Coup de Gueule


La culture à tout prix, oui, mais non


On sait tous que ça va mal dans le domaine culturel (et pas seulement...), mais est-ce qu'on se pose réellement la question de fondamentalement pourquoi ?

Ça fait un bout que ça me turlupine, je dirais même que ça me démange. En plus, je refuse de voir ces atrocités banalisés et de me contenter de dire : "Bah, c'est comme ça, que veux-tu", quand en fait non, ça ne devrait pas l'être, ça ne peut plus durer et il faut vraiment que ça change !

J'en ai vu des jobs passer au fil du temps, pis honnêtement, j'aurais honte de postuler au salaire qu'ils offrent sur le dos des artistes qu'ils sont censés travailler pour protéger. Voyons-donc, t'as pas honte dans ton bureau avec un salaire au-dessus de 100k/année pour décider de l'octroi des subventions (avec 6 postes à combler qui prennent surtout aucun risque à financer les meilleures ventes, tuant ainsi l'audace et la créativité...), ce qui veut dire plus d'un demi million pour les bureaucrates, on sait où va l'argent en culture ! Quand j'ai vu ça, j'ai failli tomber en bas de ma chaise.

L'enveloppe budgétaire est engloutie dans les salaires des fonctionnaires du Conseil des Arts du Canada, de la SODEC, la SOCAN et le CALQ et j'en passe, pendant que les artistes crèvent pratiquement de faim et ne peuvent pas vivre de leur art. Pendant que les organismes roulent sur les stages non rémunérés et les bénévoles. Sans oublier les voyages sur le bras des contribuables et autres extravagances, ces technocrates se gargarise dans l'excès. Après ça, on sait pourquoi on n'a pas de travail proprement dit, mais beaucoup de projets (malgré l'angoisse et la désillusion), encore moins une qualité de vie qui a du sens dans le domaine...

Les vrais défenseurs de la culture, tous ces chroniqueurs pour des petites publications, web ou non, qui ne sont à peu près pas payés pour leur travail, parce que c'est normal, t'aimes ça faire ce que tu fais ou pire encore, c'est simplement considéré comme un beau passe-temps quand ce sont des gens qui travaillent extrêmement fort pour promouvoir une culture vivante et différente de ce qu'on nous propose généralement ailleurs.

Internet a fucké la donne c'est bien évident, comme on s'ajuste très difficilement aux bouleversements numériques et ce, depuis un bon moment déjà, mais plusieurs profitent du phénomène en nivelant tout un lot de professions vers le bas, puisque si tu le fais pas pour presque rien, y'en a 10 autres qui vont le faire, on est tellement solidaires.

C'est pour ça qu'on se retrouve avec un paquet de compagnies qui cherchent surtout des petites filles de 21 ans prêtes à travailler 80/h semaine pour des billets de shows pis une belle expérience sur leurs CV, pendant que les vrais connaisseurs culturels ont une job alimentaire pour subvenir à leurs besoins et tirent le diable par la queue. C'est pour ça que les vraies bonne initiatives n'avancent pas (ou si peu).

Pendant ce temps-là, un employé du Conseil des Arts du Canada fait de 75k à 90k/année pour la gestion de réseaux sociaux... Pis pour la même job dans un organisme culturel, c'est des stages pas payés. J'voulais m'arracher les yeux d'avoir vu ça, maudit domaine paradoxal pareil ! Faudrait tout revoir, from the top down, mais personne ne dit rien, parce que ce sont ces gens-là qui se retrouvent autour des tables de concertations pour l'avenir de la business...

Tellement de gens ne sont pas au courant qu'à l'ADISQ, c'est la même affaire, leurs membres (artistes en nomination au gala, entre autres) paient plus d'un demi-million juste pour des gestionnaires de l'industrie, pour des jobs qui ne valent vraiment pas ça, afin de protéger les intérêts culturels... Bullshit, avec la moitié de ce salaire, peut-être, mais là, c'est carrément d'ambitionner sur le monde, mais les gens ne savent pas ou ils ne veulent généralement pas le savoir; le confort de l'indifférence.

Pis après le petit peuple vient chier sur les artistes sur les tribunes qui lui sont offertes, disant : Y'ont juste à faire d'la bonne musique pis vendre au lieu de quémander de l'argent au gouvernement. Heille, le cave, tu n’sais même pas ce qui se fait de bon, soit tu l'as probablement jamais entendu ou que t'es tellement formaté par les médias que tu ne sais même pu reconnaître la merde d'un diamant brut… Abrutissement social, quand tu nous tiens.

Vaste sujet s'il en est un, certes, puisque le peuple et ses habitudes de consommation (Spotify, Deezer, Netflix et j'en passe) en est en partie responsable, complice par son inconscience, son immobilisme et son mutisme (comme dans bien d'autres domaines d'ailleurs). Alors s'il faut que certains fassent le lien, puisqu'on dirait que le commun des mortels ne le fera certainement pas par lui-même. Ne reste qu'à espérer vivement un éveil collectif et un retour du balancier, c’est le mieux qu’on puisse se souhaiter pour la nouvelle année !
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Faune et (phony) médiatique


Dans le merveilleux domaine du journalisme culturel, nombreux sont ceux qui jouent à se planter des couteaux dans le dos, il y a beaucoup d'ego là-dedans, difficile à croire à point...

