lundi 30 avril 2012

Parution du Mois - Avril 2012


Moonface est déjà de retour avec Heartbreaking Bravery, entouré par le groupe finlandais Sinai.

Derrière la nom Moonface, c'est le multi-instrumentiste Spencer Krug, qui revient déjà après Organ Music Not Vibraphone Like I'd Hoped, son deuxième très bon album paru l'an dernier qui m'avait permis de découvrir son univers musical et sa voix si particulière, qui est non sans rappeler David Bowie. L'artiste originaire de Colombie-Britannique actuellement établis à Montréal, impliqué dans plusieurs projets musicaux comme Wolf Parade, Sunset Rubdown, Fifths of Seven, Swan Lake et Frog Eyes, on peut donc dire que le musicien ne chôme vraiment pas et termes d'implications et de créations musicales!

Moonface - Lay Your Cheek On Down via The Soundfull


Moonface n'aime vraisemblablement pas perdre de temps avant de s'embarquer dans une autre aventure musicale et la façon avec laquelle il a fait appel au groupe Sinai pour son plus récent enregistrement en est un autre exemple flagrant. Plus musclé que ses autres productions sous le même nom, l'album Heartbreaking Bravery arrive avec une approche du genre Post-Rock, très atmosphérique, des airs accrocheurs, tout en conservant la touche aux claviers et l'essence de ce qu'est Moonface. Plus riche que jamais au niveau de l'instrumentation, les pièces se font parfois dramatiques sans être lourdes pour autant. Je dois avouer que le disque prendra probablement un petit temps d'adaptation de la part de l'auditeur avant d'être en mesure de véritablement accrocher à cette nouvelle mouture, mais les écoutes successives un peu plus approfondies en valent amplement la peine!

Parution de la Semaine - 24 Avril 2012


CFCF est de retour avec l'album Exercices, son album le plus électro-ambiant et texturé qu'il ait fait jusqu'à présent.

Détrompez-vous, pour ceux qui ne connaissent pas déjà, je ne parle évidemment pas de l'ancienne appellation du canal 12 de Montréal, mais plutôt du projet musical du Montréalais Michael Silver qui s'est inspiré du nom du poste de télé pour son pseudonyme. Sur sa plus récente création, CFCF s'éloigne de son style dérivé du mouvement Chillwave, pour se diriger vers quelque chose d'un peu plus subtil et indescriptible. Une genre atmosphérique et synthétique, mais loin d'avoir une sonorité froide pour autant, avec des nappes de claviers un peu rétro, des sons de piano analogiques et des structures poignantes comme il s'en fait trop peu dans le domaine. Majoritairement instrumentales, les compositions de CFCF nous surprennent avec une envolée lyrique sur la pièce September. On se laisse facilement prendre au jeu de l'artiste avec ses structures hypnotiques, une bonne base rythmique et des mélodies accrocheuses.

CFCF - Exercises via Dummy Records


À l'écoute d'Exercises, on pense évidemment à Boards of CanadaDextro et même à Philip Glass, jusqu'à un certain point... Les airs Pop-synthétiques minimalistes du maxi, qui ne dépasse pas la barre des 30 minutes, font en sorte qu'on en redemande et que l'on se demande quelle tangente l'artiste prendra sur son prochain album complet. Déjà qu'après le très bon Continent, son premier disque paru en 2009, il nous avait laissé une forte impression, autant sur les auditeurs que la critique. Actuellement, CFCF a pris un tournant pour le moins inattendu avec cet Exercises, son plus récent disque et je serais prêt à mettre ma main au feu qu'il a tout sauf terminé de nous surprendre et de se réinventer, artiste inspiré et avide de nouvelles avenues musicales tel qu'il est!

lundi 23 avril 2012

Les Genres de Chez-Nous - Avril 2012


Patrick Watson et sa bande de joyeux lurons particulièrement talentueux sont de retour avec Adventures in Your Own Backyard, un quatrième et plus récent opus très réussi.


