samedi 29 mars 2014

Rétrospective Musicale 2013 - Maxi (EP)


Cette semaine, ma dixième et dernière chronique qui fait état des meilleures parutions de 2013, avec les mini-albums, trop souvent négligés dans la majorité des bilans de fin d’années, qui vient couronner cette série. Une sélection éclectique est au menu, avec autant d’atmosphères acoustiques que synthétiques, en passant par le folk à l’électronique. En souhaitant que mes choix reflètent vos intérêts musicaux!



CHROME SPARKS - SPARKS


Hautement texturé avec des atmosphères qui tirent vers l’ambiant avec ses structures downtempo planantes, le maxi Sparks porte fièrement son titre. Aussi stimulante qu’apaisante, cette parution rappelle l’ambiance que font Botany pour son volet psychédélique, Applescal pour le côté techno-minimaliste et Tycho pour les sonorités organiques. D’autres passages font penser à des trucs plus trip-hop ou glitch-hop tels que Blockhead, Flying Lotus et Teebs. L’artiste américain, résident du Michigan plus précisément, a créé un enregistrement  envoûtant, apaisant, stimulant, rassurant, tous des termes qui peuvent venir qualifier cette trame sonore qui est toute indiquée pour les matins ou mieux encore, pour venir couronner une nuit blanche d’un soleil levant.





ITAL TEK - HYPER REAL


Électronica psychédélique, quelque peu dérangeante pour son traitement sonore éthéré et ses structures d’une rare densité. Le prolifique producteur anglais a fait paraître un autre maxi en 2013, celui-là intitulé Control, des créations aussi stimulantes que pertinentes dans les deux cas. Grâce un habile collage d’éléments empruntés à l’univers dubstep, trap, IDM, ambiant, techno-minimaliste et bien d’autres influences tout en s’éloignant des conventions des styles, il a su se distinguer du lot et attirer l’attention d’un public issu de la bass generation ainsi que des critiques favorables. Le futur est arrivé et voici comment il sonne!





THE GULF STREAM - DEKOBE


Paru à la toute fin de l’année, ce court album de remixes s’est taillé une place au sein de mes sélections de l’année avec son impressionnante brochette d’artistes qui sont venus remanier les pièces déjà très inspirées du binôme montréalais. Avec la participation de Pax Kingz (Millimetrik et Maxime Robin), Hissy Fit et Math Rosen, on peut difficilement se tromper pour ce qui est de la qualité des productions qui peuvent ressortir de ces gens de talents. La formule cérébrale se fait un peu plus dansante qu’à l’habitude, une atmosphère résolument nocturne et minimaliste s’en dégage, de sorte que l’on croirait parfois entendre des créations dignes de Kate WaxLulu Rouge et Ellen Alien, toutes sauf de mauvaises comparaisons en soit!





KOAN SOUND & ASA – SANCTUARY


Cette collaboration dénote une facette plus subtile et organique de la sonorité habituelle du duo KOAN Sound de Bristol au Royaume-Unis. En se joignant à Asa, à ne pas confondre avec une chanteuse nigérienne française jazz-soul, ils ont créés une entité à part entière, plus près de l’atmosphère de CloZee, s’éloignant quelque peu du côté synthétique et The Gulf Stream, pour ses arrangements tout en finesse et quasi cinématographique. C’est bien beau le dubstep, mais ce que je reproche au genre, c’est qu’il est rapidement redondant lorsque l’on adhère un peu trop à la structure de base. Par contre, ceci est une belle preuve qu’il est toujours possible d’innover en la matière en métissant ses racines avec celles d’autres styles musicaux, comme le trip-hop, entre autres.





RIVAL CONSOLES – ODYSSEY


Comme une sorte de périple intérieur propulsé par cette variation de techno-minimaliste aux penchants ambiants, Ryan Lee West, le britannique derrière Rival Consoles, a confectionné une atmosphère qui rappelle autant Simian Mobile Disco que Boards of Canada. Les pièces entendues sur ce mini album sont à la fois inspirées, texturées, progressives et stimulantes, de sorte que l’on se laisse facilement envoûter par des structures que l’on pourrait croire froides au niveau des arrangements, mais lorsque l’on creuse un peu plus loin, on repère toute les subtilités sonores qui se cachent derrière elles. La polyrythmie est au rendez-vous autant que la profondeur de la recherche sonore fait en sorte que l’on perd la notion du temps à l’écoute de cette Odyssey!





CLOZEE - THE POETIC ASSASSIN


Sérénade à la facture s’apparentant au dubstep, mais poussant le genre plus loin que jamais avec une approche grandiose au niveau des structures à grand déploiement. Au fil de ses multiples collaborations, l’artiste française CloZee a su se bâtir une solide réputation en offrant en téléchargement gratuitement ses créations innovatrices, en constante évolution, à un public avide de raffinement et de découvertes musicales. Drum and bass, glitch-hop, toutes les influences sont bonnes pour en arriver à un résultat aussi captivant que saisissant!





DEAR CRIMINALS - WEAPONS


Ce trio montréalais, composé de Charles Lavoie (Betalovers, Lack of Sleep), Frannie Holder et Vincent Legault (Random Recipe), fait une variante de folk atmosphérique aux touches électroniques avec un ton mélancolique, voire dramatique, autant au niveau musical que lyrique. Férocement indépendant, il a produit cet enregistrement de manière autonome afin d’avoir une plus grande latitude sur le plan créatif et ce, offert en téléchargement gratuit, ce qui leur a mérité une visibilité grandissante en cours d’année. La formation nous promet du nouveau matériel très bientôt et c’est certain qu’il sera chaleureusement accueilli par un public toujours plus large.





