mercredi 29 février 2012

Les Genres de Chez-Nous - Février 2012



Pierre Fortin, le batteur pour les groupes Galaxie et Les Dales Hawerchuck, arrive avec Mécanique D’hiver, un premier disque étonnamment très poétique et tout en harmonies. 


L’esthétisme de la pochette de l’album est similaire à celle d’OK Computer de Radiohead, malgré que le contenu ne s’y compare pas du tout. Pierre Fortin nous livre des pièces aux paroles élévatrices et sans prétention, qui nous pousse à s’assumer pleinement, particulièrement sur la chanson Deal qui clôt l’album. Par contre, on a parfois un peu de difficulté de comprendre tous les mots énoncés, avec son timbre de voix grave et son ton un peu narratif, surtout selon la qualité du système de son par lequel on l’écoute, souvent déficient au niveau de la clarté de fréquences qu’il emprunte. Un univers sonore et lyrique qui est non sans rappeler celui d'un autre émérite Fortin, Fred, avec lequel ils partagent que le patronyme, mais qui n'a aucun lien de sang avec Pierre, ni Dédé d'ailleurs...

Pierre Fortin - Enligne via C4 Productions
 
Au niveau musical, on retrouve un jeu rythmique recherché, rien d’anormal lorsqu’on connait le parcours du percussionniste, servis avec des arrangements stylisés, à la fois simples et efficaces. Au menu sur Mécanique D’hiver, on retrouve des lignes de synthés bien grasses et des guitares fuzzées à souhait. Pas étonnant, quand on sait quels musiciens ont participé à son enregistrement, c’est-à-dire, Dan Thouin et Olivier Langevin, qui sont dans l’entourage de l’artiste depuis des lustres! En solo, Pierre Fortin se retrouve à faire quelque chose d’assez différent de ses projets précédents pour se démarquer, des pièces qui ne détonnent évidemment pas tant de ce que Galaxie peut faire de mieux, mais suffisamment différent pour apporter quelque chose de rafraichissant, sans pour autant déplaire aux amateurs de ces derniers.

dimanche 26 février 2012

Parution de la Semaine - 21 Février 2012


Le duo brooklynois Sleigh Bells revient avec Reign of Terror, un album plus déjanté que jamais!

Probablement leur enregistrement plus Rock synthétique aux touches psychédéliques, qui flirte parfois avec le Noise. Très percussif au niveau rythmique, Sleigh Bells nous mitraille ses chansons avec la voix de  Alexis Krauss qui énonce des propos pratiquement indiscernables. Le ton est énergique au superlatif, avec un aspect vocal qui se retrouve quelque part autour de St. Vincent pour le volet Pop-atmosphérique avec beaucoup de mordant et qui est non sans me rappeler le plus récent album de Duchess Says, autant pour l’énergie déployée dans le chant qu’au niveau musical. Un son rafraichissant, tout en préservant des structures de pièces accrocheuses est le mot d’ordre sur Reign of Terror, le plus récent disque du groupe qui détonne inévitablement de Treats, leur album précédent qui se faisait beaucoup plus conventionnel. Une sonorité presqu’aussi massive que celle d’Atari Teenage Riot, définitivement avec beaucoup moins de révolte et davantage chanté que criard au niveau lyrique.
Crush de Sleigh Bells
 
C’est sans aucun doute la voix de Alexis Krauss qui soude parfaitement les aspects contrastants sur leur plus récente œuvre. Elle me fait penser à une sonorité quelque part entre les formations Cults, Grimes et School of Seven Bells, sans pour qu’on puisse en dire autant au niveau des arrangements musicaux, qui se font ô combien plus rentre dedans qu’ambiants. Malgré l’emphase mise sur les percussions, les harmonies sont également fortement de la partie, c’est bien ce qui, à mon avis, vient établir l’équilibre sur l’album Reign of Terror. Un alliage parfait entre l’univers Rock, avec ses gros riffs de guitares et l’utilisation de la distorsion, combinés à un genre de Pop-atmosphérique un peu sombre, qui fait en sorte qu’on ne s’ennuie pas une seconde à l’écoute de la plus récente création de Sleigh Bells
Sleigh Bells avec leur vidéo pour la pièce Comeback Kid

jeudi 23 février 2012

Spectacle du Mois - Février 2012

Samedi, 18 février dernier, se déroulait une soirée bien particulière nommée; Clandestine Lab, destinée aux amateurs de grosses basses sales et de danse frénétique, dans une ancienne manufacture transformée en salle de diffusion hors-entiers, Espace Griffintown, située dans l’ancien quartier industriel en voie d’être complètement transformé en zone résidentielle.