Entouré par, comme par l'équipe habituelle, composée de Mishka Stein bassiste et multi-instrumentiste, le percussionniste Robbie Kuster et Simon Angell, le guitariste qui l'accompagne depuis toujours, Watson semble inspiré au plus haut point. En plus de ces collaborateurs de longue date, la femme de ce dernier; Erika Angell, chanteuse et membre principale de Thus:Owls, vient y faire un tour de chant sur la pièce Into Giants, l'atmosphère du dernier opus de Watson se fait plus grandiose et éthéré que jamais. Un enregistrement à la fois riche tout en ayant des élans tout en subtilités, d'une grande finesse et sensibilité, d'une candeur et avec un minimalisme telle que seul Patrick Watson en est capable. Les structures des pièces commencent souvent avec lui, seul au piano, s'ajoutent graduellement la guitare à la Ennio Morricone, trompettes pratiquement mariachi, quand ce n'est pas une section de cordes pour venir appuyer d'autant plus son chant très émotif si singulier et réconfortant.

Patrick Watson - Into Giants via Secret City Records

Les harmonies vocales et les mélodies sont, comme toujours, la marque de commerce de Patrick Watson et sa compagnie. Après autant d'années et d'albums, on pourrait croire qu'ils étirent la sauce, mais il n'en est rien, puisqu'ils laissent une plus grande place à l'instrumentation sur Adventures in Your Own Backyard. À première vue, on pourrait penser qu'il s'agit d'un album moins ambitieux que Wooden Arms, leur précédent, un retour vers quelque chose de plus accessible comme Close to Paradise, mais après une écoute approfondie, on se rend compte qu'en fait, c'est un parfait équilibre entre ces derniers. Intimiste à souhait, enregistré à sa résidence au lieu qu'aux 4 coins de la planète, on sent l'artiste en pleine possession de ses moyens, encore plus assumé et mieux entouré que jamais!


dimanche 22 avril 2012

Parution de la Semaine - 17 Avril 2012



Le trio danois Giana Factory arrive avec Save the Youth, son premier album complet avec, en bonis, leur premier maxi et des pièces remixées par Trentemoller, Autolux et Glasvegas, tout un début, si vous voulez mon avis!


Le trio s'est formé en 2008 dans une usine désaffectées de Copenhague par 3 jolie danoises. Lisbet Fritze, Louise Foo et Sofie Johanne, sont Giana Factory, une formation qui a raffiné une sonorité Pop-atmosphérique un peu sombre légèrement ambiante, avant de nous livrer un premier maxi et leur plus récent disque. Sur Save the Youth, elles font un genre d'Électro-Pop similaire aux formations Glasser, Darkness Falls, Esben & the Witch et School of Seven Bells. Le disque vient en prime avec un disque qui contient de pièces remixées et leur premier maxi au complet, preuve que les jeunes femmes assument pleinement ce qu'elles ont faites par le passé et qu'elle sont généreuses au niveau du contenu, ce qui ne peut faire autrement que de laisser un impact chez l'auditeur!



Atmosphérique au plus haut point, sombre, malgré des pointes lumineuses, la musique minimaliste que fait Giana Factory se fait pourtant très prenante. La formation a beaucoup tournée avec des groupes tels que Glasvegas et Trentemoller entre autres. Auparavant un quatuor, les filles se sont départis du seul homme de leur formation, avec le départ de Tomas Barfod, qui s'est joint au projet WhoMadeWho, que l'on pourrait comparer à la formation When Saints Go Machine, pour leur sonorité à la sauce Chillwave. Une chose est certaine, les mélodies de Giana Factory nous hantent dès la première écoute et la formation fait définitivement partie intégrale de l'effervescente scène provenant de la région de Copenhague de ces derniers temps avec la parution de l'album Save the Youth!

mardi 17 avril 2012

Spectacle du Mois - Avril 2012

Lundi 16 Avril, par une soirée particulièrement chaude et humide, Gonzales nous avait préparé une représentation de son volet Hip-Hop orchestral dans le luxueux Théâtre Rialto, de Montréal pour nous interpréter les pièces de sa plus récente fresque sonore, The Unspeakable Chilly Gonzales.

