dimanche 27 novembre 2011

Parution de la Semaine - 22 Novembre 2011


Le duo Électro-Rock Mint Julep tombe à point avec le disque Save Your Season, qui promet de nous sauver de cette torture auditive qu'est la musique de noël qui commence à se faire entendre un peu partout, mais surtout, un peu trop!

La formation Mint Julep originaire de Boston, actuellement relocalisé à Portland, dans l’Oregon, s'est formé en 2007 quand Ketih Kenniff, celui-là même qui est derrière les projets musicaux Helios et Goldmund, a décidé qu’il voulait faire changement de ses textures ambiantes habituelles pour travailler sur un projet vocal et plus Rock avec sa femme, Hollie Kenniff. Ensemble, ils font tout sauf des chansonnettes nunuches et autres balades sentimentales, mais une musique certainement loin d'être dépouillée en émotions! Sur leur plus récent disque, Save Your Season, on se retrouve en présence d’un enregistrement mystérieux, aérien, mélodique et décidément empreint d’une facture Pop tout en ayant une bonne recherche musicale en arrière des airs accrocheurs. Une douce voix féminine, au ton feutré et éthéré, nous étale les paroles sur les atmosphères créées par le couple Kenniff.

Mint Julep via Keith Kenniff - Helios

Avec Mint Julep, nous sommes en présence d’un projet musical qui se retrouve quelque part entre Glasser et Metric. Un univers planant, mais tout de même rythmé et texturé avec des couches successives d’instrumentations et de voix qui font penser à School of Seven Bells et à Zola Jesus. À l’écoute de Save Your Season, leur tout nouvel album, le binôme a raffiné encore plus son tir sur cet enregistrement et confirme qu’il ne fait pas que surfer sur la vague de la Pop atmosphérique et théâtrale semblable à celle d’Iamamiwhoami, Bat For Lashes et Fever Ray de ce monde.


Depuis Songs About Snow, paru en 2008 et avec la parution du maxi Adorn, au mois d’août dernier, on se demandait quand l’album complet allait sortir et surtout, à quoi le nouveau matériel de Mint Julep allait ressembler au juste, puisque le trop court avant-goût du mini-album nous avait laissé sur notre faim. Finalement, Save Your Season est un très bon exemple de Pop synthétique aux élans Rock atmosphérique, donc, une des parutions récentes qui ne marquera probablement pas son époque, mais quel enregistrement en fait autant ces derniers temps? On a plutôt affaire à un de ces disques qui sont à écouter les jours gris et qui nous laisse une impression réconfortante, dans une ambiance globalement sereine du début jusqu’aux dernières secondes de l'enregistrement!

Clip surréaliste pour la pièce Why Don't We par Mint Julep

lundi 21 novembre 2011

Parution de la Semaine - 15 Novembre 2011


Le groupe New-Yorkais Caveman nous propose son Rock-expérimental avec l'album Coco Beware, qui malgré le nom, n'a pourtant rien à voir avec le lutteur has-been.

Pour son premier disque, la formation Caveman arrive avec un espèce de Rock-atmosphérique qui me fait penser aux ambiances mystérieuses comme le groupe Interpol, en version beaucoup plus lumineuse et moins dramatique. Le volet exploratoire et les harmonies vocales me font inévitablement tracer des parallèles entre Caveman et Animal Collective (vraiment moins psychédélique que leurs premiers albums tout de même!) et tous ses rejetons comme Cant, Avey Tare et Panda Bear. Des progressions d'accords et des enchaînements très intéressants sont au menu sur Coco Beware, avec des harmonies vocales, des rythmes superposées et une bonne dose de réverbération sur à peu près tout.

Caveman - Old Friend via emn2

Le groupe, formé en janvier 2010, a réussis en si peu de temps à trouver une sonorité qui lui est propre et malgré les nombreuses similarités avec les groupes mentionnés plus tôt, n'en reste pas moins que ce sont des comparatifs vraiment élogieux. Le côté hypnotisant et planant de Caveman est non sans faire penser à The Flaming Lips et à Portugal The Man pour les ressemblances au niveau harmonique. Tout ceci tente d'en arriver à faire un grossier résumé de la recette employée par ce quintette de Brooklyn... Le disque Coco Beware se veut définitivement un premier enregistrement ambitieux autant que prometteur! Maintenant, espérons que la bande sera bientôt en prestation de ce côté-ci de la frontière, pour mieux être en mesure d'apprécier leur style musical rafraichissant et tout simplement enveloppant, un peu comme une bonne couverture par une froide soirée automnale!