Ce fût pour moi une première de ce type d’évènement, puisque la musique Techno ou Trance n’étant pas mes styles musicaux préférés, je n’avais jamais été tellement attiré par les raves auparavant. Qui plus est, à l’époque où ils se faisaient plus fréquents et au goût du jour, je n’étais pas très à l’aise avec la danse, chose qui a bien changée chez-moi, surtout depuis l’émergence de ce que l’on nomme aujourd’hui la Bass Generation, c’est-à-dire, le Dubstep et tous ses dérivés, même si personnellement, je préfère le Drum N’Bass, par chance, nous avons eût droit à quelques élans, juste assez pour m’enflammer!


Le public réunis pour l’occasion était globalement dans le début vingtaine, à part quelques rares exceptions. De belles personnes et de bonne vibrations émanaient de ces jeunes gens qui étaient là pour une seule et même raison; se défoncer et se déhancher au son d’une douzaine de caisses de sons de 18’’ afin de nous faire vibrer jusqu’au lendemain matin. Se succédaient sur scène LeBelgeElectrod et plusieurs nouveaux noms dans le domaine tels que Construct, Beatoven et Apashe, pour ne nommer que ceux-ci, les uns se confondaient aux autres de sorte que le tout était quelque peu indissociables pour celui qui portait plus ou moins attention. La soirée ne s’est pas déroulée sans failles causé par quelques problèmes techniques qui venaient de temps à autre nous sortir de nos bulles dansantes, mais somme toute, rien de majeur et il faut parfois s’y attendre, vu la longueur de ce type d’évènement et le matériel qui surchauffe parfois sous la chaleur des projecteurs.

Extrait de Showtime via Beatoven 


Le son était pour dire le moindre, massif, l’éclairage convenable mais sans plus, mais ce qui a retenu le plus mon attention, ce sont les artistes qui étaient à l’œuvre en créant des Live Paintings et surtout, les projections du VJAcess Denied?, qui nous en a mis plein les yeux pendant toute la nuit. Des textures étonnantes, sur grand écran avec des images d’une rare qualité, étaient projetées derrières les bidouilleurs de sons et les quelques danseurs montés sur scène, qui visiblement, étaient en manque d’attention. Par chance, cet inconvénient n’as pas duré trop longtemps, les organisateurs de l’évènement se chargeaient de les faire redescendre et ce, à mainte reprises… Ce qui m’a un peu surpris, c’est l’heure qu’ils ont décidés de terminer la soirée, vers les 6h du matin, puisque la programmation devait normalement se poursuivre 3h de plus...

 
Peu importe, les gens présent étaient vraisemblablement saturés de danse et de basses, je vous avouerais qu’après des heures de danse d’affilées, c’est tout un entraînement et que peu importe le corps, aussi en forme soit-il, la fatigue vient immanquablement à entrer en ligne de compte. Seul bémol, au niveau des décibels, vers la fin de la soirée une fois que la salle s’est fait un peu moins comble, les basses ont commencés à saturer, bien normal, moins de corps étaient présent pour venir les absorber. Chapeau aux Massive Misters et Mess With the Best, les principaux organisateurs de cette mémorable soirée, bien d’autres évènements du genre sont sous aucun doute à prévoir dans un avenir rapproché et je dois avouer que j’ai déjà hâte au prochain!

dimanche 19 février 2012

Parution de la Semaine - 14 Février 2012



















Le pianiste norvégien Tord Gustavsen revient avec une redoutable formule en quatuor sur le somptueux album The Well.

