samedi 31 mars 2012

Parution de la Semaine - 27 Mars 2012


Le projet musical Cubenx arrive avec ses sonorités à mi-chemin entre l’instrumental et la Pop-atmosphérique avec l’album On Your Own Again.

Cubenx c’est le pseudonyme du mexicain Cesar Urbina, immigré en Allemagne, vu les sonorités Techno qu’il produit. Il conçoit des structures hypnotiques, un brin répétitives, mais efficaces qui puisent des influences chez Depeche Mode et New Order au niveau des précurseurs et qui se compare à Four Tet et Apparat, au niveau de leur pairs plus contemporains. Avec une approche vocale un peu mielleuse et éthérée qui me rappelle l’époque New-Wave et ses arrangements tantôt ambiants, tantôt psychédélique et une bonne dose de Rock-exploratoire qui laisse beaucoup de place à la musicalité. Sur On Your Own Again, Cubenx ne réinvente certainement pas la roue, mais allie plutôt plusieurs de ces éléments avec élégance, et il a été très généreux au niveau de la durée de l’enregistrement, tout juste sous la barre des 60 minutes.

Can't Throw a Stone par Cubenx


Le chant nonchalant d’Urbina me fait un peu penser à la vague Dntel, Son Lux et The Notwist et tous ces non-chanteurs finalement… C'est certain que si vous recherchez une voix qui porte, vous n’êtes pas au bon endroit avec Cubenx, par contre, si vous voulez un timbre qui appui de subtiles nappes sonores à merveille, vous serez comblés! Les harmonies vocales et les mélodies sont ce qui accrochent le plus sur le disque On Your Own Again. Un enregistrement qui est globalement un peu linéaire, sans verser dans le copier-coller d’une pièce à l’autre, puisqu’elles sont suffisamment diversifiées pour en faire une écoute captivante et agréable. Cubenx a réussis à faire un de ces disques planants remplis de compositions qui passent aussi bien de jour comme le soir et qui, à mon humble avis, vient agrémenter la saison printanière comme pas un!


Vidéo pour la composition These Days de Cubenx

vendredi 30 mars 2012

Les Genres de Chez-Nous - Mars 2012


Half Moon Run, c’est la sensation de l’heure dans le monde Indie-Rock, Pop-atmosphérique aux accents un peu Folk avec son album Dark Eyes, et force est d’admettre que la folie qui entoure le trio est justifiée!

La formation est pratiquement pan canadienne, puisque ses membres sont originaires d’Ottawa et de Colombie-Britannique et qu'elle s’est formée à Montréal, avant de  mettre le feu aux planches un peu partout où elle s’est produite depuis. Avec le chant enflammé de Devon Portielje, aux guitares et percussions, entouré par Dylan Phillips aux synthés et à la batterie et Connor Molander, aux guitares, claviers et percussions, le trio ne cesse de laisser une forte impression sur son chemin... Que ce soit en faisant fureur à M Pour Montréal en passant par South By Southwest, mais pour une fois, je dois avouer que l’engouement derrière la musique que fait le groupe est justifié! C’est une espèce de variation du genre Folk contemporain, avec des emprunts atmosphérique à la sauce Radiohead, pour résumer grossièrement ce qu’est Half Moon Run
Le gars se retrouvent quelque part dans les sillons des nombreuses émules de Patrick Watson, pour un chant émotionnel et la richesse des arrangements, combiné à des élans instrumentaux à la manière de Mumford & Sons et des similarités avec le genre que fait la formation Mak, capables de touches un peu plus Soul qui distingue Half Moon Run de tous ces derniers. Une ambiance un peu plus rétro tapisse l’enregistrement, même que l’on se croirait catapultés dans les années ’70 par moments, étonnant, puisque les membres du groupe sont tous dans la jeune vingtaine et ils présentent une maturité étonnante, tant au niveau lyrique que musical! C’est, je crois, ce qui résume et qui fait ressortir l'album Dark Eyes de la majorité de ce qu’on entend ces derniers temps, un amalgame d’influences diverses, mais qui collent ensemble à merveille!