Apparemment, ceux-ci n'ont pas saisis l'importance de s'allier pour être plus forts, puisque qui divise s'isole inévitablement. C'est bien décevant qu'un bon nombre d'entre eux n'aient pas compris ce principe à l'ère de la convergence. Nous sommes tellement une petite nationalité en ces sols américains que de se fragmenter et d'être aussi polarisé n'aide absolument rien.

Avec leurs propos réducteurs, ils sont atteints d’une sorte de diarrhée mentale qui contamine les réseaux sociaux, véhiculée par leurs tribunes de ces gourous du goût. Les opinions reposent souvent sur des demi-écoutes, propulsées par de semi réflexions, le tout dans le but à peine caché du clickbait. Le poisson de ces appâts à clics dans l’équation, bien sûr c’est le lecteur, mais à qui s’adresse-t-on exactement ? Ces hipsters qui crachent sur la culture québécoise qu’ils ne considèrent pas la leur, prétextant qu’il se fasse bien mieux ailleurs. Syndrome du peuple inconsciemment colonisé ?

Ces gens s’arrachent avidement des billets de spectacles trop chers payés dans des petites salles bondées, pendant que plusieurs groupes locaux ont peine à couvrir leur frais. Tout ça pour quoi, sinon de parler de tout et de rien pendant les prestations, parce que, tu sais, on est tellement blasés. Grand bien leur fasse s’ils gâchent l’expérience des spectateurs autour de leur discussions vides de sens qui n’ont aucun lieu d’être pendant que les artistes sur scène tentent tant bien que mal de mettre le feu aux planches.

Certains êtres inconséquents semblent incapables d'écouter un spectacle étant trop imbus d'eux-mêmes et ce sont souvent les mêmes qui critiquent le concert le lendemain dans ces nombreuses publications, tirant à boulet rouge sur tout ce qui bouge, se tirant dans le pied en tant que société. Parce que tu sais tout ce qu'on lis à travers les lignes; «  Le billet je l’ai pas payé et non, je n’encouragerai certainement pas la table de marchandise, de toute manière, pas besoin du vinyle pis qui achète encore des CD, quand j’ai la version promo gratis, j’vais plutôt aller me mettre un autre verre dans le nez pour parler encore plus fort étant donné que le technicien de son mène une guerre de volume avec la foule qui jase. Des bouchons, ben je t'entendrais pas, quoi que je m'écoute parler plus qu'autre chose et des acouphènes, j’sais pas d’quoi tu parles ! »


Sont-ils les seuls responsables de tout ce boucan ? Bien sûr que non ! Souvent, ce sont également les gens sur la guestlist, ces ingrats qui manquent royalement de respect, autant pour ceux qui essaient simplement d'écouter et d'avoir une bonne expérience, que pour les artistes qui se produisent sur scène. Par contre, ces blogueurs et reporteurs devraient au moins être un peu plus conscients de cette attitude désagréable et des répercussions qu'ils ont et pourtant, ils se font légion.

Misère, que de beaux divertissements !
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Où prenez-vous le temps?


C'est la question qui me mystifie le plus.

Il y a 24 heures dans une journée. Le tiers est occupé à dormir. Le tiers - au moins - à travailler. Alors où trouvez-vous même une heure pour regarder la télé?

J'ai à peine le temps de lire, de m'occuper de mes filles, de cuisiner, de regarder un film et de faire une rando.

Expliquez-moi.

Malaxeur à neurones

La télé agit aussi sur le cerveau de la même manière que le cholestérol agit sur les artères...



Je suis personnellement en accord avec les opinions de M.Nadeau émises dans sa  chronique Le Bâille-Bâille – suite (!) et fin. Je vous propose ma réponse à son questionnement d'où prenez-vous le temps...

Selon mes observations, bien des gens n'ont pas mieux à faire que de se meubler l'esprit une fois leur journées de travail terminées. Ils ne se cherchent pas un but, ni une raison d'être, sinon de subvenir à leur besoins de peine et misère. Le fait d'avoir une vie plus sédentaire permet d'avoir d'avantage de temps libre pour s'écraser devant la télé, plus que certaines personnes qui ont des doubles, sinon, triples vies hyper-chargées, à vouloir s'accomplir. En ne cherchant pas autre chose que le modèle de bonheur proposé, ils ne veulent pas s'inventer une vie, ils vivent souvent alors par procuration en guise d'évasion de leur quotidien. Ils ne se posent ni se remettent trop en question, puisque l'inverse serait inconfortable et puisqu'ils adhèrent au moule, agir autrement les ferait juste un peu trop forcer.

MALAXEUR À NEURONES

J'aimerais me faire l'avocat du diable à ce sujet, en avouant qu'il y a moyen de s'éduquer en essayant de faire abstraction de tout l'aspect sensationnaliste du spectacle habituellement offert. Sur les centaines de canaux disponibles, on peut y retrouver des documentaires, et des reportages sur quelques sujets intéressants de temps en temps, mais peut-être trop peu, effectivement. La télévision, à mes yeux, manque d'interactivité, sa structure est trop rigide, inflexible, statique et passive versus le web qui est énormément plus ouvert et adaptable à des horaire en constante mutation, une situation que nous vivons de plus en plus couramment. Je ne suis plus abonné au câble et j'avoue qu'il me manque pratiquement jamais, moi qui en était pourtant un mordu plus jeune. J'ai choisis mes priorités et oui, comme il n'y a que 24h dans une journée, me concentrer sur mes connaissances musicales est devenue la priorité, à chacun ses passions et ses passes-temps !

Voici le documentaire Naqoyqatsi pour éveiller les esprits !