Les 4 musiciens chevronnés nous servent un Jazz-contemporain méditatif à souhait, sans être ennuyant pour autant, avec les compositions de cet enregistrement, d’une qualité toujours égale à celle que l’on peut s’attendre de l’étiquette allemande ECM. Le disque The Well est doté d’une prise de son exceptionnelle, remplies de pièces toutes en reliefs et en subtilités, probablement les plus inspirées et abouties de Gustavsen jusqu’à présent. Avec une interprétation d’une grande finesse, et avec raison, puisque nous retrouvons Tore Brunborg au saxophone ténor, Mats Eilertsen à la contrebasse et Jarle Vespestad aux percussions, comme entourage du pianiste, on pouvait difficilement demander mieux! Ensemble, ils ont conçu une œuvre similaire à une espèce de suite classique, laissant place à une grande part d’envolées improvisées et de déconstruction typiquement issues de l’univers Jazz, de sorte que les compositions de l’album The Well respirent et prennent leur temps afin de tapisser nos oreilles d’ambiances feutrées.
Tord Gustavsen Trio - Still There
 
Sur The Well, le saxophone prend un rôle très important dans l’atmosphère générale du disque, si bien que l’on pourrait croire que cet album n’est pas issu de seulement Tord Gustavsen, puisque son jeu au piano passe parfois au second plan. Qu’importe, puisqu’au sein de ce quatuor, on ne ressent aucunement une compétition entre les musiciens pour se faire valoir, bien au contraire, ils sont au service de la musique et forment un tout cohérent, pratiquement en parfaite symbiose. Des moments de grâce sont au menu, c’est peu dire, prenant en considération le parcours impressionnant de ces musiciens norvégiens et ce, même après le magnifique album Restored, Returned que Gustavsen nous avait produit, il y a déjà un bon 2 ans. Avec The Well, son œuvre la plus récente, l’artiste nous démontre une fois de plus qu’il ne cesse de prendre de la maturité et surtout, qu’il sait mieux que jamais comment bien s’entourer, une sagesse sonore sans égale à laquelle l’auditeur ne peut éviter de se faire envouter!
Prestation de 3 pièces : Sustinete, Token of Tango et Interlude

dimanche 12 février 2012

Parution de la Semaine - 7 Février 2012


Mux Mool fait un genre de Hip-Hop instrumental aux penchants IDM, aux élans à la fois Ambiants et funky, sur son plus récent album; Planet High School.

Derrière le nom est Brian Lindgren, un artiste du Minnesota, mais relocalisé à New-York pour sa carrière, que l’on pourrait comparer à Alias, Blockhead, Deru et Prefuse 73, ce qui le différencie de tous ceux-ci est sa manière de concevoir des structures ultra-accrocheuses et relativement simples, pour arriver à être tout simplement efficace, sans avoir recours à du superflu, je crois personnellement que c’est la facette que j’admire le plus de sa musique. Malgré la simplicité, rien ne l’empêche d’explorer différents volets musicaux, on passe parfois du Drum n’Bass, au Jazz autant que par le Glitch, les pièces de Mux Mool réussissent à surprendre à chaque fois! De subtiles structures polyrythmiques, simplement efficaces desquelles émanent une énergie positive peu commune de pratiquement chacune des pièces de Planet High School, le plus récent enregistrement de l’artiste et c’est très bien comme ça! Ce qui résulte de l’écoute de l’album, une expérience stimulante, entraînante et captivante que l’on veut refaire encore et encore, ma foie, il m’a transformé en junkie de ses sons!


Raw Gore par Mux Mool


Après la parution de Skulltatse, son premier disque en 2010, les attentes étaient élevées pour sa nouvelle production, mais elles ont toutes étés sauf déçues! Mux Mool revient en force, armé de ses nombreuses écoutes de mélomane insatiable de l’ère informatique, juxtaposant des influences très contemporaines à celles du passé. La musique, c’est pratiquement toute la vie de ce geek assumé et amateur des émissions Star Trek de Next Generation, qui dit passer le plus clair de son temps à la création musicale et la recherche sonore, en constante quête d’échantillons qui lui titille le conduit auditif. Espérons que son appétit et surtout, que son esprit créatif, soient constamment nourris, puisque nous sommes bien loin de nous lasser des fabrications sonores que Mux Mool nous propose!

lundi 6 février 2012

Chef-D'Oeuvre du Mois - Janvier 2012


Impossible de passer à côté de Piano Mal, l’album solo de Julien Sagot, percussionniste et à ses heures chanteur pour quelques pièces de Karkwa, un impressionnant premier enregistrement s’il en est un!