vendredi 23 mars 2012

Parution de la Semaine - 20 Mars 2012



La formation britannique Nedry arrive enfin avec A Dim Light, leur nouvel album fort attendu!
Après la sortie de l’excellent disque Condors, paru en 2010, revoici le trio de Londres avec leur version de ce que l’on pourrait dire faisant partie de la vague Post-Dubstep, mais qu’est-ce que ça mange en hiver? C’est une Pop-atmosphérique un peu sombre, des rythmes saccadés à la sauce Drum ‘N Bass, avec des touches synthétiques du type Ambiant avec des élans IDM, mais plus downtempo, près du Trip-Hop avec beaucoup de basses fréquences, c’est ce que je trouve de mieux pour décrire la sonorité de Nedry. Le distinctif wobble du Dubstep est peu présent, mais ressurgit lorsqu’on s’y attend le moins, même si je dois avouer que ce n’est pas tant la signature du groupe qui ne cesse de repousser les frontières du genre pour en arriver à un son singulier. Une sonorité comparable à Massive Attack et Elsiane, ces derniers qui feront d’ailleurs paraître un tout nouveau disque le 10 avril prochain, une autre parution à ne pas manquer pour les amateurs de musique recherchée tout en étant accessible, soit dit en passant, donc cette année, le printemps nous en fait voir de toutes les couleurs et pas seulement avec la température record que nous avons eût ces derniers temps, puisque beaucoup de chaleur se dégage de l’album A Dim Light malgré le style électronique!
8 pièces de Nedry via nedrymakesmusic
 
Avec Nedry, la polyrythmie est au menu, mais de toute manière, si elle n’y est pas on s’ennuie, qu’on se le dise une fois pour toutes. En moins d’écouter ce que j’appelle peu affectueusement les interludes musicales qui servent à vendre de la publicité aux radios commerciales qui passent en boucle sur les ondes et qui sont aussi subtiles que des éléphants blanc dans un champ de fraises (je ne vous en citerai aucun en exemple, vous savez de qui il est question)! Sur A Dim Light, une ambiance dramatique plane tout le long de l’enregistrement, entremêlée à une sensualité peu commune majoritairement due à la voix sulfureuse et au timbre particulier de Ayu Okakita, chanteuse du groupe. Il y a aussi l’énergique pièce TMA qui détonne de l’ensemble qui se fait plutôt feutré pour venir nous surprendre et qui vient créer une rupture avec le registre habituel de la formation. Ce sont aussi les arrangements soignés, les nappes de claviers, les petits sons étranges judicieusement disposés et les rythmes hypnotiques qui font en sorte qu’on ne démord pas du plus récent disque de Nedry, un de ceux-là qui accompagnent le printemps à merveille!
 Magnifique clip pour Violaceae, premier extrait du disque A Dim Light



dimanche 18 mars 2012

Parution de la Semaine - 13 Mars 2012


L’artiste suédois Harald Björk arrive avec Bigfield, son premier album complet et une approche de la musique Électronique qui rivalise aisément avec les plus grands noms du genre!

Le jeune bidouilleur sonore réalise des structures du type IDM, Techno-minimaliste, comparables à Apparat, Caribou et Four Tet, mais avec cette touche scandinave unique. Sa musique s’appuie sur ce qui se fait sur la scène allemande, tout en gardant une touche qui lui est propre, Harald Björk réussi à concevoir des pièces dansantes, à la fois complexes et naïves. L’album Bigfield est disponible numériquement depuis quelques années déjà, mais vient enfin de paraître physiquement sur le marché nord-américain. Une compilation de remixes vient a vue le jour plus récemment, avec la participation de Nathan Fake pour nommer un des artistes réputés qui ont remaniés les pièces entendues sur Bigfield, qui en soit, est déjà une œuvre toute en relief et très riche sur le plan de la polyrythmie.