SANDRO PERRI – SPACED OUT


Un autre de ces fabuleux artistes que l’on retrouve sur l’étiquette Constellation et qui se démarque d’autant plus avec ce mini album où l’on revisite ses pièces de manière magistrale. L’artiste torontois a fait appel à des producteurs hyper doués pour remanier ses créations avec brio, tel que Larry Gus et Imugem Orihasam, encore trop méconnus et qui gagnent à être découverts. Ses compositions, empreintes de psychédélisme à la base, sont d’autant plus stimulantes et exploratoires avec le traitement sonore beaucoup plus synthétique qu’ils ont employés. Comme le titre l’indique, vous serez probablement transportés dans une autre dimension par cet univers musical singulier.





ABOUT: – MARGA


Ce duo montréalais, formé de Barbara Finck-Beccafico et de Michèle Bernier-Martin, fait un genre de trip-hop qui se retrouve à la croisée des chemins entre la musique de Beast et celle de la formation Elsiane, avec un chant pratiquement aussi théâtral et viscéral, complémenté par un traitement sonore multidimensionnel. Principalement anglophone, la recette fonctionne tout autant lorsque les filles s’aventurent du côté des paroles en français, au moins une fois sur chaque parution de leur tétralogie. Sur ce chapitre final, on retrouve un univers sonore audacieux, avec des textes livrés avec conviction et authenticité, font en sorte que leurs enregistrements ne peuvent passer inaperçus.





FREE THE ROBOTS – IN OTHER WORLDS


Exploratoire à souhait, cette nouvelle mouture pour le projet de l'artiste basé à Los Angeles se fait extrêmement convaincante et prometteuse pour la suite des événements. Parfois similaire à I Am Robot and Proud, d’autres fois plus près de Matmos et The Knife, l’ambiance est toujours aussi étrange et réussie. Les structures instrumentales se suivent sans se ressembler d’une pièce à l’autre de sorte que l’expérience est d’autant plus étonnante et captivante à chaque écoute. On peut déceler un certain filon pour l’ensemble qui se fait downtempo et tout sauf hermétique malgré la bonne dose de recherche musicale, on retrouve une certaine base mélodique qui accroche l’auditeur et lui donne envie d’en faire une écoute approfondie.




Voilà ce qui boucle mes 100 sélections à titre des 10 dernières rétrospectives musicales thématiques publiées au cours des dernières semaines, en souhaitant que vous ayez effectué des lectures dignes d’intérêt et que vous ayez pu y trouver une certaine pertinence… Comme à toutes les semaines, c’est un rendez-vous les samedis, dès 21h30 sur les ondes de CISM 89,3 FM, pour la diffusion de mon émission hebdomadaire et sur ma page Facebook pour Les Sons Du Jour. La suite des choses, des parutions de la semaine que j’enchaînerai prochainement, alors ne me reste qu’à dire au plaisir de découvrir et continuez d’avoir votre propre opinion de ce qui vous entoure, si vous me lisez, c’est que vous y êtes!

dimanche 23 mars 2014

Pif Paf Hangover et sa pop pimentée



En ce jour de paie, jeudi le 20 mars, par un soir venteux et froid où l’hiver semble ne jamais vouloir s’en aller, le Cabaret du Mile–End est bondé pour le lancement de l’album Curry Love de Pif Paf Hangover qui promet de réchauffer l’atmosphère de la soirée.


TENTATIVE D’AMBIANCE


L’ingrate tâche de faire l’ouverture pour la formation, originaire de la région de Saint-Jérôme, la capitale des Laurentides et virtuelle porte du nord, revient à Toast Dawg qui reçoit que trop peu d’attention de la part des spectateurs, mais il semble particulièrement en forme à en juger par son langage non-verbal. L’audience, de plus en plus imposante semble somme toute apprécier, ou du moins un tant soit peu réceptive, à ce que l’homme derrière les platines nous fait tourner. L’ambiance maintenant mise pour ce que nous attendons tous et le ton est bon enfant et ça groove grave dans la salle!




LA PRESTATION TANT ATTENDUE


Ils en ont faits du chemin depuis leurs débuts avec des jams où le Wallpaper Trio, l’ancêtre du groupe tel qu’on le connaît aujourd’hui, se produisait dans des petits lieux de diffusions souvent dépourvus de scène voire de sonorisation adéquate. Signés par Good People Records, l’étiquette d’Artist Of The Year et de Franky Selector, ils ont une sonorité festive dans la veine de We Are Wolves qui rencontre Bloc Party, croisé avec TV On The Radio, mettons une facture britannique… Pif Paf Hangover produit une musique qui groove solidement et donne une prestation énergique et sans faille de la part de ces musiciens pratiquement au diapason. Visiblement, les membres du groupe ont rodés leurs pièces afin de nous balancer une performance au somment de leur art et en grande forme.


UNE PERFORMANCE MOUVEMENTÉE


Plusieurs musiciens invités sur scène, de sorte que par moments, on se serait cru à une prestation de Misteur Valaire avec l’ajout des cuivres et le violoncelle, qui viennent rivaliser avec la musicalité des pièces entendues sur Curry Love. Véritable mur de sons sur certains passages, la recherche sonore est au rendez-vous à travers leurs structures accessibles et accrocheuses, l’originalité et la qualité du jeu des musiciens sont la clé de leur sonorité relevée. La charismatique formation embarque habilement la foule conquise à l’avance, particulièrement sur la pièce Whatever Works, premier extrait de leur album. Elle semble prendre son pied après un départ un peu nerveux, ces sympathiques brouilles arborent dorénavant un large sourire aux lèvres et ça transpire la complicité.



