dimanche 29 janvier 2012

Parution de la Semaine - 24 Janvier 2012


Le duo Chairlift fait une musique Pop bizarroïde comparable à St. Vincent, principalement pour l’humour incisif des paroles sur Something, leur nouvel album.

Côté musical, le binôme, originaire de Boulder au Colorado, a été formé en 2006 par Caroline Polachek, au chant et aux claviers avec Patrick Wimberly, à la basse et aux percussions. Maintenant relocalisé à Brooklyn, Chairlift fait un style musical similaire aux groupes Yeasayer et MGMT, jusqu’à un certain point. C’est joyeux et entraînant, rien de trop mélancolique, ce qui fait de Something un disque qui coule bien du début jusqu’à la fin. Dès la première pièce, Sidewalk Safari, avec ses élans de folie, on nous donne le ton pour ce qui suit. Un peu déjanté, sans se prendre pour autre chose, on ne verse jamais dans l’expérimental pour faire simplement différent. Les touches vaguement New-Wave et les claviers qui font immanquablement un clin d’œil aux années ’80 sont omniprésent à travers l’enregistrement. L’organe vocal de Polacheck est particulièrement intriguant et ajoute énormément au genre que Chairlift produit, c’est ce qui distingue probablement la formation de toutes les comparaisons qu’on puisse faire d’eux.

Chairlift avec 4 Pièces de l'album Something

Auparavant un trio, le 3e membre fondateur, Aaron Pfenning, ayant quitté la formation en 2010, la recette colle peut-être un peu mieux à deux et je dirais que dans l’ensemble, l’enregistrement est moins éparpillé que sur Does You Inspire You, leur album précédent, paru en 2008. Nécessairement, la musique de Chairlift n’est rien de révolutionnaire, mais Something a définitivement un je ne sais quoi de rafraichissant. Est-ce c’est leur aspect Pop-exploratoire tout en demeurant accessible avec des touches éclatées qui captivent autant l’attention, probablement… L’instrumentation demeure riche, malgré les élans de simplicité mentionnés. Un heureux mélange de styles et un drôle d’équilibre, sans se prendre trop au sérieux pour autant, je penses que c’est-ce qui fait la formule gagnante sur le nouveau disque de Chairlift!

Clip dansant pour la pièce Amanaemonesia de Chairlift

dimanche 22 janvier 2012

Parution de la Semaine - 17 Janvier 2012


Alog est un duo norvégien qui revient avec l’album Unemployed, un collage sonore expérimental.

Alog est né en 1997, pendant une tempête hivernale, à Tromsø, une ville aux confins nordiques de la Norvège, par Espen Sommer Eide et Dag-Are Haugan. Depuis, la formation s'est créé une solide réputation dans le milieu de la musique exploratoire, un peu partout, mais principalement à travers la Scandinavie. Sur Unemployed, leur plus récent album, Alog a conçu une musique atmosphérique de la première à la dernière note. Le disque nous emporte dans une sorte d’univers parallèle où la Pop radiophonique n’existe pas et où le bon goût est toujours mis au premier rang. Certains passages me font penser à du classique contemporain et les traitements sonores me rappellent les albums Kid A et Amnesiac de Radiohead. On y retrouve aussi des éléments Jazz, de l’instrumentation non seulement synthétiques avec l’utilisation de guitares électriques, batterie et autres percussions, rehaussées par des effets et filtres variés. Les compositions ont des structures musicales inusitées, des rythmes irréguliers, avec des échantillons en provenance de pays lointains et d’anciens enregistrements, du moins, c’est l’impression qu’ils nous laissent. La répétition est au menu, on peut la percevoir par moments étant soit un peu agaçante ou envoutante, selon l’écoute qu’on en fait et l’état d’esprit dans lequel on se trouve.

Alog - Aperçu de l'album Unemployed via Experimedia

Au fil des années, nos 2 protagonistes ont fabriqués plus d'une demi-douzaine d'enregistrements pendant de longues sessions improvisées, lorsqu'ils étaient captifs du climat, au cours de leur déplacements sur les différentes îles de leur pays. Ils se débrouillaient pour trouver des sonorités qui les interpelaient, à partir d'instruments ou d'autres objets trouvés sur les lieux. D'ailleurs, Espen a fait la conception d'une application pour iPad, en plus de créer sa musique sous le pseudonyme Phonophani, son projet solo. C’est évident que selon notre cheminement de mélomanes, l’appréciation de leurs enregistrements peut largement varier, mais l'exploration musicale vaut amplement la peine d'être entendue! Alog me fait aussi un peu penser à Matmos, jusqu'à un certain point et pour vous en convaincre, je vous propose un retour dans le temps, c'est-à-dire en 2007, avec ce vidéo pour la pièce Son of a King, extrait de l'album Amateur. L’œuvre visuelle est inspirée par le meurtre du Tsar russe Orlov et de sa famille en 1918, réalisée par l'artiste-peintre et cinématographe, Julia Zastava, la captation s'est fait dans l'ancien palais familial, en souhaitent que son visionnement ne vous hante pas trop!