Harald Björk - Bigfield via Harald Björk

Harald Björk travaille qu’avec des instruments physiques au lieu de logiciels de création de musicale, une approche qui est tout à son honneur et qui lui permet une plus grande versatilité pour ses prestations et qui, avouons-le, est beaucoup plus intéressant pour le spectateur que simplement assister à un artiste caché derrière son écran. Aux commandes de ses machines, le musicien nous sert une variété étonnante de sons, avec une maturité palpable avec une approche dynamique au genre, tout en réussissant de lui insuffler un vent de renouveau et ce, malgré les influences senties! Sur Bigfield, on retrouve des mélodies aux répétitions très accrocheuses, mais toutes en subtilités et des couches successives au niveau des arrangements, où l’on décèle pratiquement quelque chose de nouveau à chaque écoute. C’est ce qui, à mon avis, fait en sorte qu’Harald Björk se taille une place parmi les plus grands noms dans le domaine de la musique innovatrice.

lundi 12 mars 2012

Balado des Frères du Son - Édition Mars 2012



Pour commencer notre baladodiffusion, on vous propose notre capsule d’Un Petit Goût de Boulimie, qui résume les meilleures et plus récentes sorties de disques qui ont retenues mon attention. Un résumé des articles publiés ici même, qui sont également accessibles via lesfreresduson.com. Ce mois-ci, on vous fait entendre Bill Ryder-Jones avec sa pièce Enlace de son album If…, suivie par la formation Chairlift avec leur chanson Guilty as Charged extraite du disque Something, pour terminer avec le duo électro Alog et leur collage sonore Orgosolo I, de l’album Unemployed.

BONNE ÉCOUTE!
 
Avec notre capsule Made in Québec, on vous propose des artistes locaux qui font de la musique qui se distingue du lot. On commence ce tour d’horizon de notre terroir sonore sans plus tarder avec quelques nouveautés incontournables de chez-nous!

Impossible de passer à côté de Piano Mal, l’album solo de Julien Sagot, percussionniste et à ses heures chanteur pour quelques pièces de Karkwa, un impressionnant premier enregistrement s’il en est un! On l’a connu pour les pièces Pili-Pili et Au-dessus de la Tête de Lilijune qui ressortaient du lot et qui détonnaient de la voix de Louis-Jean Cormier, si bien qu’on le sentait cantonné dans un projet qu’il n’était pas tout à fait le sien. Maintenant dans un projet beaucoup plus personnel, Julien nous arrive avec un album tout en relief, riche autant vocalement qu’au niveau instrumental, puisque Piano Mal est tout sauf un enregistrement qui se concentre uniquement sur une seule facette, un brin mélancolique, certes, mais loin d’être déprimant pour autant. Sagot, de sa voix chaude et profonde nous susurre une poésie sombre avec son accent qui fait bien plus européen qu’autre chose. Le bonhomme est bien entouré, avec Simon Angell, guitariste de Patrick Watson et de la formation suédoise Thus:Owls, avec son approche singulière, qui donne une atmosphère de western spaghetti et de Leif Vollebekk, avec son organe vocal et ses talents de multi-instrumentistes, qui viennent ajouter énormément à l’ambiance globale du disque. Rien qui ne surprendra nécessairement les amateurs de Karkwa, mais il y a quelque chose sur le disque Piano Mal qui se distingue suffisamment de ces derniers pour donner un album rafraichissant. L’un des trop rares enregistrements qui, à mon humble avis, arrive à transcender les époques, les modes et qui réussira sans doute à marquer profondément le paysage musical québécois!

On enchaîne avec le jeune et fort talentueux Jesse MacCormack et sa bande depuis l’époque où le groupe s’appelait Mac avec un «c», lorsqu’ils vendaient leurs enregistrements de manière indépendante pendant leurs spectacles. Aujourd’hui, Mak est signé par l’étiquette de disques L-ABE, tout comme Jean-François Lessard, Vander, Doba et The Blue Seeds, en plus, le disque est distribué par la machine Sélect, donc on peut le retrouver un peu partout. Je suppose que la formation a dû modifier son épellation pour éviter des démêlées judiciaires, probablement suite aux conseils que leur nouvelles maison de disque leur a suggérés. Les riches sonorités et des structures de pièces raffinées sont au menu sur l’album homonyme de Mak. On se retrouve quelque part entre l’ambiance feutrée et très texturé de Patrick Watson et la richesse instrumentale à la sauce Radiohead ou Karkwa avec des paroles anglophones, vues les racines de Jesse, parolier et multi-instrumentiste de la formation. Des ambiances toutes en subtilités et d’une grande sensibilité, livrées avec des harmonies vocales masculine/féminines hautes perchées, avec beaucoup de souffle un peu comme la façon de chanter de Louis-Jean Cormier, chanteur du groupe Karkwa. On pense également à Leif Vollebekk et Armen at the Bazaar, pas seulement pour les similarités de l’aspect vocal, mais aussi pour le volet musical très atmosphérique. Les progressions d’accords sont parfois étonnantes, mais toujours efficaces et recherchés, servies avec une réalisation soignée. Grâce à un habile mélange de Rock-exploratoire, d’éléments Folk et d’Électronica, le disque ressort inévitablement du lot et ce, malgré les influences senties. Avec la qualité et la sincérité déconcertante avec laquelle chaque pièce a été conçue, ce n’est qu’une question de temps avant que Mak laisse une profonde marque sur le monde de la musique au sens large, tellement que c’est une œuvre aboutie et ce n’est qu’un début!