PROJECTION DANS LE FUTUR


La réception positive de la part des médias à leur égard et l’engouement d’un public amateur d’une pop progressive indique que le groupe fera sans aucun doute parti de la programmation de bon nombre de festivals dans un avenir proche. Sans nécessairement tourner sur les ondes des radios commerciales, ni avoir une machine promotionnelle à grand déploiement derrière eux, cet album leur pave la voie non seulement dans la belle province, grâce aux nouveaux médiums de diffusions. Je suis prêt à parier qu’il ira chercher son public beaucoup plus loin qu’initialement escompté, même que c’est déjà commencé!

samedi 22 mars 2014

Rétrospective Musicale 2013 - Musique Actuelle/Contemporaine


Pour ce chapitre IX de mon bilan musical de l'année, une question se pose, mais qu'est-ce que la musique dite actuelle ou contemporaine ? Ma définition ou du moins, la version abordée par cet article, est un mélange de styles qui se situe quelque part entre les influences du passé avec une sonorité bien de son temps. Une catégorie l'où on classe l'inclassable en quelque sorte, une musique innovatrice, majoritairement, mais non exclusivement instrumentale et résolument audacieuse. Voici mes sélections qui reflètent ma description de cette catégorie.


ODDARRANG – IN CINEMA


La formation finnoise fait dans le minimalisme, comme le titre l’indique avec éloquence, sur In Cinema, on y entend des tapisseries sonores dignes d’une trame musicale pour un film et qui peut aisément être celui dont vous êtes le héros tellement c’est un enregistrement captivant. Une instrumentation jazz, des cuivres, des guitares électriques et une batterie lourde viennent garnir les structures qui se rapprochent de celles du post-rock, où l’on se situe quelque part entre la force de Mogwai et l’aspect vaporeux de Sigur Ros. Des pièces qui respirent, qui prennent leur temps en laissant parler le silence, de manière que l’on a nul autre choix que de tendre l’oreille afin d’en saisir l’essence. Une gamme d’émotions y est véhiculée, des instants d’une rare intensité, d’autres où l’on se sent comme dans un état de grâce et certains passages sont pratiquement méditatifs ou du moins, se prête facilement à l’introspection. L’auditeur n’a que peu de chance de demeurer de glace à l’écoute d’un album aussi prenant!




SATELLITI – TRANSISTER


Ce duo italien, formé par Marco Dalle Lurche (claviers) et Andrea Polato (percussions), fusionne des éléments d’inspiration jazz avec d’autres issus de l’univers électronica avec une bonne base d’exploration sonore, tant au niveau du traitement que de leurs structures musicales. L’équilibre en est tel entre ces trois mondes qu’il est presque impossible de déterminer où elle se situe exactement entre ces derniers, tant mieux si cette ligne n’est pas claire, puisque les membres du groupe sont libres d’expérimenter à leur guise. La créativité presque sans borne qui émane de cet album a peu d’égal en termes d’efficacité tout en préservant une base mélodique. Axé sur la rythmique et l’innovation, cette parution n’est pas nécessairement hermétique pour le néophyte tant qu’il reste ouvert aux compositions et aux envolées qui appartiennent au domaine de jazz, sans nécessairement en être adepte pour autant. On pense à Tortoise pour l’approche rock, Miriodor pour l’aspect jazz moderne et East India Youth ou Botany pour son côté électronique exploratoire.




COLIN STETSON – NEW HISTORY WARFARE VOL. 3 : TO SEE MORE LIGHT


Pour le dernier tome de sa trilogie, le saxophoniste baryton nous sert un enchaînement de compositions à la fois prenantes et planantes, possiblement moins grinçantes que sur les deux premiers de la série. Toujours avec ce jeu qui hypnotise ou nous fait entrer en une sorte de transe, avec ces sons fantomatiques parsemés tout au long de l’album, c’est un de ces enregistrements qui vous prennent par la gorge par sa densité et ses structures parfois tourmentées. D’autres pistes se font tout simplement angoissantes où une ambiance inquiétante plane dans l’air, le traitement sonore se veut déstabilisant et Stetson est passé maître de l’art.




APPARAT – MUSIC FOR THEATER


Définitivement l’un des meilleurs alliages de musique classique contemporaine et l’électronique de la part de cet artiste qui est ne cesse d’évoluer et de s’investir dans des projets musicaux stimulants. En plus d’être au sein de Moderat avec Modeselektor, Sascha Ring, l’homme derrière le pseudonyme, était visiblement inspiré l’an dernier en se faisant créatif pour imaginer une trame sonore qui s’éloigne de ses racines techno-minimalistes. Un enregistrement tout en finesse et en sensibilité, soigné tant pour son interprétation que pour la composition de ses structures musicales. Apparat assume de plus en plus du côté vocal, tel que démontré depuis The Devil’s Walk, son album précédent très puissant, paru en 2011. En se réinventant sans cesse, il nous sort des sentiers balisés pour nous emmener ailleurs au niveau musical et c’est tout sauf une mauvaise chose! Le type a survécu à un grave incident de moto vers la fin d’année, où il a bien failli y laisser sa peau, par chance, après une réhabilitation physique ardue afin de pouvoir se mouvoir. Il est de retour sur les planches en compagnie de ses deux compatriotes allemands au sein de Moderat qui sera d’ailleurs de passage à Montréal le 27 avril à la S.A.T. et nous sommes très heureux de ne pas avoir perdu ce talentueux artiste.




