gardent leurs auditeurs du début jusqu’à la fin…



Tant pis pour ceux qui ont décidés de quitter plus tôt, puisqu’ils ont manqués des moments intenses et très senti de la part des musiciens, Simon Angell (ex-guitariste de Patrick Watson) et Erika Alexandersson en premier lieu. Quelle voix et quels sons de guitare, Thus:Owls fait vraiment une musique qui n’a pas d’autre choix que d’interpeller l’auditeur et de susciter une palette émotionnelle hors du commun. Nous avions vu la formation il y a 2 ans lors de leur passage au même festival où elle nous avait complètement subjugué et cette fois-çi, la surprise n'était plus au rendez-vous et la prestation peut-être un peu moins marquante que la première, mais était-ce le fait d'avoir des attentes un peu trop hautes, possiblement...



Finalement, une soirée comme on les aime, chargée en émotions et toute en subtilités, autant en musique qu’au niveau vocal, une belle prestation très honnête qui est vraiment de bonne augure pour le festival et qui donne hâte d’en voir et en entendre davantage, ce n'est qu'un début!