On continue notre capsule avec ce poète des temps moderne, Ivy, notre Slameur équivalent à Grand Corps Malade ou lui serait-il même supérieur, qui revient avec son deuxième album intitulé Hors des Sentiers Battus. Avec une plume aussi inspirée que Martin Léon ou les meilleurs moments de Daniel Boucher, combinée à des textes aussi conscientisés que fort à propos pour venir dépeindre le portrait de nos trains de vie quotidien et de la société actuelle. Habile des mots, Ivy s’amuse à véhiculer ses réflexions avec ses chansons aux arrangements plus étoffés que jamais auparavant, puisque Hors des Sentiers Battus est bien plus qu’un disque de Slam au sens officiel du terme. Une critique sociale, tel un pamphlétaire du nouveau millénaire, Ivy nous a concocté des odes aux malaises de notre manière de vivre d’occidentaux face à l’échec de nos choix, qui viennent bercer les préoccupations des plus allumés d’entres nous. Rares sont les enregistrements qui réussissent à faire aussi efficacement le reflet de nos travers, un peu comme Simon Jodoin l’avait fait sur son disque Folk-Off, mais davantage pour la philosophie partagée que de l’approche fort différente des 2 artistes sur leur forme d’écriture. Loin des discours creux et de la langue de bois, Ivy nous sacre en plein face nos plus beaux côtés comme les plus laids, un peu comme il l’avait fait sur Slamérica, son premier disque, mais avec des arrangements qui rehaussent d’autant plus ses propos!
PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Julien Sagot - Février (Piano Mal)
Mak - Cause to Effect (Mak) 
Ivy - My Name Was (Hors des Sentiers Battus)



Pour notre Triple à Trois du mois de mars, on a décidés de faire ça avec une ambiance feutrée en vous présentant 3 pièces issues de 3 disques différents d’un seul et même artiste qui porte différents noms. On ne le juge pas, à chacun ses fantasmes, mais on parle de quoi au juste, vous demandez-vous probablement...


D’Helios, c'est le projet électro-ambiant-expérimental de Keith Keniff, qui a démarré sa propre maison de disque qui s’appelle Unseen Music, pour chapeauter ses projets, puisque c’est lui aussi qui est derrière le pseudonyme Goldmund et qui se trouve à être la moitié de la formation Mint Julep. Ketih Kenniff créé également de la musique pour le 7e art sous son propre nom et pour Helios, le prolifique artiste américain, originaire de Portland, conçoit une musique instrumentale, aux accents un peu Post-Rock, planante, mais texturée où il utilise occasionnellement des sons environnementaux, comme des chants d’oiseaux, sans se faire Nouvel-Âge pour autant. C’est un genre de Classique contemporain aux accents minimalistes tout en autant diversifié au niveau de l’instrumentation employée.
Projets musicaux par Keith Kenniff - Helios
 
Helios fait une sonorité qui peut aussi bien être écoutée le jour comme le soir, avec ses ambiances toutes en relief, qu’on pourrait comparer à Boards of Canada et Eluvium, jusqu’à un certain point. On peut aussi dire que c’est le principal projet de Kenniff, avec 6 albums à son actif, dont un enregistrement devant public, c’est probablement son volet le plus synthétique, malgré que les instruments acoustiques sont omniprésents. Différent de ses autres projets puisque sous le nom Goldmund, qui est principalement axé autour du piano et qu’avec Mint Julep, le duo qu’il a formé avec sa conjointe Hollie Kenniff, où ils nous proposent une formule plutôt Pop-atmosphérique, mais cette fois avec du chant. Il faut admettre que le musicien ne chôme définitivement pas et qu’avec Helios, il peut se permettre d’explorer l’une de ses facettes les plus complètes et inspirée au plus haut point! En parlant d’altitude, on vous fait entendre la musique planante d’Hélios,sans vous faire attendre plus longtemps.
PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Velius (Unomia)
Rising a Wind (Ayres) 
Cross the Ocean (Unleft)