On l’a connu pour les pièces Pili-Pili et Au-dessus de la Tête de Lilijune qui ressortaient du lot et qui détonnaient de la voix de Louis-Jean Cormier, si bien qu’on le sentait cantonné dans un projet qu’il n’était pas tout à fait le sien. Maintenant dans un projet beaucoup plus personnel, Julien nous arrive avec un album tout en relief, riche autant vocalement qu’au niveau instrumental, puisque Piano Mal est tout sauf un enregistrement qui se concentre uniquement sur une seule facette, un brin mélancolique, certes, mais loin d’être déprimant pour autant. Sagot, de sa voix chaude et profonde nous susurre une poésie sombre avec son accent qui fait bien plus européen qu’autre chose. Le bonhomme est bien entouré, avec Simon Angell, guitariste de Patrick Watson et de la formation suédoise Thus:Owls, avec son approche singulière, qui donne une atmosphère de western spaghetti et de Leif Vollebekk, avec son organe vocal et ses talents de multi-instrumentistes, ajoutent énormément à l’ambiance globale du disque.


C’est certain qu’on peut tracer des liens avec les débuts de Jean Leloup, jusqu’à un certain point, surtout pour l’accent, mais c’est beaucoup plus musicalement aventurier avec des structures de pièces pour oreilles averties. Rien qui ne surprendra nécessairement les amateurs de Karkwa, mais il y a quelque chose sur le disque Piano Mal qui se distingue suffisamment de ces derniers pour donner un album rafraichissant. Visiblement, les gars s’en sont donnés à cœur joie en studio et ils avaient toute la latitude nécessaire pour créer en toute liberté, signés par la nouvelle maison de disques, Simone Records, mise sur pied par Sandy Boutin, le gérant de Karkwa et l’instigateur du Festival de Musique Émergente en Abitibi, qui d'ailleurs, en est déjà à sa 10e édition cette année, gageons qu'elle sera remplie de surprises et surtout, une cuvée à ne manquer sous aucun prétexte... Mais revenons à nos moutons, avec le disque Piano Mal qui est l’un des trop rares enregistrements qui, à mon humble avis, arrive à transcender les époques, les modes et qui réussira sans doute à marquer profondément le paysage musical québécois!

dimanche 5 février 2012

Parution de la Semaine - 31 Janvier 2012



Darkness Falls est un duo de voix féminines danois qui arrive avec Alive in Us, un premier album très atmosphérique, réalisé par Trentemoller.

La formation formée en 2009 par Josephine Philip au chant et claviers avec Ina Lindgreen, à la basse et guitare est dotée de vocalises quasi fantomatiques. Si la voix ne nous semble pas étrangère, c'est parce que nous avons entendue Philip sur la pièce Even Though You’re with Another Girl du disque Into the Great Wide Yonder de Trentemoller.  Pour leur premier enregistrement ensemble, les filles de Darkness Falls nous servent une ambiance feutrée et des sonorités éthérés, des arrangements étonnamment organiques de la part du producteur de musique électronique, mais pas si étonnant, si l’on se rappelle la compilation Harbour Road Trips 01 : Copenhagen, où Anders Trentemoller nous étalait ses influences et ses coups de cœurs du moment, paru il y a déjà 3 ans, mais avec Darkness Falls, c'est une variante Dream-Pop un peu sombre totalement assumée.
DarknessFalls - The Void (Trentemoller Piano Version)
 