Magnifique vidéo pour la pièce Easy Water du groupe Caveman

lundi 14 novembre 2011

Parution de la Semaine - 8 Novembre 2011


La formation Zun Zun Egui arrive directement du circuit underground britannique avec Katang, un tout nouvel album et un percutant premier enregistrement officiel!

Les membres du groupe originaire de Bristol, ont commencés en vendant leurs enregistrements sur des disques gravés, directement dans les rues à leurs débuts et en se produisant dans des lieux inusités un peu partout à travers la ville. Zun Zun Egui a toujours été particulièrement actif au sein de la scène locale en organisant des évènements marquants, avec la participation de formations comme Sun Araw et Michachu. Assez rapidement, avec sa sonorité psychédélique tout en étant festive, le groupe s’est attiré beaucoup d’attention grâce à plusieurs prestations survoltées. Actuellement, Zun Zun Egui participe à différents festivals un peu partout sur le globe, avec un intérêt sans cesse grandissant de la part du public autant que des critiques.

Chunk & Swirl par Zun Zun Egui

Zun Zun Egui fait un Rock énergique, détonnant, débridé, qui s’emporte parfois, pour mieux revenir à des structures harmonieuses, avec un excellent sens du rythme et des transitions surprenantes. La manière de chanter de Kushal Gaya, à la voix et guitare, me rappelle un peu celle de Serj Tankian et  leur musique me fait penser à quelque chose comme Arrington de Dionyso’s Malaikat Dan Singa, les formations Nice Nice et The Paper Chase, malaxés ensemble, le tout avec un soupçon d’humour… Quelque chose de désinvolte émane de ce groupe, un peu comme Frank Zappa, des compositions cérébrales sans trop se prendre au sérieux avec un maximum de groove! Tout ceci fait de Katang un disque qui frappe extrêmement fort!

Loufoque et coloré clip pour la pièce Fandango Fresh de Zun Zun Egui

vendredi 11 novembre 2011

Baladodiffusion LFDS - Édition Novembre 2011

Avec la baladodiffusion des Frères du Son de Novembre, on vous propose notre capsule Autopsie de CD, qui a comme mandat d’analyser à fond le dernier disque d’un producteur de musique électronique qu’on apprécie beaucoup, mais lequel?


Apparat qui revient avec l’album The Devil’s Walk, définitivement l’œuvre la plus organique qu’il ait conçue jusqu’à présent. Après son magnifique disque Walls, paru en 2007, des collaborations particulièrement réussies avec Ellen Allien et Modeselektor (qui s’appelle Moderat), une séance avec le légendaire John Peel et un DJ Kicks paru en 2010, le voici qu’il revient avec du matériel original et particulièrement inspiré. L’allemand Sasha Ring, l’homme derrière le pseudonyme, s’est retrouvé à enregistrer son dernier album loin de la froidure hivernale de son pays, pour aller créer dans un studio-maison au Mexique, entouré de musiciens et de collaborateurs de renom, surtout sur le plan vocal. Pour son cinquième disque, Apparat nous a concocté des pièces beaucoup moins synthétiques qu’on lui connait habituellement, il laisse également une grande place au chant, d’abord pour sa propre voix, l’organe vocal particulier de la chanteuse de Soap&Skin et celui de la formation Aaron, se retrouvent tour à tour derrière le micro.