SALTLAND – THOUGHT IT WAS US BUT IT WAS ALL OF US


Une autre parution en provenance de l’étiquette Constellation qui défie les conventions par son habile mélange de musique arabisante et des arrangements qui se rapprochent de l’atmosphère de Dead Can Dance qui rencontre la formation Delirium. Une certaine spiritualité se dégage des pièces entendues sur le deuxième album de ce projet de Rebecca Foon et pour cause, étant la violoncelliste pour la formation A Silver Mt. Zion et fondatrice du groupe Esmerine, disons que son bagage en dit long. Majoritairement instrumentales, riches en instrumentations avec des structures qui allient autant d’éléments du jazz, la musique du monde, de classique contemporaine et le rock-exploratoire, ce qui positionne cet enregistrement dans une classe à part.




JERUSALEM IN MY HEART – Mo7it Al-Mo7it


Dès les premières notes de l’album au titre pratiquement imprononçable, l’auditeur est plongé dans un univers aux penchants arabisant qui sort des sentiers balisés. Un habile mélange du blues du Mali, de Raï et de soufisme pourrait décrire les textures musicales qui teintent cet enregistrement. Pas étonnant, puisque Radwan Ghazi Moumneh, libanais d'origine et co-propriétaire du mythique studio Hotel2Tango, avec son tonnant parcours nous ouvre ses valises sonores, bien garnies de ses influences. Ne vous laissez pas repousser par le nom du projet, puisque rien de religieux n’y est nécessairement rattaché, malgré un certain aspect méditatif, voire thérapeutique, qui transparaît de ses structures musicales. Avec ses sons de nature, il aurait été facile de verser dans une médiocre tentative de musique typiquement nouvel-âge, mais il n’en est rien, puisque malgré l’expérience zen qui découle de l’écoute de certaines pièces, d’autres ajoutent un côté définitivement avant-gardiste et audacieux, avec ses alliages d’arrangements traditionnels et l’utilisation d’une instrumentation résolument bien de cette époque numérique.




ALEXEÏ KAWOLSKI - (RE)CONSTRUCTION (1-2-3)


Typiquement avant-gardiste, dans la plus pure définition de ce qu’est la musique actuelle et contemporaine, Kawolski produit un genre d’électro-acoustique qui ne se veut exploratoire à souhait. Voici l’intégralité du triptyque qu’il a conçu qui devrait ravir tout amateur de recherche sonore et de musique expérimentale. Tantôt déstabilisante, parfois plus vaporeuse, la musique de ce (Re)construction ne sont pas des plus mélodiques, mais toute sauf dépourvue d’audace. On pense à Autechre, Squarepusher, Aphex Twin pour l’aspects ambiant et Matmos, moins le côté vocal, pour les sonorités glitch et exploratoires, fortement recommandé aux plus aventuriers mélomanes!




BEATS ANTIQUE - A THOUSAND FACES ACT I


Zoe Jakes, une danseuse de baladi visionnaire, s'est entourée par les producteurs Sidecar Tommy et David Santori, avec ce pseudonyme évocateur, pour créer une musique métissée qui puise autant ses influences dans la culture hindoue que dans l’électronique. Quelques collaborateurs sont venus lui prêter main forte, dont Les Claypool (Primus), ce qui donne aux pièces du projet des teintes distinctives. Parfois, on se rapproche un peu de ce qui fait la formation Delirium, particulièrement sur la pièce You the Starry Eyed avec l’apport vocal aérien de Lynx & Sorne, d’autres moments sont beaucoup plus basés sur les collages sonore et le mélanges des styles avec des structures instrumentales alliant le traditionnel oriental au modernisme de nos musiques occidentales de type IDM, qui rappellent ce que font Caribou, Mount Kimbie ou Muslimgauze, le tout dans un malaxeur sonore!




BRANDT BRAUER FRICK – MIAMI


Une instrumentation acoustique, des structures qui rappellent le style techno pour sa répétition ou le krautrock, pour ceux qui se sont toujours posé la question sans oser demander ou de prendre le temps de s’informer, un genre d’origine allemand, une variation de rock-psychédélique avec un rythme particulièrement présent, qui a vu un essor dans les années ’60. Cet enregistrement laisse une plus grande place à aspect vocal que Mr. Machine, leur forte parution de 2011. La rythmique prend encore une fois une place de choix dans leurs compositions, certes cérébral, entraînant et dense au niveau de ses arrangements, qui martèle parfois sa cadence infernale. L’album Miami est plus qu’une continuité dans le parcours des trois bonhommes, mais une suite logique dans leur évolution musicale et un ajout précieux pour tout mélomane à la recherche de ce qui sort des sentiers battus en termes de modernité et d’instrumentation plus classique. Preuve de plus que l’on peut aisément innover lorsque l’inspiration et la créativité sont au rendez-vous!




DARCY JAMES ARGUE – BROOKLYN BABYLON


Brooklyn Babylon est certainement l’une des parutions les plus audacieuses à paraître l’an dernier avec son mélange de styles qui allie habilement klezmer et certains éléments de musique de la Nouvelle-Orléans, ce qui donne parfois à l’enregistrement une ambiance de grande foire. Les structures instrumentales sont riches au niveau des arrangements avec la prédominance de la section des cuivres et elles se font souvent très dynamiques sur le plan rythmique. Alliant habilement le jazz et la musique classique contemporaine avec des éléments issus de l’école du rock, le tout exécuté avec une grande finesse et une approche toute en subtilités, les pièces de l’album se succèdent sans trop se ressembler. Définitivement exploratoire, sans se faire hermétique pour autant, on retrouve une bonne part de points d’ancrages dans ces excursions sonores. Comme une sorte de pèlerinage auditive où l’on en ressort éblouis et dans un étant d’esprit positif malgré l’aspect extrêmement prenant de la chose, tel un Machu Pichu musical, c’est une expérience hors du commun que tout mélomane devrait entreprendre!