 Des ambiances mystérieuses, légèrement mélancoliques et parfois un peu lugubres, planent tout le long du disque Alive in Us, de manière que les chansons de Darkness Falls accompagnent à merveille les journées grises de l’hiver. On se sent près d’un lieu portuaire, brumeux et froid, un peu à l’image du magnifique clip réalisé pour leur pièce The Void. Il faut avouer qu’à chaque fois que Trentemoller enfile le chapeau de réalisateur pour quelqu’un d’autre, impossible de laisser l’auditeur de glace. On reconnait sa touche sur l’album Alive in Us, un peu comme il l’avait si bien fait pour Lulu Rouge, qui a malheureusement un peu passé sous le radar, il y a quelques années, vue que sa notoriété n’était pas celle qu’il bénéficie aujourd’hui. Gageons que nous avons tout sauf terminé d’entendre parler de Darkness Falls!
 

jeudi 2 février 2012

Baladodiffusion des Frérots Édition Février 2012



Pour la balado mensuelle des Frères du Son, édition de février, on vous sert une autre émission haute en couleurs! On a sortis nos meilleures découvertes pour vous faire momentanément oublier les pires températures que l’hiver peut nous faire subir, les temps froids et gris, mais aussi rendre vous journées ensoleillées encore plus lumineuses!


Avec cette capsule d’Une Note Vaut Mille Mots, on vous propose une brochette de musique instrumentale bien relevée, comme on les aime et la capsule commence comme suit:

Avec The Field, c’est le projet du producteur de musique électronique suédois, Axel Willner, qui fait dans le genre Techno-minimaliste, aux accents Ambiants-exploratoires. Depuis ses premiers enregistrements en 2005, The Field a accumulé 3 albums sur l’étiquette Kompakt, pour devenir l’une de ses têtes d’affiches. C’est un expert en succession de couches sonores qui forment des structures complexes et denses, tout en étant hypnotiques et aériennes, avec des touches de claviers rétros à la sauce New-Wave, un peu comme le font Nicolas Jaar, M83 et la formation Walls, par exemple. Au niveau de la polyrythmie et ses accents expérimentaux mais dansants, je pense à Four Tet et Apparat, entre autres. The Field a probablement conçu son œuvre la plus aboutie avec la sortie de Looping State of Mind en 2011, qui allie tous les éléments de ce qu’il fait de mieux et les meilleurs trucs qu’il nous cachait dans ses manches jusqu’ici, un très bon disque d’une série d’albums qui ne donnent pourtant pas leurs places!

Holy Other, un bel exemple de la Pop qui s’accapare des éléments Dubstep, c’est particulièrement intéressant quand c’est réussi comme c’est le cas avec cette formation anglaise, qu’on pourrait aussi qualifier de Witchouse, vu l’aspect déstabilisant et l’ambiance mystérieuse qui émane de leurs univers sonore. Holy Other mélange l’euphorie de la musique House, mais avec une approche plus downtempo, des rythmes patraques du monde du Dubstep combinés à la sensualité du R&B. Bien peu de choses peuvent être dites en lien avec le projet musical et puisque comme c’est souvent le cas dans le style, on n’en dévoile pas trop, question de laisser planer le mystère. Finalement, Holy Other fait sur With U, leur premier maxi, un genre musical qui se rapproche des formations Esben & the Witch, Nedry et tous les dérivés du style rétro-futuristes à la James Blake, quelque chose d’un peu étrange tout en étant particulièrement accessible.

Avec le pianiste et compositeur Italien Ludovico Einaudi, qui fabrique des compositions Néo-Classiques instrumentales souvent rehaussées par des arrangements pour quatuor à cordes. Ses structures sont dérivées de l’école de pensée des minimalistes et sont tout simplement sublimes avec une approche en toute sensibilité. Les pièces de l’album Divenire, sa plus récente création, ont juste assez d’audace pour ne jamais verser dans le kitsch, contrairement à la majorité qui tombe dans le piège. Ludovico Einaudi joue toujours entre les textures toutes en relief et les subtilité, son style est non sans me faire penser à Thomas Newman, Goldmund, Max Richter et Olafur Arnalds. Ce dernier se retrouve d’ailleurs à être aisément une autre de mes découvertes musicales les plus marquantes de l’année 2011, un très bon cru.