Sur The Devil’s Walk, on s’éloigne vraiment du genre Techno-minimaliste/IDM/Glitch que l’artiste produit depuis ses débuts pour aller vers quelque chose de plus diversifié, tant au niveau de l’instrumentation que des structures de ses compositions. Plus près du Trip-Hop du genre à Massive Attack, cet album est décidément plus Rock et moins Électronique qu’avant, malgré qu’il tapisse allégrement les arrangements de couches de de nappes ambiantes aux synthétiseurs et de subtiles percussions programmées. Les pièces d’Apparat ne sont pas moins touchantes et stimulantes, même bien au contraire, elles forment un assemblage sonore des plus prenants et marquants que l’artiste ait fait. Les attentes étaient hautes depuis le temps qu’il nous a produit du nouveau matériel, on se demandait bien la forme nouvelle qu’il allait prendre, une chose est certaine, c’est une belle évolution de la part de l’artiste et une facette encore méconnue d’Apparat. Qui sait où il nous emmènera après celui-là et quelles collaborations l’attendent dans un avenir rapproché?!

L'intégrale de notre émission, BONNE ÉCOUTE!

 

Avec notre capsule de Mon Étiquette c'est ma Casquette et ce mois-ci, on vous sert une triple portion de Jazz à la sauce contemporaine.

J’ai visionné dernièrement Sounds and Silence, un documentaire musical sur Manfred Eicher, le fondateur de l’étiquette ECM. Fondée en 1969, les lettres veulent dire Edition of Contemporary Music, donc une musique qui n’a pas peur d’innover. Elle se spécialise dans la musique Jazz qui métisse les genres avec des éléments de musique actuelle, de musique du monde et même de classique plus récemment. Le DVD nous donne un aperçu des musiciens et compositeurs avec une incursion dans leurs univers créatifs. On visite Arvo Part, Nils Bärtsch Ronin, Anouar Brahem et Jan Garbarek, entres autres talents signés par la maison de disque. C’est épatant de voir autant d’investissement de soi, d’écoute, de rigueur et de passion, d’être témoins de moments magiques entre des êtres particulièrement inspirés, talentueux aux visages lumineux. Juste assez de temps pour apercevoir une parcelle de leur génie. Je vous recommande chaudement de visionner ce film très bien réalisé pour approfondir vous connaissances sur la célèbre étiquette, c’est du temps et une somme bien investis! Pour l'occasion, je vous ai sélectionné 3 des récentes parutions sur le célèbre étiquette.


Le producteur Électro-minimaliste Ricardo Villalobos qui s’aventure en terrain moins familier avec un album de remixes des artistes qui se retrouvent sur l’étiquette ECM. Le chilien d’origine immigré en Allemagne, est actif depuis le début des années ’90 et se spécialise dans les genres Techno-minimaliste et Microhouse. Il a plusieurs remixes à son actif, dont certaines pièces de Senior Coconut, Sven Väth, The KLF, Beck et même de Depeche Mode, un de ses groupes fétiches. Pour l’album Re-ECM, c’est une création faite à partir d’enregistrements de différents artistes qui font un éventail de musique assez éclectique que Ricardo Villalobos a remanié à sa façon. Le disque double, s’inspire d’œuvres variés de musique contemporaine sur la réputé étiquette allemande. Plus près de la musique actuelle que du Jazz et l’Électro habituel, le traitement accordé à la musique sur ECM par l’artiste est bien plus que de simples remixes standards. Définitivement exploratoire, parfois même au point de se faire un peu hermétique et très épatant par sa diversité, en alternance entre des pièces toutes en douceur et des moments de déconstruction sonores. On retrouve à travers les 2 disques des passages très subtils et ambiants, d’autres fois beaucoup plus en relief et dérangeants, les collages musicaux entendus sur Re-ECM ne sont vraiment pas accrocheurs de prime abords, mais méritent une écoute approfondie pour mieux saisir l’essence de la démarche artistique de Ricardo Villalobos.


L’argentin Dino Saluzzi et son style particulièrement inspiré et singulier au Bandoneon. Lui qui n’a jamais su lire la musique joue à l’oreille et au feeling depuis les années ’70 et il n’est pas le genre de musicien à suivre les temps, il préfère de loin une forme plus libre pour que les pièces respirent. Il a collaboré avec de prestigieux artistes comme Charlie Haden, Al Di Meola et Enrico Rava. C’est d’ailleurs avec ce dernier qu’il a enregistré la trame sonore du film Volver du réalisateur Pedro Almadovar. Dino Saluzzi est devenu un précieux collaborateur au fil du temps, puisque lorsqu’on a besoin d’un accordéoniste, c’est lui qu’on appelle, sa virtuosité étant comparable seulement au génie d’Astor Piazzolla et son plus récent album, Navidad de los Andes en est une preuve supplémentaire!

