Réflexions


Tous ces gages de "réussite", ton patio, ton grand parasol, ta piscine, ta tondeuse, ta grosse TV, tes draps santé, ton cellulaire, ta tablette pis internet, le forfait 4 services qui vient avec. Ta retraite, ses RÉER, ton compte en banque puis les enfants qui deviennent grands qui, à leur tour, perpétuent le non-sens "d'être" humain en héritant de la "liberté" de travailler toute leur vie pour essayer de joindre les 2 bouts, jusqu'à leur propre finalité. En attendant, s'obstiner pour des futilités, se contenter de commenter l'actualité en se trouvant donc ben brillants, c'est le mieux qu'on sache faire de notre temps.


Si t'observes la scène en silence, on te demandera sans doute pourquoi tu ne parles pas. Ah oui, vraiment ? C'est à ça que se résume l'essentiel de l'existence du mammifère bipède que nous sommes et d'essayer de se convaincre qu'un jour, m'a m'y faire... Sacrément pathétique n'est-ce pas ? Malheur, si t'oses le dire tout haut, on te propose alors des pilules pour régler ça. Va voir un psy, fais du tai-chi ou j'sais pas, mais de grâce, occupes-toi afin de na pas embêter les autres avec ces pensées-là. D'un coup qu'on deviendrait une civilisation en réflexion au lieu d'en réaction...


C'est ça, choques-toi au lieu de canaliser cette énergie en tentant de changer quoi que ce soit. Tu l'sais trop bien qu'au fond on n'tourne collectivement pas rond, sinon autour de nos propres nombrils, mais tu préfères porter ton ouïe vers d'autres inepties. Fredonner cette ritournelle entendue d'une radio poubelle, de ces tsars qui font de "l'art" creux et sans cervelle. De ceux qui ne cessent d’approfondir l'abîme du superficiel, en poussant sur des valeurs matérielles, sur un air pseudo-émotionnel.

Non, mais continue, consomme mon homme. Ce gadget dernier cri te rendra heureux au moins quelques semaines, avant de finir sa vie dans les poubelles et se rendre ultimement dans un site d'enfouissement, tels nos songes, on est tellement bons là-dedans ! À chacun son exutoire à broyer du noir. Dis-moi, que vois-tu quand tu te regardes dans le miroir ? Penses-y fort, oups, pas trop, tu risques d'avoir mal au cerveau.

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Je ne l’ai jamais rencontré, mais pourtant il m’a touché. Son trépas laisse un trou béant dans le paysage artistique mondial, il avait une grâce, une énergie et un esprit unique que rien ni personne ne pourra remplacer. Triste nouvelle que j’ai appris un soir que la lune se faisait pleine, presqu’autant que mon cœur est remplit de peine. Justement, j’ai peine à croire qu’un homme aussi grand puisse s’enlever la vie. L’isolement imposé par son métier a bien finit par le ronger et le jour fatidique où ça en fît trop est arrivé… Cruelle est la condition humaine pour les sensibles de ce monde. Si les meilleurs partent les premiers, que va-t-il bientôt rester, que ces faux sourires avec un signe de piasse à la place du cœur ? Une société dépossédée de ce qui lui reste d’humanité à stresser au sein de cette course affolée ? Comme une sorte de prise d’otage de notre conscience collective, la mise en abîme du gros bon sens et de l’environnement se faisant ? Je suis tout simplement consterné des départs de cette année, après Philip Seymour Hoffman, Robin Williams vient de quitter le navire. Rien depuis Dédé Fortin et Kurt Cobain ne m’a autant affecté, mis à part les disparus qui m’ont élevés, une famille décimée. Il faut croire que c’est bien vrai que ce sont les Meilleur qui partent en premier.

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L'Ère des Distances

Pourquoi autant de solitude en cette ère? Incapables de véritables engagements, notre génération ne s’attache généralement pas longtemps ni profondément. Trop fréquemment déçus sur le plan affectif, nous osons difficilement se regarder dans les yeux, au lieu, nous restons chacun dans notre camp à cultiver nos frustrations mutuelles. Perdus dans un monde où les valeurs sont pratiquement différentes pour tous et chacun, l’individualisme nous  aliène de plus en plus les uns des autres, de sorte qu’au fil du temps, le pont entre deux solitudes devient plus ardu et improbable que jamais. Confus entre nos propres attentes, la pression sociale et la glorification omniprésente du sexe, nous souffrons d’une distorsion de notre vision des relations amoureuses.

L’amour, y croit-on encore, sommes-nous toujours prêts à s’investir et s’ouvrir face aux autres autant qu’à soi-même? Nous errons quelque part entre nos souhaits et nous nous distançons de ce qui est, à la base, pourtant si simple et probablement une des plus belles choses de la vie. Encombrés par nos passés, au fil de nos amours déchus, ce sentiment est devenu pratiquement quelque chose d’utopique. Désillusionnés, nous osons de moins en moins s’investir au sein d’une relation qui peut aisément susciter les plus beaux sentiments comme les plus dévastateurs, de sorte que nous demeurons avec une sorte de torpeur relationnelle.