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
The Field - Arpeggiated Love (Looping State of Mind)
Holy Other - Know Where (With U) 
Ludovico Einaudi - Rose (Divenire)


BONNE ÉCOUTE!


Avec cette Capsule sur la musique du 7e Art, nous vous présentons les 3 meilleures trames sonores de l’année selon nos oreilles. Faut préciser que nous prenions en considération que les œuvres originales d’un seul et même artiste et non les bandes originales d’artistes variés. Voici pour votre bon plaisir et le nôtre, la chronique sur la musique de film qui nous a le plus interpellée cette année. Avant de commencer, je tiens à dire que cette courte liste n’était pas facile à sélectionner, puisque les choix étaient nombreux et que peu étaient retenus, mais tout de même, on y va de notre top 3.

En 3e position de ce mini palmarès, on retrouve Trent Reznor & Atticus Ross avec leur enregistrement épique pour le film The Girl With the Dragon Tattoo. Visiblement inspirés, les 2 comparses ont créés plus de 3 heures de musique sur 3 disques, des atmosphères constamment entre le planant et l'angoissant, on dirait que les pièces de la trame sonore reposent sur un mince fil de fer, tout comme notre santé mentale en écoutant cette œuvre franchement prenante et un peu dérangeante. Sur The Girl with The Dragon Tattoo, on entend des sonorités expérimentales proche du Noise et de l'Ambiant, avec des éléments Rock-industriel et une touche que l'on pourrait aisément qualifier de type Drone. Surpris, pas vraiment, mais que pouvait-on s'attendre d'autre de nos protagonistes, principaux concepteurs derrière la sonorité de la formation Nine Inch Nails? Rien de mieux pour ma part! Est-ce que c’était nécessaire de refaire une version américanisée de de l'adaptation cinématographique suédoise déjà très efficace du premier tome de la célèbre trilogie Millenium? Une chose est certaine, The Girl with The Dragon Tattoo a bénéficié d'un tout autre budget, ce qui ajoute au visuel et à l'ambiance générale surtout au niveau de la trame sonore, mais est-ce que ça en fait un meilleur film pour autant, ça, c'est un tout autre débat...
 
En deuxième position, Jónsi qui a signé la trame sonore pour le film We Bought a Zoo que j’estime être de loin supérieure que les prémices du nouveau film de Cameron Crowe! Jon Por Birgisson, dit Jónsi de son nom de scène, a confectionné plusieurs inédits pour les fins du film, avec Boy Lilikoi tiré de son premier effort solo, une célèbre pièce de Sigur Ros avec la très populaire Hoppípolla, et une un peu plus obscure provenant de son premier maxi, Go Do, qui viennent compléter l’album. We Bought a Zoo est l'une des meilleures bandes originales pour un film familial depuis Where the Wild Things Are, produite par Karen O, la chanteuse des Yeah Yeah Yeahs. Certaines des compositions plus introspectives me font penser au disque Riceboy Sleeps, effort conjoint avec son copain Alex Somers, l’habitué réalisateur de la majorité des enregistrements de Sigur Ros et membre invisible depuis toujours au sein de la formation islandaise. Jónsi chante dans sa langue natale ou inventée, également dans la langue de Shakespeare pour ce film américain, chose qu’il avait aussi fait pour Go, son premier disque solo. Les nouvelles pièces sont ni plus ni moins la suite logique de ce qu’il a créé à venir jusqu’à présent. Nécessairement, on ne retrouve rien de tellement étonnant lorsqu’on connait le parcours de l’artiste et son univers musical, mais une belle addition dans son registre déjà impressionnant et de plus en plus étoffé. La bande originale pour We Bought a Zoo est envoûtante au plus haut point, sans être remplie de surprises, elle est bien ficelée et comporte son lot de compositions qui retiennent l'attention et en font une belle addition au registre de Jónsi, une autre excellente création typiquement islandaise finalement!
 