 

La New-Yorkaise Marilyn Mazur, une percussionniste, compositrice, chanteuse et danseuse, une femme de pratiquement tous les talents finalement! Autodidacte, elle a définitivement une approche singulière qu’on peut déceler dès ses premiers enregistrements qui datent du milieu des années ’70. Elle a collaboré avec nul autre que Nils Petter Molvaer, le fameux trompettiste norvégien, avec lequel elle avait formé le groupe Future Songs. D’ailleurs, ce dernier a un tout nouvel album Baboon Moon, fraichement sorti au début du mois de novembre et avec son plus récent album Celestial Circle, c’est une autre parution à ne pas manquer!



Ceci n'est qu'un aperçu de ce que l'on peut voir et entendre sur le site des Frères du Son, pour en savoir davantage, c'est en rendez-vous sur notre site web et sur notre nouvelle page Fan sur Facebook pour être à l'affût de nos nouveautés!

mercredi 9 novembre 2011

Parution de la Semaine - 1er Novembre 2011


Nils Petter Molvaer, le célèbre trompettiste norvégien est de retour avec Baboon Moon, un album plus texturé que jamais.

De son jeu feutré et créatif, le virtuose nous fait entrer dans une sorte de transe auditive. Très riche en arrangements par endroits, sinon épuré ailleurs, Nils Petter Molvaer revient avec un son à la fois plus Rock et plus planant, souvent en alternance au sein d’une même pièce. Des structures évolutives tapissent son plus récent opus où l’on sent l’artiste inspiré et en grand forme. Quelque part entre Bohren Und Der Club Of Gore (une des seules formations Doom-Jazz) et Erik Truffaz. Nils Petter Molvaer fait du Jazz, certainement, mais contemporain, voire exploratoire et pas seulement que du Jazz, mais des éléments de Rock-atmosphérique et de traitements électroniques sont largement employés par les musiciens. Une ambiance apaisante, mais que ne rend pas amorphe avec des passages plus intenses, énergisants et peut-être même un peu étourdissants par de rares moments, l’album Baboon Moon est définitivement rempli de surprises. Une touche psychédélique est présente, comme la pièce Recoil le démontre si bien, elle que l’on pourrait facilement qualifier de Jazz-Fusion, sans émuler Miles Davis pour autant. Certains moments plus introspectifs ailleurs sur le disque me font penser au travail d’un autre talentueux trompettiste et un compatriote norvégien, Arve Henrikson.

Baboon Moon est une œuvre toute en relief, avec de fines subtilités au niveau des structures de pièces autant que les arrangements et très bien réalisée. À mon avis, jamais le trompettiste a aussi bien mis en valeur et aussi bien entouré. La guitare électrique est efficace dans son jeu sans se faire trop criarde ou présente, une basse bien ronde et une batterie lourde ajoutent beaucoup de profondeur aux compositions de Nils Petter Molvaer. L’artiste nous emporte dans son univers musical particulier avec une aisance sans pareille et c’est avec un grand plaisir, sinon un envoutement quasi total, qu’on se laisse prendre au jeu. On décèle aussi quelques percussions inusitées comme la Hang-Drum ou le vibraphone que je crois entendre sur quelques passages, avec le Theremin comme Portishead l’utilise si bien et le recours à des effets de bandes magnétiques (des Tape Effects sous vous préférez). Donc un album riche en instrumentation, malgré l’impression de minimalisme qui plane tout au long de notre écoute, mais je vous dirais que ce n’est pas seulement ceci qui plane bien souvent, mais nous également, avec Nils Petter Molvaer, c’est presque toujours garanti! Baboon Moon est un album qui est aussi parfois dissonant, dérangeant et déstabilisant, définitivement un disque aux multiples facettes qu’il ne faut pas passer à côté!

Molvaer et ses musiciens en studio pour l'enregistrement de la pièce Mercury Heat