L’antre du chic Rialto était l’endroit de prédilection pour accueillir le personnage faussement hautain, véritable virtuose et bête de scène sans pareil. Son plus récent album est à la fois une satire et un hommage au Rap, mais Gonzales le fait à sa manière, cérébrale et un peu nerd au niveau des paroles. Le charismatique artiste se présente sur scène en pantoufles, pyjama et robe de chambre pour faire fi des étiquettes et surtout, créer un énorme contraste aux arrangements grandioses de ses plus récentes compositions. Accompagné par un quatuor à cordes, rebaptisé pour l’occasion le Fuck Luck Orchestra, le pianiste disposait des musiciens à sa guise en leur faisant interpréter du Gowan en passant par Queen et même la chanson thème de la série Night Rider y est passée! Le personnage de Chilly Gonzales, avec toute sa mégalomanie a pu jouir de pouvoir leur imposer pratiquement n’importe-quoi, toujours dans l’extrême limite du bon goût, tout comme les propos empruntés ainsi que l’univers lyrique sur son plus récent album, qui est tout sauf comparable à Soft Power, un de ses disque précédents.

The Unspeakable Chilly Gonzales (Medley) via chillygonzales
   
On connait Gonzales surtout pour son album Solo Piano et ses nombreuses contributions pour les arrangements des chansons d’artistes célèbres, tels que Feist, Peaches et SoCalled. Pendant son énergique prestation, servie avec beaucoup d’autodérision, il leur a bien sûr fait allusion, même que Steve Jobs y est passé, en mentionnant sa célèbre pièce utilisée pour mousser les produits Apple, le tout avec une sorte d’humour cinglant et une aisance déconcertante sur les planches comme au piano. Tout un personnage, nous avons même eu droit à sa théorie selon laquelle les notes et accords majeurs sont découlent de la droite conservatrice et sont associés à l’élite, tandis que les mineurs sont réservés aux minorités et la gauche, selon les dispositions des mains sur le clavier, pas si fou que ça quand on y pense! L’artiste extravagant a même appelé certains spectateurs pour leur donner des leçons de piano à sa façon et s’est ensuite laissé accompagner par ceux-ci le temps d’une chanson…


Une véritable boule d’énergie, Chilly Gonzales suait à grosses gouttes et bondissait littéralement de son banc dans l’enceinte de théâtre bondé à guichet fermé. Pour le rappel, pourquoi pas quelques pièces en solo, la tête sous le piano et les mains habiles sur le clavier, pour nous démontrer toute sa virtuosité! Quel énergumène, mais très généreux de sa personne, tant au niveau de l’énergie déployée dans sa prestation qu’au niveau de la durée du spectacle qui en valait amplement la peine (quoi qu’étant détenteur du record mondial pour la durée d’une prestation, c’est probablement pas étonnant de sa part!), surtout pour le prix très raisonnable de l’entrée! Peut-être est-il un humble fou après tout?

dimanche 15 avril 2012

Parution de la Semaine - 10 Avril 2012


L’artiste de descendance asiatique Kishi Bashi débarque avec 151a, un album aux ambiances islandaises très texturées et hautement ensoleillées.

Avec un titre comme 151a, de prime abord, on pourrait penser avoir affaire avec un enregistrement froid, axé sur l’électronique de type IDM et expérimental, mais ce n’est vraiment pas le cas, à part pour le volet exploratoire, tout en demeurant accessible de la première à la dernière pièce du disque. Pour décrire l’ambiance ressentie et les influences perceptibles sur l’œuvre de Kishi Bashi, pour le volet vocal; c’est un peu comme si Belle and Sebastian rencontrait du vieux Paul McCartney et même Son Lux, Jonsi et Sigur Ros, surtout au niveau de la richesse des arrangements. C’est un genre d’Indie-Rock orchestral, généralement très lumineux, avec des pointes d’Électro, des harmonies vocales aériennes entre des moments un peu plus rétro, où l’on pourrait se croire dans les années ’60, une musique vaguement psychédélique et toujours multidimensionnelle, jamais banale.