Présentation de Movement I-V, l'application pour iPad en question

lundi 16 janvier 2012

Parution de la Semaine - 10 Janvier 2012


Le jeune compositeur Bill Ryder-Jones, ancien guitariste pour le groupe The Corals, a créé une série de magnifiques pièces pour If…, son premier album solo.


Cet anglais pas encore trentenaire, est bourré de talent, un plus d'être pianiste, guitariste et violoniste, il s'adonne au chant, en créant des œuvres très cinématographique. Le volet instrumental aux arrangements axés autour du piano et d’un quatuor à cordes me fait penser à ce que font Danny Elfman, Max Richter et John Metclafe.

Pour le côté vocal sur l'album If..., nous sommes en présence d’une voix timide au timbre presque narratif, un peu à la manière de Son Lux, Dntel, The Notwist et Sébastien Schuller, tant pour l’aspect mélodique de ses compositions et la fragilité de son chant empreint d’une grande sensibilité. Ces passages vocaux semblent apparaitre de nul-part, puisque l’album est majoritairement instrumental, avec une prononciation nonchalante de la part de Bill Ryder-Jones et son accent typiquement britannique, qui me fait un peu penser à Pink Floyd. En plus de son filet de voix, on retrouve quelques harmonies vocales féminines fournies par Ana Calvi, pour venir d’autant plus rehausser les pièces musicales, sans pour autant qu’elle énonce des propos concret et qui laissent place à l’émotion d’abord et avant tout.

Bill Ryder-Jones - If... Remixes via Double Six

Enregistré après une conversation avec Laurence Bell, le propriétaire de l’étiquette de disques Domino, où il suggérait à Bill Ryder-Jones de concevoir une série de pièces pour un film imaginaire, le disque If… se veut une adaptation musicale du livre If on a Winter Night a Traveler de l’auteur Italo Calvino, où chaque pièce représente un chapitre distinct. La majorité de l’enregistrement a été réalisé avec l’orchestre Royal Liverpool Philharmonic lors de différentes sessions au cour de l’année 2010. Les arrangements à cordes sont utilisés avec brio de la part de Bill Ryder-Jones, pratiquement à chaque pièce pour remplacer la voix ou venir rehausser ses propos, ce qui me rappelle les créations de l’italien Ludovico Einaudi, une de mes très belles découvertes en 2011!

Bill Ryder-Jones avec la pièce A Leave Taking tirée de son premier maxi


dimanche 15 janvier 2012

Les Genres de Chez-Nous - Janvier 2012



Bien du chemin a été parcouru par le jeune et fort talentueux Jesse MacCormack et sa bande depuis l’époque où le groupe s’appelait Mac avec un «c», lorsqu’ils vendaient leurs enregistrements de manière indépendante pendant leurs spectacles. Aujourd’hui, Mak est signé par l’étiquette de disques L-ABE, tout comme Jean-François Lessard, Vander, Doba et The Blue Seeds, en plus, le disque est distribué par la machine Sélect, donc on peut le retrouver un peu partout. Je suppose que la formation a dû modifier son épellation pour éviter des démêlées judiciaires, probablement suite aux conseils que leur nouvelles maison de disque a probablement suggérer.


Les riches sonorités et des structures de pièces raffinées sont au menu sur l’album homonyme de Mak. On se retrouve quelque part entre l’ambiance feutrée et très texturé de Patrick Watson et la richesse instrumentale à la sauce Radiohead ou Karkwa avec des paroles anglophones, vues les racines de Jesse, parolier et multi-instrumentiste de la formation. Des ambiances toutes en subtilités et d’une grande sensibilité, livrées avec des harmonies vocales masculine/féminines hautes perchées, avec beaucoup de souffle un peu comme la façon de chanter de Louis-Jean Cormier, chanteur du groupe Karkwa. On pense également à Leif Vollebekk et Armen at the Bazaar, pas seulement pour les similarités de l’aspect vocal, mais aussi pour le volet musical très atmosphérique. Les progressions d’accords sont parfois étonnantes, mais toujours efficaces et recherchés, servies avec une réalisation soignée. On se la joue Néo-Soul avec l’utilisation de l’autotune sur la pièce Young Lads, ce qui me fait inévitablement tracer des liens avec James Blake et Jamie Woon, mais tant que c’est bien effectué, comme c’est le cas avec Mak, ça me va!


Grâce à un habile mélange de Rock-exploratoire, d’éléments Folk et d’Électronica, le disque ressort inévitablement du lot et ce, malgré les influences senties. Je dois avouer que j’ai été légèrement étonné de voir arriver cet album dans les bacs de disquaires, une agréable surprise de voir jouer d’audace une étiquette québécoise et un bon coup pour elle, mais, comme l’enregistrement est en anglais, on vise vraisemblablement un large marché. Avec la qualité et la sincérité déconcertante avec laquelle chaque pièce a été conçue, ce n’est qu’une question de temps avant que Mak laisse une profonde marque dans le paysage musical, non-seulement montréalais, mais sur le monde de la musique au sens large, tellement que c’est une œuvre aboutie et ce n’est qu’un début! Voici l'entrevue des Frères du Son avec le groupe réalisée à leurs débuts, il y a environs 2 ans déjà, bien des choses ont évolués au sein de la formation depuis, n'empêche que ça donne un aperçu de son énergie...

 Bon divertissement!