LAND OF KUSH – THE BIG MANGO


Projet de Sam Shalabi qui se fait exploratoire tout en tant un peu worldbeat, avec son instrumentation diversifiée et ses structures expérimentales, connaissant le travail de l’artiste, il n’en pouvait être autrement. On sent que le collectif s’éclate sur cet enregistrement, un de plus en provenance de Constellation, qui est loin d’être à dédaigner et qui n’a vraiment rien à envier à l’ensemble de productions de l’étiquette montréalaise. Colin Stetson et une brochette de musiciens surdoués viennent donner vie aux compositions de Shalabi et compagnie, ce qui fait en sorte que le troisième album de Land Of Kush pète la coche!



C'est sur cette note que mon panorama sur la musique contemporaine ce conclu, en souhaitant vous avoir fait découvrir des sonorités qui vous font vibrer. La semaine prochaine, vous pourrez lire le dixième et dernier chapitre de ma revue musicale de l'année avec les maxi (EP) les plus marquants à avoir paru l'an dernier. En attendant, c'est un rendez-vous tous les samedis soirs dès 21h30, sur les ondes de CISM 89,3 FM La Marge de Montréal, pour la diffusion de mon émission remplie de nouvelles sonorités. Suivez-moi sur ma page Facebook pour Les Sons du Jour, mes découvertes musicales que je vous partage, publiées de manière quotidienne. D'ici là, portez-vous bien et prenez soin de vos esprits et des êtres qui vous sont chers!

samedi 15 mars 2014

Rétrospective Musicale 2013 - Jazz-Contemporain/Nu-Jazz


Pour ce chapitre IIX de cette série d'articles qui font la rétrospective musicale exhaustive de l'année, je vous propose un volet jazz sous ses formes les plus actuelles. Que ce soit le style acid-jazz, jazz-hop, free-jazz, jazz-fusion et électro-jazz aux teintes funk, rock, afrobeat ou psychédéliques, c'est ici qu'il en est question! En espérant vous emmener dans des contrées musicales peu fréquentées et vous sortir de votre zone de confort avec la lecture de ma chronique et surtout, à l'écoute de ces sonorités qui repoussent les frontières des styles.


JAGA JAZZIST – LIVE WITH THE BRITTEN SINFONIA


La formation aventurière qui allie des structures appartenant au monde du jazz avec une approche s’apparentant davantage à la musique électronique à l’énergie du rock exploratoire nous propose un enregistrement devant public bien particulier. L’ensemble norvégien revisite son répertoire en compagnie des musiciens du Britten Sinfonia, l’orchestre de musique de chambre de Cambridge, qui sont venus se greffer à lui l’instant d’une captation unique. Une expérience qui rehausse la qualité de leurs structures sonores prenantes, pratiquement inégalées, mis à part la musique de Skalpel, Tortoise et Xploding Plastix, mais avec une musicalité d’autant plus rehaussée par une imposante orchestration. Leur alliance est l'illustration parfaite d'un hybride entre des œuvres classiques contemporaines et le jazz atypique, interprétée d’une manière tout simplement sublime, immortalisée devant un public qui semble subjugué devant une telle performance. Déjà que Jaga Jazzist est un de ces groupes les plus estimés par la critique et les amateurs de musique recherchée, le voici qu’il vient de gravir un échelon, comme si seulement c’était possible!





SAXSYNDRUM – FUTURE CIRCUS


Alliant machinerie et instruments conventionnel pour le genre jazz, des structures qui s’apparentent d’avantage au techno-minimaliste et l’électronique en règle générale, la formation Saxsyndrum loin de se faire émule de Misteur Valaire pour autant. S’entourant de collaborateurs tels Holobody, Emma Frank et Folly & the Hunter pour la création de leur plus récent album, malgré les talents diversifiés qui sont venus se greffer à eux, le résultat est étonnamment homogène. Les artistes avec lesquels ils se sont entourés ont su se fondre à l’atmosphère globale du projet et de sa ligne directrice. Le groupe a une sonorité qui lui est propre, des ambiances sonores similaires à The Gulf Stream pour leur aspect cinématographique, mais avec une certain funk de plus grâce aux cuivres et la cadence soutenue de la batterie. Impossible de ne pas taper du pied avec les pièces enjouées et positives du binôme montréalais. Ils lancent l’album Fairground-Futrure Circus Remixes le 22 mars, où ils revisitent les pièces de cette parutions.





PORTICO QUARTET – LIVE/REMIX


Étonnante captation devant public doublé d’un album de pièces remaniées par des mains de maîtres telles que sbtrkt, LV et Konx-Om-Pax et les deux facettes de la formation sont plus que pertinentes. L’entendre ce groupe avant-gardiste à l’œuvre et épatant de constater à quel point ils sont aptes à transposer leurs structures sonores complexes avec une telle justesse. Sans compter le remaniement des pièces par d’autres artistes qui les revisitent à leur façon, tout en conservant l’esprit qui les habite, n’est pas une mince affaire lorsque l’on parle de la rencontre du jazz et la musique électronique et c’est réussi avec brio sur cet album double qui vaut le temps investis!





FLAT EARTH SOCIETY – 13


Un big-band contemporain belge qui se permet beaucoup d’exploration sonore, c’est audacieux, surtout en cette époque de musique numérique où tout semble de plus en plus formaté, ça détonne dans le paysage musical actuel et c’est tant mieux! Pour les avoir vus en prestation, laissez-moi vous dire que c’est vraiment impressionnant d’assister à ces envolées que l’on croit improvisées et de constater que tout est calculé et rodé au quart de tour, ces musiciens sont des virtuoses et maîtrisent l’art de communiquer ensemble en parfaite symbiose. Leurs structures atypiques se font souvent déroutantes, même pour les férus de jazz, puisque Flat Earth Society frôle la musique actuelle et le free-jazz plus souvent qu’autrement. De nombreux courants musicaux se font sentir, en passant par le swing au post-bop, mais ils réussissent à en faire un amalgame pour nous servir une sonorité unique, dynamique et rafraîchissante.