Sur 151a, on retrouve des éléments à la manière d’Animal Collective et de ses nombreux dérivés, donc des influences de Brian Wilson sont de la partie. Des textures éthérées qui nous surprennent pratiquement à chaque composition, puisque le registre de Kishi Bashi est assez varié, tout en gardant un bon fil conducteur tout au long de l’enregistrement. Le multi-instrumentiste, est musicien pour plusieurs formations réputés comme Jupiter One, Of Montreal, Dearhoof et Loney Dear (pas tout en même temps, quand-même!) et il a aussi été violoniste pour Regina Spektor, on comprend que son savoir-faire est très sollicité par la communauté artistique et qu’il est actif comme pas un! Après Room for Dream, son très prometteur maxi qu’il avait fait paraitre en 2011, son premier album complet, l’ambitieux 151a, démontre que Kishi Bashi a beaucoup de talent et possède une sorte de sagesse musicale peu commune et qu’il sait définitivement bien s’entourer!

mardi 10 avril 2012

Baladodiffusion des Frères du Son - Édition Avril 2012




Pour l'édition d'avril de la balado des Frères du Son, nous vous avons concocté une émission remplie de nos plus récentes découvertes musicales et bourrée de nouveautés les plus rafraîchissantes les unes que les autres! Une diffusion bien de saison, mais rien de trop sucré, comme nous en avons l'habitude, juste suffisamment pour être à la fois riche et divertissante à entendre et ce, même sans poisson!

Un paquet d'artistes et de formations musicales dont je vous ais parlé ici même sont entendus ce mois-ci... Je ne vous republierai pas bêtement les articles déjà parus, mais je vais plutôt seulement écrire sur ce qui ne l'a pas déjà été...

BONNE ÉCOUTE !

Avec notre Triple à 3 du mois d’avril, on a décidé de se taper un projet d’un français qui, comme bien souvent, malgré le fait qu’il french bien, il aime mieux faire ça en anglais, sans trop qu’on comprenne pourquoi… À ce stade-ci, vous devez bien vous demander qu'est-ce que je raconte... On parle de M83, le groupe avec des paroles dans la langue de Shakespeare, qui fait un genre d’Électro-pop, Rock-planant aux penchants ambiants fondé en 2001 par le français Anthony Gonzalez. M83 s’est fait connaître en remixant des pièces de Depeche Mode, Placebo, Bloc Party, et Goldfrapp, avant de devenir un nom un peu plus commun. 



Au départ, c’était un projet commun avec Nicolas Fromageau, qui a quitté la formation depuis Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts, leur excellent deuxième disque lancé en 2003 et depuis, Anthony Gonzalez s’est entouré de son frère Yann, du batteur Loic Morin et par la chanteuse Morgan Kibby qui viennent ajouter énormément à la diversité et la richesse sonore d’M83. Le groupe a créé 6 albums depuis ses débuts qui ont tous eût un grand succès d’estime, autant par les critiques que par les amateurs de musique en marge des grands courants populaires, mais au niveau d’une plus grande diffusion radiophonique et leur apparition dans les palmarès de ventes, il va falloir attendre Hurry Up, We're Dreaming, leur plus récent et très bon album double, qui est sorti au mois d’octobre 2011. Maintenant, on retrouve M83 sur plusieurs listes des meilleures parutions et les critiques, comme la blogosphère, encensent le groupe comme jamais auparavant et avec raison!