Avec notre capsule D’Autopsie de CD, on vous décortique un disque d’un artiste réputé, versatile et toujours aussi inspiré, peu importe la forme d’art qu’il décide de prendre pour s’exprimer. C’est évident qu’il n’avait pas vraiment besoin de publicité, mais son volet musical nous interpelle suffisamment pour qu’on ne puisse pas faire autrement que de vous en parler!

On connait évidemment le fameux David Lynch pour ses œuvres cinématographiques complètement déjantées, on sait aussi qu’il est un adepte de la méditation transcendantale, peintre et designer à ses heures, c’est d’ailleurs lui qui a fait la conception de l’architecture de son club privé Silencio, directement inspiré de la boite de nuit du même nom dans son film Mulholland Drive, qui a ouvert ses portes à Paris en octobre 2011 et qui est gratuitement accessible après minuit. Comme si tout ça n’était pas assez, le voici qu’il s’aventure en contrées musicales et tout ce qu’on peut s’imaginer, c’est que ça ne peut être autrement que très particulier. Avec son premier album complet intitulé Crazy Clown Time, paru au mois de novembre 2011, presque 9 mois après avoir accouché de son premier maxi Good Day Today-I Know où on sentait qu’il cherchait musicalement sa ligne directrice, on découvre un enregistrement évidemment très atmosphérique qu’on dirait directement sortie de Twin Peaks, justement, une trame sonore qu’il avait conçue avec Angelo Badalamenti.


L’ambiance est sombre, psychédélique et étonnamment entraînante. C’est un genre de l’Électro de type IDM, proche parent du Trip-Hop, mélangé à du Rock-expérimental où l’on peut entendre des passages vocaux féminins et ce que j’estime être du chant issus de sa propre voix rendue méconnaissable avec les différents filtres utilisés. On imagine que les collaborations n’ont pas dues être difficiles à trouver pour le célèbre réalisateur, donc c’est assez varié sur le plan vocal et musical. Souvent, on croirait entendre Neil Young sous l’effet de drogue dures, tellement que c’est éthéré comme traitement sonore. Au niveau des paroles, Lynch fait passer ses messages et des brides de sa philosophie, particulièrement sur la pièce Strange & Unproductive Thinking. Je comparerais le genre que David Lynch fait à du Death in Vegas ou si Lou Reed collaborerait avec Portishead, pour vous donner une idée de la sonorité de Crazy Clown Time, son premier album complet. Un titre très imagé qui en dit long et qui donne le ton pour les pièces entendues sur le disque, mais je pense qu’on ne pouvait pas vraiment s’attendre à autre chose de la part de l’artiste! Pour vous donner une bonne idée de ce que David Lynch fait musicalement, on a sélectionné 3 pièces de son plus récent album.


PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
The Night Bell With Lightning
Pinky’s Dream avec Karen O des Yeah Yeah Yeahs
Good Day Today


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dimanche 11 mars 2012

Parution de la Semaine - 6 Mars 2012


Le talentueux guitariste Rocco DeLuca débarque avec ses chansons touchantes et mélancoliques, sans être dépourvues d’un impressionnant dynamisme pour autant, sur son album Drugs ‘N Hymns.

Les compositions épurées de Rocco DeLucia, ce troubadour californien des temps modernes, me font un peu penser à la formation Days of the New, pour son approche axée sur l’instrumentation acoustique. Par contre, des pointes de traitements synthétiques se font sentir ici et là et se font omniprésente, probablement ce qui le différencie le plus de ces derniers. On sent l’artiste un peu écorché, voire même aux émotions à fleur de peau, sans jamais verser dans la victimisation. On devine qu’il a dû vivre bien des situations difficiles pour en arriver à composer d’une manière aussi authentique. Bien sûr, on retrouve une approche apparentée au Blues et au Folk, je crois même que c’est un genre de Gospel moderne sur son disque Drugs ‘N Hymns, qui d’ailleurs, ne pourrait porter un meilleur titre pour arriver à décrire l’ambiance entendue sur l’enregistrement, surtout si on se fie à la pièce titre de l’album, comme conclusion, avec son cœur et l’orgue qui viennent l’appuyer et rehausser d’autant plus notre expérience!