YOUNGBLOOD BRASS BAND – PAX VOLUMI


Cet ensemble de cuivres urbain a une approche jazz-hop, dynamique, un peu afrobeat et soul, à la manière de Menahan Street Band, mais en version vocale et encore plus d’attitude. Le côté lyrique me rappelle un peu celui de Zach de la Rocha (Rage Against the Machine), en version moins criarde, mais aussi assumée. Les percussions prennent une grande place malgré les arrangements de cuivres, on y retrouve pas moins une sacre base rythmique appuyée par des lignes de basse lourdes. Pax Volumi est une autre parution sur étiquette Tru Thoughts qui vaut vraiment le temps de s’y attarder, ça groove solidement à chaque pièce et l’on devine la synergie entre les musiciens que l’on peut facilement imaginer énergiques sur scène!





WEBSTER WRAIGHT ENSEMBLE - NO LUCK DAYS


Dans la veine de Jaga Jazzist et de Cinematic Orchestra, il ne se fait pas mieux que cet ensemble comme émulation, puisque nombreuses sont les imitations, peu peuvent arriver à équivaloir aux chefs de file du style autant qu’ils le font! On pense parfois aussi à Skalpel pour les structures musicales, mais en version beaucoup plus étoffées au niveau des arrangements et avec un volet vocal. Une sorte de nu-jazz orchestré, R&B et Soul, à la fois moderne et rétro, puisque l’instrumentation est classique pour un ensemble jazz, malgré que les compositions soient bien plus près de St-Germain et leurs contemporains qu’autre chose. On se croirait parfais dans un film de James Bond des années ’70, verre de martini à la main!




ROBERT GLASPER – BLACK RADIO VOL.2


Glasper nous sert une deuxième portion de jazz-hop accompagné par une pléthore de collaborateurs tels que Jill Scott, Brandy, Norah Jones et même Snoop Dogg, viennent tour à tour ajouter leurs touches! L’album Black Radio 2 et son concept Experiment me rappelle Guru et sa série Jazzmatazz avec ses élans R&B, Erykah Badu pour son atmosphère néo-soul et Esperanza Spalding, pour son côté plus jazz. Un passage spoken word contenu dans l’édition de luxe me fait penser à l’album They Shall Inherit de la formation Menagerie, excellente parution en 2012. Son parcours gospel transparaît à travers les compositions du pianiste qui a su s’attirer de grosses pointures et le talent désiré pour forger un album jazz modernisé, tout en ayant un potentiel radiophonique, le titre l’indiquant avec aplomb. Éparpillé sur son enregistrement, on y retrouve du dialogue (ou skit si vous préférez le jargon du milieu), ces interludes narratives insérées entre les pièces qui ajoutent à la thématique urbaine et l’ambiance globale. Sans être révolutionnaire, c’est l’une des parutions pertinentes dans l’univers jazz et une solide addition dans la carrière de l’artiste.





ARVE HENRIKSEN – PLACES OF WORSHIP


Le ton, tout comme le titre l’indique, est solennel, pratiquement méditatif, avec son trompette feutrée du musicien norvégien comme peu le font aussi bien, mis à part Erik Truffaz et Nils Petter Molvaer. Les nappes de claviers en font un périple qui frôle le genre nouvel-âge, mais qui s’abstient de tomber dans le piège du kitsch, difficile tâche s’il en est une. On flotte dans de douces vagues de notes, des structures qui se prêtent évidemment à l’introspection, voire à une soirée romantique ou tout simplement pour aider à faire le vide d’une journée surchargée, l’album Places Of Worship émane une certaine spiritualité sans même l’écouter religieusement!





MAGNUS ÖSTRÖM – SEARCHING FOR JUPITER


L’ancien percussionniste de l’Esbjorn Svensson Trio, la réputée formation norvégienne de jazz-fusion, se taille sa propre place dans le milieu, tout comme Dan Berglund, le contrebassiste de fabuleux trio le fait si bien. Öström conçoit des structures sonores à la fois subtiles et complexes sur Searching For Jupiter, où l’on croirait parfois entendre Pat Metheny pour le jeu de guitare relevé. Si vous aimez la batterie, elle est parfois en arrière-plan, mais omniprésente, un jeu subtil et en équilibre avec les arrangements tout en finesse. Ses compostions ressemblent parfois à du smooth-jazz, mais avec un certain mordant de plus, parfois toutes en douceur et enflammées à d’autres moments, ce qui fait de son plus récent opus une création toute en reliefs.





KNEEBODY – THE LINE


Quintet qui fait un type de jazz exploratoire aux touches psychédéliques, similaire aux formations Get The Blessing, Garage A Trois et Snarky Puppy, d’ailleurs, cette dernière sera de la prochaine édition du Festival de jazz d’Ottawa l’été prochain. Les compositions dynamiques de Kneebody se distinguent du lot avec leurs structures évolutives qui se rapprochent du jazz-fusion et surprennent à chaque détour, où l’on ressent une grande ouverture à l’improvisation et l’exploration musicale. Un volet expérimental se fait présent, avec une approche qui s’apparente au funk, livré avec une intention rock pour venir ajouter du mordant à leur sonorité. Chaque pièce de l’album The Line n’ont justement aucune ligne directrice précise entre elles, de sorte que le seul fil conducteur est la perpétuelle évolution et réinvention, une approche qui s’éloigne des standards imposés par tout genre musical trop contraignant à leurs yeux et qui est clairement excitant pour l’auditeur qui ne cesse d’apprivoiser ce qu’il reçoit dans les tympans!



