jeudi 15 février 2018

Marie Davidson | Dystopie nocturne

Crédit photo : Caroline Hayeur

Le spectacle Bullshit Treshold de l'artiste montréalaise Marie Davidson oscille entre performance théâtrale, spectacle audiovisuel et prestation musicale à la croisée des chemins entre la musique techno et de la synthpop.


À l'occasion de la première d'une série de trois représentation à La Chapelle Scènes Contemporaines, du 14 au 16 février 2018, l'artiste a offert une expérience peu commune à l'auditoire de la charmante petite salle. Sous une conception d'éclairage et de projections dynamiques en temps réel, signés par John Londono et Gonzalo Soldi de HubStudio; des montagne russe d'émotions d'une rare sincérité, inspirées de scènes de la vie quotidienne et des réflexions que l'artiste livre sans pudeur.


Crédit photo : D. Kimm

Seule sur les planches, elle dégage un charisme unique où elle semble parfaitement dans son élément et en contrôle de son environnement. Incarner autant d'assurance prend énormément de courage ! Les changements vestimentaires, s'occupant à la fois de beaucoup d'éléments technique derrière ses machines, l'artiste s'en demande beaucoup, peut-être même trop, afin d'éviter dans le piège de la surcharge pendant quelques rares instants où la cadence a semblé affecter la fluidité du spectacle.


Crédit photo : Caroline Hayeur

Connue au sein du duo Les Momies de Palerme avec Xarah Dion et pour Essaie Pas, avec son mari Pierre Guerineau, Marie Davidson ne manque pas de culot ! Appuyée par une captation d'images en temps réel avec l'aide de caméras infrarouges, l'originalité et l'effet dramatique est à son comble. Pour l'occasion, voici une entrevue audio avec l'artiste en version intégrale, originalement publiée sur Baron.



Le spectacle Bullshit Treshold fait écho à l'album Adieu au Dancefloor, le plus récent effort solo de Marie Davidson, paru sur l'étiquette Cititrax à l'automne 2016. De profondes réflexions sur un mode de vie en décalage avec la réalité, la jeunesse souvent insouciante qui se gargarise dans les abus de toute sorte, notre addiction collective aux technologies et aux substances, bref, de cette fuite perpétuelle de nous-même et des autres.


Crédit photo : D. Kimm

Marie Davidson n'a pas froid aux yeux en interpellant le public avec autant de finesse que de brio et ce, de différentes façons, tout le long de cette performance pluridisciplinaire qui vaut bien plus que son prix d'entrée. Bullshit Treshold est une sorte de voyage aux confins de paysages intérieurs de l'artiste, tantôt infernaux, tantôt idylliques, définitivement une expérience hors du commun à ne pas manquer !

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