En première position, c’est les Chemical Brothers qui remportent la palme avec leurs compositions pour le film Hanna. Un peu comme la formation Daft Punk l’a faite pour le film Tron, il s’agit ici de quelque chose de très différent de leur registre habituel! Les Chemical Brothers ont conçus des nappes sonores toutes en reliefs et en subtilités, beaucoup plus angoissant et prenant que le travail auquel Tom Rowlands et qu’Ed Simons  nous ont habitués et c’est tant mieux! Cette fois, les frères chimique ont joués d’audace et ça leur va à merveille, je dirais même que c’est ce qu’ils ont fait de plus poignant, à la fois relevé et planant, plus expérimental que jamais auparavant. Au menu sur la bande originale d’Hanna, on retrouve des pièces qui accompagnent à merveille et rehaussent d’autant plus les images du film, telle est la mission d’une trame sonore réussie. Les Chemical Brothers ont visiblement pu se permettre de sortir de leur zone de confort, en préservant la touche qui leur est propre, pour créer une rupture avec leurs disques précédents et réussir à emmener une partie de leur auditoire ailleurs, preuve d’une belle évolution et d’une grande ouverture créative de leur part… Tout ça fait de la trame sonore d’Hanna 50 minutes de pur bonheur!

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
 Trent Reznor & Atticus Ross - The Splinter (The Girl with The Dragon Tattoo)
Jónsi - Ævin Endar (We Bought a Zoo)
Chemical Brothers - Interrogation/Lonesome Subway/Grimm's House (Hanna)
  


Pour cette capsule de Style Comme Genre, cette fois-ci, nous avons décidés de vous parler du style bien particulier relié à un endroit et une époque précise et qui revient avec l’explosion des styles musicaux qu’on connait depuis plus d’une décennie. On parle du style Krautrock, une expression utilisée dans le jargon du milieu musical pour identifier une vague Rock-progressive, Électro-expérimentale, aux accents psychédéliques avec des emprunts au Jazz et au style cabaret en provenance de l’Allemagne de l’Ouest. C’est un genre qui a fait surface à la fin des années ’60, popularisé principalement en Grande-Bretagne autour des années ’70 et un terme largement utilisé par John Peel, le légendaire animateur radio à la BBC. Les artistes les plus connus associés avec la scène de l’époque passent par Tangerine Dream, Kraftwerk, Popol Vuh, Can et Neu! Tous des groupes qui étaient en réaction à un genre de filtre musical imposé par le régime politique en place de l’époque et une période où les allemands étaient en recherche d’une identité culturelle qui leur est propre. Leurs créations ont influencés la sonorité de groupes réputés comme Tortoise, Stereolab, Wilco (surtout sur l’album Yankee Hotel Foxtrot) et Mouse On Mars, pour ne nommer que ceux-ci.


On débute cette capsule thématique avec Brandt Brauer Frick Ensemble, c’est un trio axé autour de la rythmique, avec des structures qui nous martèlent même parfois un peu les tympans. Au menu sur l'album Mr. Machine, des arrangements complexes, avec un jeu distinctif qui me rappellent Igor Boxx (membre de la formation Skalpel) probablement pour l’aspect Krautrock, vues leurs influences et l’origine allemande de la formation. Un bon coup d’audace de la part de l’étiquette germanique !K7, celle-là même qui est derrière la série DJ Kicks, d’avoir signé ces talentueux artistes, aussi inspirés que rafraichissant dans leur démarche créative. C’est un bon exemple que le marché de la musique est ouvert face à l’évolution des goûts du public et qu’ils sont prêts à prendre des risques dans leur choix, ayant tout à gagner à agir ainsi, puisque les auditeurs démontrent qu’ils sont réceptifs à de nouvelles sonorités.



Suivie par une découverte de cette année, avec un album redistribué au Canada en 2011, mais originalement paru en 2009, la formation Whitetree : Un projet qui implique encore une fois Ludovico Einaudi, le pianiste et compositeur Italien qui fait des bijoux Néo-Classiques instrumentaux que je vous ai parlé à notre capsule d’Une Note Vaut Mille Mots un peu plus tôt. Cette fois, il s’est entouré des frères Robert et Ronald Lippok, membres de la formation To Rococo Rot. Ensemble, ils flirtent entre l’Acid-Jazz, la musique Classique contemporaine, le Rock-exploratoire, le tout avec des nappes sonores électroniques de type Ambiant et Techno-minimaliste. Sur l’album Cloudland, des élans très prenants entres plusieurs autres moments beaucoup plus en finesses sont au menu, ce qui fait de l’enregistrement un kaléidoscope émotionnel étonnant!