Voilà ce qui conclu ma revue musicale annuelle en matière de jazz et ce qui l'entoure. La semaine prochaine, un bilan sur la musique contemporaine et actuelle avec les 10 meilleures parutions du genre. D'ici là, c'est un rendez-vous les samedis, dès 21h30, sur les ondes de CISM 89,3 FM pour la diffusion de mon mission hebdomadaire. Visitez aussi ma page Facebook afin d'avoir accès à mes découvertes musicales quotidiennes par la biais des Sons du Jour et comme toujours, continuez de vous faire votre propre opinion des choses, tout en demeurant ouverts aux nouvelles idées/visions/sonorités!

samedi 8 mars 2014

Rétrospective Musicale 2013 - Hip-Hop/Rap


Pour ce chapitre VII de cette revue musicale de l’année, voici une thématique à saveur hip-hop et rap. Un éventail de choix assez diversifiés et colorés, qui passent de projets représentatifs du genre à des choses un peu plus abstraites, mais toujours connexes. En espérant que vous ne perdiez pas le fil conducteur pendant votre lecture et que vous puissiez trouver pointures à vos pieds!


DAN LE SAC VS SCROOBIUS PIP – REPENT REPLENISH REPEAT


Ces gars-là m’épatent au plus haut point avec leur approche cérébrale, leur univers musical et lyrique unique et l’originalité de leurs structures sonores audacieuses. Un traitement sonore hors du commun, surtout que leurs productions sont un alliage d’influences diversifiées, breakbeat, ambiant, trip-hop, nu-jazz et bon nombre d’autres teintes se décèlent dans le mélange. Une approche lyrique qui ressemble à The Streets autant pour l’attitude que l’accent britannique et l’aspect narratif qui dépeint des scènes que l’on visualise rapidement. Inspiré au plus haut point, cet enregistrement nous rend dans une sorte d’état second tellement il est captivant et prenant avec son univers singulier. Une des rares parutions par sa qualité qui traversera fort probablement les années, choses de plus en plus rare en cette époque de l’abondance/accessibilité musicale et l’instantanéité du l’ère du web!




JEL - LATE PASS


Jeffrey Logan, humble et sympathique rapper de la scène underground de l'ouest américain revient avec Late Pass, son 7e album. Jel est l'un des fondateurs d'Anticon, maison de disque mieux connue pour abriter Baths, Restiform Bodies, Doseone et ses multiples projets dérivés, en plus de ceux mentionnés un peu plus haut. Majoritairement instrumental, cet as de l'échantillonnage et de la boite à rythmes nous livre sans prétention sa plus récente galette. Avec un flow particulier et une approche qui en fait une référence dans le domaine, depuis plus d'une décennie, l'artiste ne déçoit pas!




I AM LEGION



Incroyable collaboration entre Noisia, les dieux des basses fréquences qui bavent des haut-parleurs et le collectif rap intellectuel, Foreign Beggars qui arrivent avec une sonorité aussi rafraîchissante que Prodigy l’a été à une autre époque. Un flow lyrique difficile à battre, jumelé à des structures sonores rehaussées d’un traitement pratiquement sans égal, mis à part Amon Tobin. Ensemble, ils viennent insuffler un nouveau souffle au style dubstep, malmené, limité et usé depuis des années. Employé à toutes les sauces, inévitablement le genre prenant une tournure globalement redondante et peu innovatrice, ce qui est loin d’être le cas ici. Avec I Am Legion,  l’apport des deux projets musicaux se complètent à merveille en prenant la place qui leur revient, sans empiéter sur l’autre, apportant à la table musicale leurs forces qui mettent en valeurs celles des autres. Un album énergisant comme peu le font aussi bien!




GHOSTPOET – SOME SAY I SO I SAY LIGHT



L’artiste britannique qui a vécu quelque temps au Niger et à la Dominique, une île située entre la Guadeloupe et la Martinique, fait refléter ces influences sur ses structures sonores. Ses productions, à saveur downtempo et ambiantes-expérimentales, ressemblent un peu à Mount Kimbie, Lapalux et Nosaj Thing. Certaines plus minimaliste me font penser à The Eraser, l’aventure solo de Thom Yorke ou Reflections Of The Dark Heat de Kate Wax pour ses sonorités envoûtantes et nocturnes. Le ton employé au niveau lyrique est intimiste, propice à l’introspection et la réflexion, sa voix interpelle et la musique stimule le cortex et son chant aux tonalités basses, du type spoken word, rappelle le spectre de Gil Scott-Heron. Some Say I So I Say Light, c’est une sorte de trame sonore digne de n’importe-quel lendemain de veille par sa touche psychédélique, avec une ambiance de rêve fiévreux qui émane de ses productions, comme seuls Tricky et lui savent si bien le faire!





M. ROBIN – PRODUCTIVITY BEATTAPE VOLUME G&H



Dans la plus pure veine de hip-hop instrumental, le mixe du producteur originaire de la région de Québec est inspiré et stimulant, à l’image du titre de cette série. Prolifique, la moitié de Pax Kingz, avec Pascal Asselin (Millimetrik), démontre son savoir-faire pour ce qui est des alliages sonores et des enchaînements redoutablement fluides et efficaces sur cette _ cassettes (oui oui, vous avez bien lu) qu’il a fait paraître en 2013. Certaines influences se font sentir, que l’on pense à DJ Food, DJ Shadow ou plus récemment Mux Mool, on sent M. Robin branché sur ce qui se fait de plus frais dans le domaine musical et ça ne peut que transparaître dans ses assemblages sonores, ce qui est tout sauf une mauvaise choses, surtout avec autant d’écoutes sous la ceinture de ce mélomane!