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Unrecorded (Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts)
Skin of the Night (Saturdays Equals Youth)
Midnight City (Hurry Up, We’re Dreaming)


À voir sur le site des Frères, notre entretiens avec Marc Leclair, mieux connu sous le pseudonyme Akufen, un des pionniers dans la technique de micro-échantillonnage. Ce fût un honneur et un plaisir de réaliser une entrevue avec ce véritable pilier du MUTEK et de la scène Électro montréalaise. Nous l'avons rencontré lors de son passage à L'Igloofest l'an dernier, nous en avons profité pour lui parler de ses débuts et de ses projets à venir, ne manquez pas ça!

dimanche 8 avril 2012

Les Genres de Chez-Nous - Avril 2012


Le duo Montréalais Elsiane est enfin de retour après 5 longues années avec un nouvel album tout en relief intitulé Mechanics of Emotions.

Leur nouveau disque est nommé à juste titre, puisque c’est un enregistrement avec des paroles et une un chant à fleur de peau de la part d’Elsianne Caplette jumelé aux rythmes pratiquement tribaux et aux touches latines du multi-instrumentiste Stéphane Sotto. La manière qu’Elsiane utilise sa voix n’est pas accessible pour toutes les oreilles, j’en conviens, puisqu’on peut parfois avoir l’impression d’entendre des miaulements, mais pour ma part, faut croire que c’est mon côté félin qui ressurgit d’une vie antérieure, puisque ça m’interpelle énormément! L’album Mechanics of Emotions, c’est une ambiance un peu sombre avec une approche Électronica, même si les éléments acoustiques prennent une très grande place, puisqu’il se distancie de ce que l’on pouvait entendre sur Hybrid, leur disque précédent qui était beaucoup plus près de l’école de pensée apparentée au Trip-Hop. Les amateurs ne peuvent aucunement être déçus de la plus récente création d’Elsiane, malgré qu’elle diffère considérablement de la précédente et je suis convaincu qu'elle viendra conquérir de nombreux nouveaux adeptes! L'évènement-lancement se fait au Club Soda, mercredi 18 Avril @19h30 et on nous promet une performance très atmosphérique, où la formation renouera avec son public, ne passez pas à côté de leur disque ni leur spectacle!


Mechanics of Emotions, c’est un album définitivement atmosphérique, avec des percussions variées et plus diversifié que jamais au niveau des chemins musicaux empruntés.  On ressent l’influence de musique du monde très variée dans le travail de Sotto, pour les arrangements qui se font Worldbeat, jusqu’à un certain point, pour utiliser le jargon d’un disquaire. Au niveau lyrique, on sent que les individus au sein du binôme ont eût plus que leur part d’obstacles et de tourmente avant d’accoucher de ce nouvel opus. Sur le plus récent d'Elsiane, une mélancolie palpable est omniprésente, particulièrement sur la pièce Nobody Knows, mais faut croire que toute cette souffrance a le mérite d’être inspirante si on se fie aux tapisseries sonores entendue sur Mechanics of Emotions. Elsiane a conçu un album qui, sans l’ombre d’un doute, malgré le fait qu’il soit quelque peu inégal, comporte des pièces extrêmement fortes comme sur la pièce titre du disque, In the Shadows, Time for Us et Underhelped, leur premier extrait rehaussé par un clip très stylisé que voici!

samedi 7 avril 2012

Parution de la Semaine - 3 Avril 2012


La formation AU, à laquelle participe Colin Stetson, arrive avec l’album Both Lights, un impressionnant éventail du talent qui se cache derrière ce collectif de l'Oregon!

Sur leur plus récent enregistrement, le projet AU fait un genre de Rock-exploratoire aux touches psychédéliques, avec des structures définitivement déjantées, qui me font penser à celles de Nice Nice, PVT (Pivot) et ­A Lull, donc très riches en instrumentations et remplies de rebondissements. La voix et surtout les intonations que prend Luke Wyland me rappellent vaguement celles de Zach Condon, chanteur de la formation Beirut, pour ce genre de chant un peu mélancolique et lancinant. Avec AU, on a affaire à un ingénieux traitement sonore auquel s’ajoute des arrangements qui oscillent entre des rythmes syncopés avec Dana Valatka aux percussions, des éléments du domaine de l’Électronique, avec ce clavier qui ressemble un peu à du piano à pouces qu'on retrouverais sur un album de Konono, se joignent à des éléments issus de l’univers du Free-Jazz, de sorte que des comparaisons avec la formation Tortoise viennent aussi à l’esprit.