 Rocco DeLuca - Power Of One (Mont Orgueil) via Wilson Nash Recording


Les mélodies de ce protégé de Daniel Lanois nous hypnotisent, sa voix nous emporte quelque part dans au sud et dans un état second, où l’on ne sait plus tellement à quelle époque que l’on se situe, tellement que la prise de son un peu rétro, sinon Lo-Fi, de Rocco DeLuca se fait intemporelle. Des touches psychédéliques sont également de la partie sur quelques passages, particulièrement sur la pièce They Stride Like Gods, mais étonnamment, ces élans ne détonnent en rien du reste de l’album, qui allie les dobro, banjo, glockenspiel, piano, orgue et, plus souvent qu’autrement, seulement une grosse caisse en guise de base rythmique, entre des sonorités un peu plus exploratoires. En somme, c’est un disque qui se fait un peu court, mais vaut mieux en redemander que trouver que la sauce s’étire, ce qui est tout sauf le cas sur celui-ci! Franchement, Drugs ‘N Hymns est l’un de ces enregistrements qui nous transportent littéralement dans un monde parallèle, envoutés par l’atmosphère éthérée et le ton franc et chaleureux de Rocco DeLuca, qui détonne énormément du lot et qui est définitivement une belle surprise dans le paysage musical actuellement!

Clip pour la pièce Lucky de Rocco DeLuca de l'album Drugs 'N Hymns

dimanche 4 mars 2012

Chef-D’œuvre du Mois - Février 2012



La formation allemande Mouse on Mars revient avec Parastrophics, un autre bricolage auditif complètement enlevant!

Déjà 6 longues années après que la formation menée par Andi Toma et Jan St. Erner nous avait offert du nouveau à se mettre sous la dent, la voici qui revient enfin, mais l’attente en valait largement la peine, puisque leur nouvel opus part dans tous les sens et nous explose à la gueule comme une véritable bombe sonore. Sans danger pour notre santé, pas comme le manifestant collégial qui en a reçu une à l’œil par les forces de l’ordre, mais sans doute une menace contre la paresse intellectuelle, le plus récent disque de Mars on Mars nous assiège par sa richesse et sa diversité musicale, avec sa polyrythmie intensive et une variété étonnante d’échantillons les plus invraisemblables et hétéroclite les uns des autres! Telle une courtepointe auditive, Parastrophics nous en fait voir de toutes les couleurs, sans qu’on trouve l’alliage trop contrastant pour autant, puisque l’ensemble se tient d’un bout à l’autre, sans donner un moment de répit à l’auditeur, tout en arrivant à ne pas se faire étourdissant, mince défi en soit, relevé haut la main par le groupe légendaire.
Mouse on Mars - Cricket via Modeselektor

Auparavant sur Ipecac, l'étiquette de Mike Patton, actuellement sur Monkeytown Records, celle de Modeselektor, Mouse on Mars a pratiquement pu s'offrir les meilleurs maisons de disques, dont Domino, depuis ses débuts en 1993. Personnellement, j’attendais cet album avec une grande fébrilité, surtout depuis le temps qu’ils nous avaient pondus du nouveau matériel, je me demandais bien où ils pouvaient bien nous emmener cette fois-ci et je dois avouer que j’en suis encore quelque peu éberlué. Un enregistrement impressionnant par les différents chemins empruntés, de la bonne déconstruction, sans verser dans l’exubérant, tout en ayant des élans downtempo, extrêmement diversifié finalement. J’oserais jusqu’à dire que Modeselektor, aussi talentueux et inspirés soient-ils, particulièrement sur leur dernier album, sans compter leur nombreuses formations émules dans leur catégorie, peuvent aller se r’habiller, puisque Mouse on Mars est revenu rehausser la barre de qualité, avec la parution du disque Paratrophics, je vous en passe un papier!
  Clip pour la pièce Polaroyced qui marque le retour de Mouse on Mars