KAYTRANADA – KAYTRA TODO



Un des producteurs montréalais les plus en vogue dans le moment, avec une approche un peu du style trap, des gros beats avec beaucoup de basses fréquences sont au menu de ses structures sonores avant-gardistes. Les pièces instrumentales de Kaytra Todo sont parmi les compositions les plus ambitieuses dans le genre urbaines futuristes. En incorporant beaucoup d’éléments de la musique électronique, Kaytranada retient l’attention avec une approche innovatrice ou du moins, au goût des dernières tendances, qui fait en sorte que l’album retient l’attention par ses superpositions de sonorités toutes en finesse et subtilités.






LOUIS LOGIC – LOOK ON THE BRIGHT SIDE



L’une des plus belles surprises de l’année et définitivement l’une des pochettes les plus inspirées dans le domaine du Hip-Hop. Sur son troisième album en une décennie, disons que l'artiste préfère prendre son temps pour faire paraître de la qualité au lieu de la quantité. Sa voix me fait un peu penser à Jel ou Alias, voire Why? pour son flow, jusqu’à un certain point. Il va s’en dire qu’il y a de la graine de ce qui se fait sur étiquette Anticon, sans nécessairement porter la signature sonore de ces derniers, n’en reste pas moins que c’est un style de rap stylisé avec une recherche sonore, tout en demeurant accessible. Look On The Bright Side est un enregistrement rafraîchissant, tout pour l’approche lyrique que musicale de Louis Logic, paru à la toute fin de l’année, l’album s’est aisément hissé dans les meilleurs du genre!




DELTRON 3030 – EVENT II



Le retour du collectif, finalement, après plus d’une décennie d’attente, est-ce que l’album est à la hauteur des espoirs ? La réponse est oui, sans équivoque. Dan the Automator (Gorillaz), Del the Funky Homosapien et Kid Koala, ont choisi une mise en scène dans un proche avenir, les propos sont sombres et la narration en ouverture donne le ton. Avec une pléthore de collaborateurs qui sont venus se greffer à eux pour mener à bien leur épopée sonore sont nombreux, de Jamie Cullum à Mike Patton par Damon Albarn à Zach de la Rocha, le résultat aurait pu verser dans l’incohérence, mais il n’en est rien. Chacun apporte sa touche distinctive là où c’est le plus pertinent et l’ensemble se fait fluide, malgré le choix éclectique des renforts vocaux. Un album des trames instrumentales est disponible et c’est très bien, mais afin d’avoir l’expérience totale, le vocal est primordial!




BAUCHKLANG - AKUSMATIK


Quintette de beatbox autrichiens qui ont une énergie contagieuse et une approche extrêmement positive pour leurs créations musicales. Ensemble et exclusivement avec leurs voix, ils produisent des sonorités qui passent du dub au techno-minimaliste et par les rythmes plus typiques de monde du hip-hop. Leur démarche, sans être unique, puisqu'une pléiade d'artistes font des trucs similaires, a le mérite d'être redoutablement efficace et divertissant. Peu nombreux sont ceux qui s'approchent de la qualité de ce que Bauchklang arrive à faire, le plus près, mais dans un registre beaucoup plus dub et électro, est sans aucun doute Dub FX. C'est étonnant d'entendre et de constater ce que l'on peut arriver à faire avec seulement des cordes vocales, quelques effets et beaucoup d'inspiration, sans trop verser dans la redondance pour autant, voilà pourquoi Akusmatik est un album inspirant!





RANDOM RECIPE – KILL THE HOOK



Du hip-hop très accessible avec des structures accrocheuses et une énergie positive, c’est la signature du quatuor, mais sur leur dernier album, ils poussent leurs sonorités plus loin en nous emmenant à des contrées moins balisés. On mêle les cartes au niveau musical encore plus qu’avant, les membres de la formations apportent ce qu’ils font de mieux chacun et ensemble, de sorte que l’ensemble est plus complet et éclectique que jamais sur Kill The Hook. Comme le titre le démontre si bien, on s’éloigne quelque peu des vers d’oreilles, pour s’aventurer et s’éclater musicalement plus que jamais. On y retrouve son compte quand on aime Luscious Jackson et Cibo Matto, malgré qu’il y a définitivement moins de pièces radiophoniques, quoi que ce n’a jamais vraiment été le cas non-plus par le passé, disons seulement que c’est un de ces albums qui gagnent du galon à force d’en faire l’écoute. Après tout, un peu de recherche sonore et d‘écoutes approfondies ne fait de mal à personne, surtout lorsqu’il est question de Random Recipe!




Sur cette note plus locale, c'est ce qui conclu ma chronique du meilleur dans la catégorie rap/hip-hop de 2013. L'aventure se poursuit avec le chapitre IIX de mon bilan musical annuel la semaine prochaine avec une chronique portant sur les 10 meilleures parutions dans la catégorie jazz. D'ici là, c'est toujours un rendez-vous sur les ondes du 89,3 CISM, les samedis dès 21h30, pour mon émission remplie à craquer de découvertes et de nouveautés musicales que j'ai à vous proposer. Restez également à l'affût des Sons du Jour sur ma page Facebook, publiés de manière quotidienne en semaine. Prenez soin de vous et des vôtres et continuez de penser par vous-mêmes en cette période de manipulation d'opinion de masse!