AU - Get Alive via The Leaf Label

Ces d'ailleurs principalement autour de ce noyau binaire que gravite des musiciens hors pairs pour livrer les pièces entendues sur le disque Both Lights avec des structures qui frôlent parfois la cacophonie. On dirait une sorte de schizophrénie musicale contrôlée, mais sans pour autant être trop difficiles d’approche, la musicalité de l'album étant loin d’être qu’une longue expérimentation sonore, puisqu’on y retrouve des moments beaucoup plus en subtilités et assez introspectifs, comme sur la pièce The Veil. La majorité des compositions sont très accrocheuses et laissent évidemment une grande place à l’instrumentation, avec guitares, percussions variées, des lignes de claviers endiablés, sans oublier le son singulier du saxophone baryton, trombone et trompette, entre les harmonies vocales masculines/féminines! Tout ceci fait de l’album Both Lights de la formation AU, un ingénieux enregistrement, très dynamique et stimulant au plus haut point... Jugez-en par vous-même en visionnant cette captation prise par l'équipe du web-média Into the Woods, dans l'enceinte du repère secret du groupe!

lundi 2 avril 2012

Chef-D'Oeuvre du Mois - Mars 2012


Le guitariste nippon pour la formation Ponytail; Dustin Wong, est de retour avec un deuxième album solo.

Après Infinite Love, l’excellent premier effort qu’il nous avait offert en 2010, certainement difficile à surpasser, voici que le talentueux artiste réitère avec Dreams Say View, Create, Shadow Leads. Dustin Wong, avec ses  superpositions de guitares aux mélodies hypnotiques, me fait un peu penser à Phil Manley, le guitariste pour la formation Trans Am, pour leur exploration sonore commune et aussi aux premiers enregistrements d'Animal Collective, pour l'aspect psychédélique. Ses compositions majoritairement instrumentales aux touches expérimentales, voire légèrement Noise, permettent de nous faire entrer dans une sorte de transe pratiquement et ce, par n’importe quel auditeur qui écoute ses structures sonores un tant soit peu attentivement. Visiblement inspiré au niveau de ses propres boucles qu’il s’auto-échantillonne en studio, je ne peux imaginer l’impressionnant arsenal de pédales que nécessite la recréation d’une telle musicalité sur scène pour ce virtuose qui, croyez-le ou non, conçoit et interprète ces riches morceaux seul!

 Dustin Wong (échantillon d'album) via Experimedia

Dustin Wong, cet ancien membre du groupe Ecstatic Sunshineoriginaire d’Hawaï, a eût une éducation religieuse qui ne lui sied pas très bien au primaire. Il se tourne alors vers la musique par le biais des disques de son père (comme Jimmy Hendrix, Brian Wilson, Brian Eno) et il a commence à explorer différentes avenues ainsi qu'à forger sa vision artistique à partir de là. En plus du sens particulièrement aiguisé pour la mélodie que possède Dustin Wong, s’ajoute une impressionnante base rythmique à ses pièces, de sorte qu’il est difficile à croire que tous ces sons proviennent d’un seul homme et qu’on en oublie l’origine d’un instrument prédominant. Malgré les cordes, on croirait parfois entendre des élans à l’orgue et aux claviers tapisser Dreams Say, View, Create, Shadow Leads. Une impressionnante série de pièces s’enchainent sans pause entre elles, ne laissant aucune chance de nous sortir de son univers musical dense et très prenant. Subjugués, même les mélomanes les plus aguerris se font prendre au jeu à l’écoute de l’envoutant dernier opus du talentueux et inspiré Dustin Wong, un artiste qui ne cesse de nous surprendre!