La technologie et les nouvelles formes de communications ont créés un paradoxe incroyable en rendant toute information (aussi impertinente soit-elle) disponible au bout d’un clic, tout en favorisant un phénomène de discours de sourds, où tout le monde se parle mais personne n’écoute vraiment. Isolés les uns aux autres, ce qui devait ultimement nous rapprocher globalement nous éloigne véritablement, faisant apparaitre un dysfonctionnement au sein de nos interrelations. Devenus experts maladroits sociaux, nous plongeons encore plus profondément dans l’abysse de la bêtise humaine. L’intolérance en est une autre manifestation, l’extension de cette insatisfaction perpétuelle, qui nous rend parfois aveugles face à bien des évidences.

D’un autre côté, c’est la prolifération des cons. Faut dire que ce sont généralement les imbéciles qui se reproduisent, malheureusement, les gens conscients s’abstiennent plus souvent qu'autrement. Il suffit d'observer, un tant soit peu, le monde autour de soi pour se rendre compte jusqu'à quel point l'être humain n'a que trop peu évolué depuis des millénaires. Ce triste constat est bien l’une des raisons pour lesquelles nous vivons actuellement un phénomène d’abrutissement social, combinées à une manipulation médiatique sans précédent, mais comment s’en sortir?

Je suppose, en ne laissant pas passer des bonnes idées, puisqu’il ne faut surtout pas les gaspiller, c'est déjà un bon départ pour ma part. Continuer de rêver, au lieu de bêtement les enterrer au fond de nos tiroirs à raisonner, puisque l’âge adulte a le don de tuer notre bonne volonté! J’estime qu’il ne faut pas se laisser emprisonner par nos blessures du passé et de poursuivre à espérer et de persister à penser que le meilleur (tout en demeurant conscient qu'autant le pire) peut nous arriver.

 ~  Le Boulimique cynique et un peu désabusé



Nous sommes tous bipolaires !

Est-ce que c'est anormal de flipper un peu de temps à autre quand on pense et qu'on est conscient de ce qui se passe dans le monde ?  Est-on débiles si on ressent le mal de vivre, notre impuissance face à l'énormité de la bêtise humaine et parfois d'aller jusqu'à se sentir inutiles ? Nous ne sommes pas que des machines à générer du fric et consumer ce qui nous entoure comme on brûle notre santé avec notre train de vie. C'est normal d'avoir des hauts et des bas dans nos humeurs, surtout quand on se demande d'être ce que nous ne sommes pas. Nous nions qui nous somme véritablement à nous-mêmes et à ceux qui nous entourent, c'est-à-dire tout simplement humains, avec nos limites, nos forces et nos faiblesses.

On nous gave l'esprit qu'il faut performer, puisque maintenant les enjeux sont mondiaux, nous ne rivalisons plus seulement qu'avec le voisin, plus que jamais la Terre est devenue un village global et tout ça on le sait déjà. Mais ultimement, on court après quoi au juste, notre mort ? On attend que la journée finisse, puis la semaine, puis le semestre, quand c'est pas l'année... A-t-on autant un dégoût de la vie pour vouloir s'en débarrasser ainsi ? Si vivre c'est prendre le temps, j'en connais une bonne gang qui sont cliniquement morts depuis longtemps. Moi-même je m'inclus dans les rangs des morts-vivants, certainement, puisque je ne m'assume pas encore à 100%. Bien souvent je mets de l'eau dans mon vin et je vais faire un emploi qui me conviens presqu'en aucuns points, mais je sais pertinemment, qu'étant un idéaliste, voire utopiste, aucun boulot me satisfera pleinement, même si je travaille dans une usine de Snickers... 

Jusqu'où faut-il aller pour ses idéaux ? Combien peux-on endurer avant de perdre tout espoir et de vouloir les troquer, avec tout les tracas, juste pour un peu de bon temps pendant qu'il en est encore temps. C'est quoi pour toi vivre pleinement, est-ce qu'au fond tout ce qu'on essaie de faire ne fait que passer le temps ? Sommes-nous dans la salle d'attente de la vraie vie ? Tel des bêtes dans leurs enclos, chacun dans sa petite bulle de confort à chaque matin dans nos cancers à 4 roues pour se rendre au travail et de retour le soir, dans notre petit habitat standard, quand on s'endort sur Loft Story et que sais-je d'autre qui nous ramollit l'esprit. Tout ça pour éviter la culpabilité qui nous envahit, l'effroyable silence devant l'inévitable, dansons pendant que nous sommes au bord du gouffre, plus vite et encore plus fort ! Ça mène où sinon nulle part ? Oubliez ça en prenant quelques cachets et veuillez tout donner à la compagnie pour laquelle vous travaillez, puisque c'est ce qui nous est demandé et qu'on n'a pas tellement le choix d'obtempérer. Dans un cas comme celui-là, vivement que oui, nous sommes tous un peu bipolaires !