 

SØLYST termine cette capsule, c'est le projet solo de l’allemand Thomas Klein, batteur pour la formation qui allie des éléments de différents styles comme le Post-RockÉlectro-ambiantJazz-expérimentalKreidler, qui mélange habilement sons analogiques et synthétiques sur son premier album homonyme. On pourrait facilement étiqueter le genre IDM ou Post-Rock pour décrire le genre musical, mais ça ne serait pas vraiment rendre justice à la complexité des compositions et leurs juxtapositions de sons. Les structures ont une bonne part d’exploration sonore, tout en ayant un côté Ambiant prononcé et des répétitions accrocheuses et un choix d’instrumentation qui interpelle et se démarque. Quelque chose de tribal se dégage de certaines pièces, je dirais même que c’est le fil conducteur de l’enregistrement de SØLYST, de sorte qu’on entre pratiquement en transe dès les premières mesures de l’album! De lentes progressions en intensités sont le mot d’ordre pratiquement dans chaque pièce du disque de SØLYST, qui fait en sorte que notre écoute est stimulante et pratiquement différente à chaque fois, grâce à la polyrythmie irrégulière et du traitement sonore employé. On pense à Caribou ou Four Tet en termes d’artistes qui font une musique comparable et à Unkle et To Rococo Rot (formation avec laquelle il partage son bassiste) pour le volet plus Rock qui ajoute le mordant à son premier disque très inspiré.

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Brandt Brauer Frick Ensemble - Teufelsleitere (Mr. Machine)
Whitetree - Tangerine (Cloudland)
SØLYST - Malstrøm (SØLYST)


 
Pour notre Autopsie de CD ce mois-ci, on vous vous fait découvrir un disque d’un artiste en vous diffusant un trio de pièces d'un artiste qui fait une musique planante et de l'Art visuel sous un autre pseudonyme.


On vous parle de Tycho, qui est le projet musical d'un producteur de San Francisco nommé Scott Hansen, qui fait un type d’électronique-Ambiant comparable à Boards of Canada, Bibio, Dextro et des touches de claviers qui me font penser au duo français Air. Depuis ses débuts, il n’a pas arrêté de surprendre avec des parutions soigneusement travaillés, l’artiste peut prendre son temps, mais l’attente en a toujours valu la peine! Le maxi The Science of Patterns, son premier jet dans le monde musical en 2002 a été remarqué par les médias indépendants, mais c’est surtout avec la parution du disque Past Is Prologue en 2006, porté par l’attention gagnée par Sunrise Projector, le premier album complet de Tycho en 2004 que les choses ont commencées à bouger pour l’artiste.



En 2007, il signe sur l’étiquette GhostlyInternational et fait paraitre régulièrement des singles en travaillant sa sonorité, jusqu’à la sortie de Dive, son plus récent opus, paru au mois d’octobre 2011. Il faut aussi mentionner que l’artiste a une double vie, puisqu’en plus de créer des magnifiques morceaux musicaux, il est aussi un artiste visuel et conçoit ses œuvres sous le nom ISO50 avec son propre blog, où il nous propose ses concepts sur t-shirts et des imprimés, ses goûts musicaux, ses expériences créatives du moment, le tout toujours très stylisé et d’une manière professionnelle, à l’image de sa démarche musicale. En gros, sur l’album Dive, Tycho fait une musique entre l’IDM et le Post-Rock, avec des sonorités vaporeuses, un son de guitare éthérée, des structures toutes en relief aux répétitions hypnotiques, toutes en harmonie et remplies de belles mélodies.
 

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
A Walk
Hours
Adrift



À surveiller, notre entrevue avec Mathieu Roy, réalisateur du documentaire Survivre au Progrès, dès le 20 février via lesfreresduson.com. Une entrevue captivante disponible dans son intégralité en version audio et en version légèrement écourtée pour notre entretien vidéo, c'est à ne pas manquer!